Les variations dans l’expression des gènes pourraient expliquer pourquoi les risques de maladies liées au cerveau comme Alzheimer ou Parkinson diffèrent entre les femmes et les hommes, selon Courrier International. Une étude parue le 16 avril dans Science suggère que le sexe est défini en fonction de la combinaison des chromosomes sexuels (X et Y) d’une personne et que cela pourrait avoir un impact sur l’expression des gènes.

Les chercheurs ont analysé plus d’un million de cellules de six aires corticales prélevées sur le cerveau de 15 femmes et 15 hommes âgés de 26 à 78 ans. Ils ont identifié plus de 3 000 gènes dont l’expression diffère légèrement en fonction du sexe. Parmi eux, 133 présentent une variation constante dans leur expression entre les sujets féminins et masculins, pour tous les types de cellules et dans plusieurs aires cérébrales.

Ce qu'il faut retenir

  • Les variations dans l’expression des gènes pourraient expliquer les disparités dans les risques de maladies liées au cerveau entre les femmes et les hommes.
  • Les chercheurs ont analysé plus d’un million de cellules de six aires corticales prélevées sur le cerveau de 15 femmes et 15 hommes.
  • 133 gènes présentent une variation constante dans leur expression entre les sujets féminins et masculins.

Les résultats de l'étude

Les résultats de l’étude montrent que la plupart des gènes identifiés ne sont pas localisés sur les chromosomes sexuels, mais nombre d’entre eux peuvent être activés par les hormones sexuelles telles que l’œstrogène et la testostérone. Des affections comme la schizophrénie, la maladie de Parkinson ou le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) sont plus courantes chez les hommes tandis que la maladie d’Alzheimer se rencontre plus fréquemment chez les femmes.

Comprendre les mécanismes moléculaires qui sous-tendent ces différences entre les sexes pourrait nous aider à identifier les facteurs qui favorisent la résistance aux maladies et permettrait de déterminer des traitements thérapeutiques, expliquent Jessica Tollkuhn et Marc Breedlove, des neuroscientifiques qui n’ont pas participé à l’étude mais l’ont relue et la commentent dans un article de perspective l’accompagnant.

Les limites de l'étude

Selon Donna Maney, neuroscientifique à l’Université Emory aux États-Unis, qui n’y a pas pris part, « cette étude offre un instantané de l’expression des gènes à un moment précis dans le temps ». Cependant, l’expression des gènes peut être influencée par divers facteurs environnementaux et sanitaires. Armin Raznahan, qui a piloté les travaux, confirme que « ce n’est pas le type de travail en mesure de déterminer clairement si la cause principale des différences d’expression des gènes est liée au sexe biologique ou aux effets environnementaux liés au genre ».

Et maintenant ?

D’autres recherches, notamment impliquant une population plus large, sont nécessaires pour confirmer ces résultats, insiste Armin Raznahan. Les prochaines étapes consisteront à approfondir les mécanismes moléculaires qui sous-tendent les différences entre les sexes et à identifier les facteurs qui favorisent la résistance aux maladies.

En conclusion, les résultats de cette étude sont prometteurs et pourraient ouvrir de nouvelles perspectives pour comprendre les disparités dans les risques de maladies liées au cerveau entre les femmes et les hommes. Il est important de poursuivre les recherches pour mieux comprendre les mécanismes en jeu et pour développer des traitements thérapeutiques plus efficaces.