Alors que le secteur aérien tente de se relever des crises successives, une critique acerbe des fabricants de moteurs d’avions vient d’être formulée par l’Iata, l’organisation internationale représentant les compagnies aériennes. Selon Ouest France, son directeur général, Willie Walsh, a qualifié l’ensemble des motoristes de « tous mauvais » lors d’une intervention remarquée, appelant à un retour à des moteurs plus fiables et durables.
Ce qu'il faut retenir
- Willie Walsh, directeur général de l’Iata, a vivement critiqué les fabricants de moteurs d’avions, les jugeant incapables de produire des moteurs fiables et durables.
- Il a interpellé les motoristes en leur demandant de « revenir à la fabrication de bons moteurs, qui fonctionnent et qui durent ».
- Cette déclaration intervient dans un contexte où les compagnies aériennes subissent une pression accrue sur leurs coûts opérationnels.
- Les pannes répétées et les retards liés aux moteurs récents ont particulièrement affecté la rentabilité du secteur.
Une critique sans précédent des motoristes aéronautiques
Dans une sortie remarquée, Willie Walsh, figure emblématique du transport aérien et ancien directeur général de British Airways, n’a pas mâché ses mots à l’encontre des grands fabricants de moteurs comme CFM International, GE Aviation ou Rolls-Royce. Selon Ouest France, il a pointé du doigt l’incapacité des motoristes à fournir des produits à la hauteur des attentes des compagnies, alors que ces dernières subissent déjà des marges déjà très réduites.
Pour le patron de l’Iata, la qualité des moteurs est devenue un enjeu majeur pour l’industrie. Les pannes fréquentes, les retards de livraison et les coûts de maintenance élevés pèsent lourdement sur les comptes des transporteurs. Autant dire que cette déclaration survient à un moment où la rentabilité des compagnies aériennes reste fragile, malgré la reprise progressive du trafic post-pandémie.
Des moteurs défaillants, un fardeau économique pour les compagnies
Les problèmes récurrents liés aux moteurs récents, comme ceux équipant certains modèles de A320neo ou de Boeing 737 MAX, ont déjà coûté des centaines de millions d’euros aux compagnies. Entre les immobilisations prolongées d’appareils et les surcoûts de maintenance, le secteur accumule les pertes. D’après Ouest France, Willie Walsh a souligné que ces dysfonctionnements « grugent » littéralement les transporteurs, déjà en proie à une concurrence féroce et à une hausse des prix du carburant.
Les motoristes, de leur côté, défendent leurs produits en mettant en avant les innovations technologiques et les gains de consommation de carburant qu’ils apportent. Pourtant, les compagnies aériennes estiment que ces avantages sont souvent annulés par des coûts de réparation exorbitants et une fiabilité médiocre. Le manque de coordination entre les constructeurs et les opérateurs aériens semble donc au cœur du problème.
L’industrie aérienne face à un défi de taille
Cette critique publique de l’Iata reflète une tension croissante entre les acteurs du transport aérien. D’un côté, les compagnies réclament des moteurs plus robustes et moins coûteux à long terme. De l’autre, les fabricants misent sur des innovations technologiques pour répondre aux exigences environnementales et économiques. Pourtant, comme le rappelle Willie Walsh, la priorité reste la fiabilité opérationnelle.
Selon Ouest France, cette polémique intervient alors que l’industrie aérienne tente de se structurer pour faire face aux défis futurs, notamment la transition écologique et la hausse des coûts. Le secteur, déjà fragilisé par des années de crise, ne peut se permettre des investissements supplémentaires dans des équipements défaillants.
En attendant, les compagnies aériennes devront continuer à gérer les conséquences de ces défaillances, tandis que les passagers pourraient subir, une fois encore, des perturbations sur certains vols. La fiabilité des moteurs restera donc un sujet central pour l’avenir du transport aérien.
Les principaux motoristes visés par la critique de l’Iata sont CFM International (coentreprise entre Safran Aircraft Engines et GE Aviation), Rolls-Royce et GE Aviation. Ces entreprises fournissent les moteurs pour la majorité des avions commerciaux en service aujourd’hui.
Les avions les plus touchés par les problèmes de moteurs sont les A320neo, équipés des moteurs LEAP de CFM International, ainsi que certains modèles de Boeing 737 MAX, propulsés par les moteurs LEAP-1B du même constructeur. Ces appareils sont parmi les plus vendus dans le monde.