Les Éthiopiens ont été appelés aux urnes ce lundi 1er juin 2026 pour renouveler leurs députés, dont la nouvelle Assemblée nationale désignera ensuite le Premier ministre du pays. Si le scrutin s’est globalement déroulé sans incident à Addis-Abeba et dans plusieurs régions éthiopiennes, la région d’Amhara a connu des perturbations liées à l’insécurité persistante, comme le rapporte RFI.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 1er juin 2026 marquait le renouvellement des députés éthiopiens, chargés ensuite d’élire le Premier ministre.
  • Le scrutin s’est déroulé sans incident majeur dans la capitale Addis-Abeba et dans plusieurs régions du pays.
  • En région Amhara, plusieurs incidents ont perturbé le vote, selon les informations recueillies par RFI.
  • Ces perturbations sont liées à l’insécurité persistante dans cette zone du nord-ouest de l’Éthiopie.

Un scrutin national sous tension

Les élections législatives éthiopiennes de 2026 s’inscrivent dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu pour le pays. Après des années de conflits internes et de tensions communautaires, notamment dans le nord du pays, ces élections devaient permettre de renouveler les 547 sièges de la Chambre des représentants des peuples. Selon les observateurs, le processus électoral devait refléter une volonté de stabilisation, même si les défis logistiques et sécuritaires restaient importants. À Addis-Abeba, capitale politique et économique du pays, le vote s’est déroulé sans encombre, permettant aux électeurs de s’exprimer dans le calme, comme l’ont confirmé les autorités électorales locales.

Amhara, une région sous haute tension

La région d’Amhara, située dans le nord-ouest de l’Éthiopie, est l’une des zones les plus touchées par les violences intercommunautaires et les tensions politiques. Des groupes armés locaux et des milices, parfois en opposition avec le gouvernement fédéral, y maintiennent une présence active. Selon RFI, plusieurs incidents ont été signalés dans différentes localités de cette région lors du scrutin. Des bureaux de vote ont été temporairement fermés ou évacués en raison de tirs ou de menaces, perturbant ainsi le déroulement normal du vote. Aucune victime n’a été recensée dans ces incidents, mais l’impact sur la participation électorale reste à évaluer.

Des élections sous haute surveillance

Ces élections législatives interviennent dans un contexte où la communauté internationale suit de près la stabilisation de l’Éthiopie. Plusieurs missions d’observation, dont celles de l’Union africaine et de la Communauté est-africaine, étaient déployées pour surveiller le bon déroulement du scrutin. À Addis-Abeba, les représentants des observateurs ont salué la tenue du vote, malgré quelques retards logistiques mineurs. En revanche, dans les zones sensibles comme l’Amhara, les observateurs ont exprimé des réserves sur la capacité des autorités locales à garantir un environnement sécurisé pour les électeurs. Des ONG locales ont également pointé du doigt les restrictions d’accès à certaines zones, limitant la couverture médiatique et l’assistance aux bureaux de vote.

Et maintenant ?

Les résultats partiels des élections devraient être proclamés dans les prochains jours, mais leur publication complète pourrait prendre plusieurs semaines, le temps de valider l’ensemble des bulletins. La nouvelle Assemblée nationale, une fois formée, aura pour mission de désigner le prochain Premier ministre, un processus qui pourrait s’étaler jusqu’à la fin du mois de juin. Dans l’intervalle, les autorités éthiopiennes devraient faire le point sur les incidents survenus en région Amhara et évaluer leur impact sur la légitimité du scrutin. Une mission conjointe gouvernementale et des observateurs internationaux pourrait être envoyée pour faire un état des lieux des conditions de vote dans cette région.

Reste à savoir si ces élections, malgré les perturbations, permettront une avancée vers une stabilisation durable du pays, ou si les tensions persistantes continueront de peser sur le processus démocratique éthiopien.

La région Amhara est principalement affectée par des milices locales et des groupes armés opposés au gouvernement fédéral, comme le Fano, une milice ethnique amhara, ou encore des factions dissidentes du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), malgré la signature d’un accord de paix en 2022. Ces groupes sont souvent en conflit avec les forces de sécurité régionales et fédérales.