Selon Le Monde, l'engoulevent à collier roux (*Caprimulgus ruficollis*), un oiseau méridional emblématique des campagnes européennes, organise son existence autour d'un phénomène bien particulier : les cycles lunaires. Se nourrir, migrer, se reproduire… Autant de comportements essentiels pour cette espèce qui semblent synchronisés avec les phases de notre satellite naturel.

Ce qu'il faut retenir

  • L'engoulevent à collier roux ajuste son activité alimentaire en fonction de la luminosité lunaire, privilégiant les nuits de pleine lune.
  • Sa période de reproduction coïncide avec les mois de mai à juillet, période où les nuits sont les plus courtes et la lune souvent visible.
  • Les migrations nocturnes de cette espèce seraient influencées par l'intensité lumineuse lunaire, facilitant l'orientation.
  • Des études menées en Europe du Sud ont confirmé cette dépendance aux cycles lunaires sur plus de dix ans.

Un oiseau de nuit aux habitudes lunaires

L'engoulevent à collier roux, reconnaissable à son plumage brun-roux et à sa silhouette élancée, est un spécialiste des vols crépusculaires. Selon les observations rapportées par Le Monde, il alterne entre des phases d'activité intense lors des nuits claires et des périodes de repos prolongé quand la lune est absente du ciel. « Son métabolisme et son rythme circadien sont profondément liés à la lumière lunaire », explique Jean-Marc Thiollay, ornithologue au Muséum national d'Histoire naturelle, cité par le quotidien.

Cette adaptation lui permet de maximiser ses chances de捕食 (chasse) d'insectes, ses proies favorites. Les nuits de pleine lune, où la luminosité peut atteindre jusqu'à 0,25 lux — une intensité comparable à celle d'une nuit de ville éclairée artificiellement —, l'engoulevent étend ses périodes de vol, augmentant ainsi ses opportunités alimentaires.

La reproduction, un phénomène synchronisé avec le calendrier lunaire

La saison des amours de l'engoulevent à collier roux s'étend de mai à juillet, une période où les nuits sont relativement courtes mais où la lune reste souvent visible jusqu'à tard dans la soirée. « Les mâles commencent leur parade nuptiale dès que les nuits deviennent suffisamment longues pour que la lune soit présente en début de soirée », précise Thiollay. Cette synchronisation permet aux couples de bénéficier d'une lumière naturelle pour repérer leurs partenaires et défendre leur territoire.

Les œufs, généralement au nombre de deux, sont pondus au sol, dans des zones dégagées. Les parents alternent pour couver, profitant des phases lunaires pour rester actifs pendant les périodes de faible luminosité. Une étude publiée en 2023 dans la revue *Avian Biology* avait déjà souligné ce lien, mais les nouvelles observations confirment que cette dépendance va bien au-delà d'une simple coïncidence.

Des migrations nocturnes guidées par la lune

L'engoulevent à collier roux est une espèce migratrice. Chaque année, entre août et septembre, il quitte ses zones de reproduction en Europe du Sud pour rejoindre l'Afrique subsaharienne. Or, selon Le Monde, ces déplacements nocturnes seraient influencés par la présence de la lune. « Les oiseaux ajustent leur altitude et leur trajectoire en fonction de l'intensité lumineuse », indique une étude menée par l'Université de Barcelone.

Cette capacité à utiliser la lune comme repère naturel leur permet d'économiser de l'énergie et de réduire les risques liés aux prédateurs. Les nuits de pleine lune, où la visibilité est optimale, voient ainsi une augmentation de l'activité migratoire. À l'inverse, lors des nouvelles lunes, les engoulevents semblent ralentir leur progression ou se reposer plus fréquemment.

Et maintenant ?

Les chercheurs s'interrogent désormais sur l'impact du changement climatique et de la pollution lumineuse sur ces rythmes naturels. Si la lune reste un guide fiable, l'éclairage artificiel croissant dans les zones rurales pourrait perturber ces comportements ancestraux. Une étude comparative est en cours pour évaluer ces effets d'ici 2027, avec des premiers résultats attendus pour l'automne prochain.

Alors que l'engoulevent à collier roux continue de fasciner les ornithologues, une question se pose : jusqu'à quand ces rythmes lunaires résisteront-ils aux transformations de son environnement ?

Son cycle de vie repose sur une adaptation à la lumière naturelle. La lune lui offre une visibilité optimale pour chasser, se reproduire et migrer, réduisant ainsi les risques liés à l'obscurité. Les études montrent que son métabolisme et son comportement sont synchronisés avec ses phases.