Selon BFM Business, Cuba est actuellement plongée dans une crise énergétique sans précédent, qui affecte non seulement l'économie de l'île mais aussi son tourisme et son agriculture. Le blocus pétrolier imposé par les États-Unis a aggravé la situation, provoquant des pannes d'électricité généralisées et une pénurie de carburant qui paralyse les secteurs clés de l'économie cubaine.

À La Havane, la capitale, les Cubains ont connu récemment une troisième panne générale d'électricité en l'espace de 10 jours, affectant une grande partie des 9,6 millions d'habitants du pays. Cette crise énergétique touche tous les aspects de la vie quotidienne, y compris l'agriculture, qui est fortement dépendante des importations de produits alimentaires et de carburant pour les tracteurs et les pompes d'irrigation.

Ce qu'il faut retenir

  • Le blocus pétrolier américain a aggravé la crise énergétique à Cuba, provoquant des pannes d'électricité généralisées.
  • L'agriculture cubaine est fortement affectée, avec des tracteurs inutilisés faute de carburant et des boeufs reprenant du service pour tirer les charrues.
  • Les légumes-racines bon marché, comme le manioc et la patate douce, ont remplacé la roquette dans les champs.

Impact sur l'agriculture

Les agriculteurs cubains, comme Alexander Quesada, 52 ans, qui travaille dans une ferme biologique à l'ouest de La Havane, sont contraints d'utiliser des boeufs pour tirer leurs charrues à la place des tracteurs, faute de carburant. Le prix du litre de diesel ayant dépassé les 3 dollars, soit environ la moitié du salaire mensuel moyen dans le secteur public, les tracteurs restent inutilisés.

Les revenus générés par la vente de produits agricoles aux restaurants ont permis à certains agriculteurs d'investir dans de nouveaux projets, mais avec la crise actuelle, ces revenus ont disparu, laissant les agriculteurs sans ressources pour maintenir leurs exploitations.

Conséquences économiques et sociales

La crise énergétique et le blocus pétrolier ont des conséquences économiques et sociales profondes pour Cuba. L'île importe presque toute la nourriture que sa population consomme, et les produits alimentaires, les animaux vivants, ainsi que les carburants, les machines et les équipements de transport représentent 70% du total des importations de biens de La Havane en 2023.

Les échanges commerciaux de l'île ont reculé, atteignant un point bas en 2020, avec seulement 8,9 milliards de dollars, selon une note de la Direction générale du Trésor. Le commerce bilatéral avec le Venezuela a reculé de 21% en 2023, représentant 1,6 milliard de dollars.

Réformes libérales pour l'agriculture

Face à cette crise, le gouvernement cubain a dévoilé en juin un vaste programme de réformes libérales, promettant un virage radical par rapport aux décennies d'économie centralisée. En matière agricole, la terre restera propriété de l'État, mais les agriculteurs auront le droit de cultiver des surfaces beaucoup plus étendues, seront autorisés à créer des entreprises, à importer et exporter directement, et les contrôles des prix seront levés.

Ces réformes ont été accueillies favorablement par la plupart des Cubains, mais les agriculteurs restent inquiets quant aux risques d'inégalités entre ceux qui cultivent la terre et les potentiels investisseurs privés qui pourraient récolter les bénéfices de la transition.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines et mois seront cruciaux pour déterminer l'impact à long terme de la crise énergétique et du blocus pétrolier sur l'économie cubaine. Les réformes libérales pour l'agriculture pourraient-elles aider à redresser la situation ? Les investissements étrangers pourraient-ils contribuer à relancer l'économie ? Seules les prochaines échéances pourront apporter des réponses à ces questions.

La situation à Cuba reste donc sous haute surveillance, avec des conséquences potentielles non seulement pour l'île mais aussi pour la région et les relations internationales.