En août 2026, après plus de dix-huit ans de direction, Léon Laulusa quittera ses fonctions à la tête de l’ESCP Business School, l’une des écoles de commerce les plus prestigieuses au monde. Son parcours, qui le mène du Laos à Paris en passant par une carrière dans l’audit et l’enseignement supérieur, illustre une ascension sociale et professionnelle hors norme. Selon Capital, ce parcours atypique est jalonné de défis, de remises en question et d’une insatiable curiosité, devenue la clé de son épanouissement.
Ce qu'il faut retenir
- Léon Laulusa a quitté le Laos en 1975 en pleine guerre civile, un départ qui a marqué le début de son exil.
- Il a gravi les échelons de l’ESCP Business School jusqu’à en devenir le directeur, un poste qu’il occupera jusqu’à l’été 2026.
- Son ascension repose sur une curiosité précoce, un goût pour l’apprentissage et une résilience face aux obstacles, comme une remarque dévalorisante reçue en classe préparatoire.
- Il quitte un poste rémunérateur dans l’audit pour enseigner, puis diriger l’ESCP, en privilégiant l’épanouissement à la réussite matérielle.
- Ses quatre enfants, tous épanouis dans leur parcours professionnel, illustrent selon lui l’importance d’un « fonds de commerce » éducatif.
Un départ précipité et une nouvelle vie en France
En 1975, alors que le Laos sombre dans la guerre civile, Léon Laulusa, alors adolescent, quitte le pays avec sa famille. Ce départ forcé marque le début d’une nouvelle vie en France, où il découvre un système éducatif qu’il n’avait pas connu jusqu’alors. Selon Capital, ce choc culturel et cette rupture brutale ont forgé sa détermination à réussir, non pas par ambition matérielle, mais par soif d’apprendre. « On n’est jamais programmé pour, et moi encore moins », confie-t-il, soulignant l’imprévisibilité de son parcours.
Dès son arrivée, il s’immerge dans le système scolaire français, où il se distingue par sa rapidité à assimiler les connaissances. Une professeure, cependant, le décourage de tenter les classes préparatoires aux grandes écoles en lui affirmant qu’une prépa HEC était « une utopie ». Cette remarque, loin de le briser, devient un moteur. « Ma conviction profonde : on a tous un potentiel à révéler, avec un déclic », explique-t-il. Pour lui, les échecs et les obstacles sont nécessaires pour renforcer la résilience et quitter sa « zone de confort » pour celle des efforts.
L’éducation comme « fonds de commerce » familial
Le parcours de Léon Laulusa est aussi celui d’une famille où l’éducation est érigée en valeur absolue. Ses parents, qui n’ont pas dépassé le lycée, ont inculqué à leurs quatre enfants l’idée que l’apprentissage était le meilleur « actif possible ». Résultat : trois de ses frères et sœurs sont devenus docteurs dans des domaines variés, tandis que le quatrième, autodidacte, a également réussi sa carrière. « Les quatre ont réussi. Ils sont épanouis. Et, dans la famille Lausula, c’est ce qui compte », précise-t-il.
Cette philosophie s’applique aussi à son propre parcours. Après des études universitaires, il envisage de tenter HEC, mais l’obstacle posé par sa professeure le pousse à repenser son projet. « Il y a une discipline. Les dons ne suffisent pas. Et en France, on manque d’encouragements », souligne-t-il. Pour lui, le système éducatif français gagnerait à mieux valoriser les « soft skills » et les parcours atypiques, plutôt que de se focaliser uniquement sur les notes et les classements.
De l’audit à la direction d’une école de commerce
Avant de rejoindre l’ESCP, Léon Laulusa a évolué dans le monde de l’audit, où il gravit rapidement les échelons. Pourtant, en 2008, il décide de quitter ce secteur, pourtant rémunérateur, pour se consacrer à l’enseignement. Après dix-huit ans de fidélité à l’audit, il choisit une voie radicalement différente : devenir doyen, puis directeur de l’ESCP. « Je ne suis pas à l’ESCP Business School pour être le meilleur au monde, mais pour le monde », déclare-t-il, insistant sur l’importance de l’humilité et de l’impact social.
Son approche tranche avec les codes traditionnels des grandes écoles. Pour lui, la réussite ne se mesure pas à l’aune des diplômes ou des salaires, mais à l’épanouissement personnel et à la capacité à créer de la « bonne énergie ». « Soyez heureux. Tant que vous êtes épanouis, vous créez la bonne énergie. Aimer va générer quelque chose. Aimer faire. Aimer savoir », explique-t-il à ses étudiants. Cette vision, teintée de sagesse et de pragmatisme, reflète aussi son parcours : un équilibre entre ambition et humilité.
« On oublie la chance d’avoir une formation académique et quasi gratuite. Jamais je n’aurais imaginé décrocher un doctorat. »
— Léon Laulusa, selon Capital
Un modèle d’exemplarité pour les jeunes générations
L’histoire de Léon Laulusa est devenue un exemple pour les étudiants de l’ESCP, où il a multiplié les interventions médiatiques, notamment sur BFM Business. Son parcours illustre l’importance de la résilience, de la curiosité et de la remise en question, des valeurs qu’il défend avec conviction. « Plus j’apprenais, plus j’apprenais vite », se souvient-il, rappelant que son éducation a été son « fonds de commerce ».
Pour lui, les grandes écoles ne doivent pas former des élites déconnectées du réel, mais des leaders capables de s’adapter et d’apporter des solutions concrètes. « Ils ne sont pas à l’ESCP Business School pour être les meilleurs au monde, mais pour le monde », insiste-t-il. Cette phrase résume son engagement : éduquer des profils polyvalents, capables de concilier ambition et utilité sociale.
Son parcours soulève également une question plus large : dans un système éducatif français encore marqué par des clivages entre universités et grandes écoles, comment mieux valoriser les parcours atypiques et les profils résilients comme le sien ? La réponse pourrait bien influencer l’avenir de l’enseignement supérieur en France.
Avant de rejoindre l’ESCP, Léon Laulusa a travaillé dans le secteur de l’audit, où il a gravi les échelons rapidement. Après dix-huit ans dans ce domaine, il a choisi de quitter ce secteur pour se consacrer à l’enseignement, devenant doyen puis directeur de l’ESCP Business School.
Selon ses déclarations rapportées par Capital, il a quitté l’audit pour enseigner et diriger l’ESCP, privilégiant l’épanouissement personnel et la transmission des savoirs à une carrière purement lucrative. Pour lui, l’enseignement offrait une opportunité de créer un impact plus large et de s’investir dans une mission éducative.