L'Espagne traverse l'une des pires crises d'incendies de forêt de son histoire, et les scientifiques cherchent de nouvelles façons de réduire le risque, selon Euronews FR. L'un des projets les plus originaux consiste à réintroduire des grands herbivores, comme le bison d'Europe, pour qu'ils contribuent à tenir en respect la broussaille qui alimente les flammes.

Le principe est simple : s'il y a moins de matériau combustible en montagne, les incendies auront plus de mal à se propager. Cependant, les chercheurs préviennent qu'il est encore trop tôt pour savoir dans quelle mesure cette espèce peut jouer ce rôle, et soulignent qu'elle ne remplacera en aucun cas les travaux traditionnels de gestion forestière.

Ce qu'il faut retenir

  • Le bison d'Europe est un grand herbivore qui mange du bois, des broussailles, des arbustes, de la végétation arborée, des feuilles et des branches, soit autant de matériau combustible.
  • Un projet pionnier en Espagne étudie la manière dont les bisons s'adaptent à l'écosystème ibérique et quel est leur impact sur la végétation ligneuse.
  • La réintroduction du bison d'Europe s'inscrit dans une stratégie de renaturalisation qui se déploie en divers points du continent européen.

Le projet pionnier en Espagne

Rewilding Spain a lancé en janvier de cette année un projet de recherche pionnier à El Recuenco, en collaboration avec l'université du Pays basque, l'université de Manchester et le centre de recherche danois Econovo. Neuf bisons d'Europe vivent là dans un enclos de 400 hectares de forêt méditerranéenne, où les scientifiques étudient la manière dont ils s'adaptent à l'écosystème ibérique et quel est leur impact sur la végétation ligneuse.

Les animaux sont suivis grâce à des dispositifs GPS et les chercheurs analysent leur régime alimentaire, leurs niveaux de stress et les changements qu'ils provoquent dans la structure de la végétation.

La génétique, un défi majeur

L'histoire même de la réintroduction du bison d'Europe explique l'un des principaux défis de toute expansion de l'espèce. Tous les individus actuels descendent de seulement 12 individus fondateurs, une base génétique limitée qui oblige à gérer avec soin les programmes de reproduction afin de garantir la viabilité de l'espèce.

À cela s'ajoutent d'autres interrogations. L'étude de Rewilding Spain vise à évaluer tant les effets positifs que les éventuels impacts sur le territoire avant de tirer des conclusions. Elle cherche également à déterminer si la présence de bisons peut coexister avec d'autres usages traditionnels de la montagne, comme l'exploitation forestière, la chasse ou la collecte de champignons.

Et maintenant ?

Les chercheurs insistent sur le fait qu'il n'existe pas encore de réponses définitives. L'hypothèse est prometteuse, mais des études plus vastes restent nécessaires. Dans une Espagne de plus en plus exposée aux incendies extrêmes, le bison d'Europe pourrait devenir un outil supplémentaire pour préserver les paysages, même si la science travaille encore à déterminer jusqu'où va réellement sa capacité à contribuer à la prévention des feux.

Les prochaines étapes consisteront à évaluer les résultats de l'étude et à déterminer si la réintroduction du bison d'Europe peut être étendue à d'autres régions d'Espagne et d'Europe.

En conclusion, le projet de réintroduction du bison d'Europe en Espagne est une initiative originale qui pourrait contribuer à prévenir les incendies de forêt. Cependant, il est essentiel de poursuivre les études et les recherches pour déterminer l'efficacité réelle de cette mesure et ses impacts potentiels sur l'écosystème.