Une initiative originale, lancée par des chercheurs et relayée par Ouest France, invite les automobilistes français à compter les insectes écrasés sur leur plaque d’immatriculation lors de leurs trajets quotidiens. L’objectif ? Évaluer l’évolution des populations d’insectes à l’échelle nationale, un sujet devenu prioritaire pour les scientifiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Une étude participative invite les automobilistes à recenser les insectes écrasés sur leur plaque d’immatriculation.
  • Les données recueillies permettront de mieux comprendre le déclin des populations d’insectes en France.
  • L’opération s’inscrit dans un contexte de préoccupation croissante pour la biodiversité.
  • Les participants pourront transmettre leurs observations via une plateforme en ligne dédiée.
  • L’étude couvre une période de plusieurs mois, avec des résultats attendus d’ici fin 2026.

Une méthode scientifique accessible à tous

Le principe est simple : après chaque trajet, l’automobiliste relève le nombre d’insectes écrasés sur sa plaque d’immatriculation et les transmet via une application ou un site web. « Cette méthode permet d’obtenir des données massives et géolocalisées, impossibles à collecter autrement », explique le Dr. Marie Leroy, écologue à l’Université de Rennes, citée par Ouest France. L’étude s’appuie sur un protocole rigoureux, conçu pour limiter les biais de comptage.

Les organisateurs insistent sur la facilité de participation : pas besoin de matériel spécifique, seulement un smartphone et quelques minutes après chaque trajet. Les données recueillies, une fois compilées, devraient offrir une photographie inédite de la présence des insectes en France, des autoroutes aux routes départementales.

Un enjeu écologique majeur

Le déclin des populations d’insectes est un phénomène documenté depuis plusieurs années. Selon une étude publiée en 2022 par l’Observatoire des sciences de l’univers, certaines espèces ont vu leur population chuter de plus de 75 % en trente ans. « Cette baisse menace directement les écosystèmes, mais aussi les activités humaines », rappelle le Dr. Leroy. Les insectes jouent un rôle clé dans la pollinisation, la décomposition de la matière organique et la chaîne alimentaire.

Dans ce contexte, l’étude participative arrive à point nommé. Elle complète les travaux menés par des associations comme l’UNAF (Union Nationale de l’Apiculture Française) ou le Muséum national d’Histoire naturelle, qui alertent depuis des années sur la disparition des pollinisateurs. Les données recueillies pourront être croisées avec d’autres indicateurs, comme les relevés météorologiques ou l’usage des pesticides.

Comment participer et quels sont les objectifs ?

Pour rejoindre l’étude, les volontaires doivent s’inscrire sur la plateforme dédiée, disponible depuis le 15 avril 2026. Une fois enregistrés, ils reçoivent un kit de participation contenant un guide méthodologique et un identifiant unique pour transmettre leurs observations. « Chaque observation compte, même si elle est minime », souligne le Dr. Leroy. Les données sont anonymisées avant analyse, garantissant la confidentialité des participants.

Les objectifs sont multiples : établir une cartographie des zones riches ou pauvres en insectes, identifier les périodes de migration ou d’activité maximale, et évaluer l’impact des pratiques agricoles. « On espère recueillir au moins 10 000 rapports d’ici la fin de l’année », précise le chercheur. Les résultats préliminaires pourraient être publiés dès l’automne 2026, avant un bilan complet en 2027.

Et maintenant ?

Si l’initiative rencontre un succès suffisant, les organisateurs pourraient la reconduire chaque année, voire l’étendre à d’autres pays européens. Une autre piste envisagée est l’intégration des données dans des modèles prédictifs, afin d’anticiper les zones à risque pour les insectes. Pour les participants, une restitution individuelle des résultats sera proposée en fin d’étude, sous forme de rapport personnalisé.

Reste à voir si le grand public saisira cette opportunité de contribuer à la science. Une chose est sûre : chaque plaque d’immatriculation pourrait bien devenir un outil de mesure de l’état de la biodiversité.

Oui, les résultats globaux seront publiés sur le site de l’étude et relayés par les médias partenaires, dont Ouest France. Les participants pourront également accéder à un rapport personnalisé.