Les Écologistes viennent de relancer le débat sur la fiscalité des héritages en présentant, ce mercredi 2 septembre 2026, un projet de réforme ambitieux. Selon BFM Business, le parti dirigé par Marine Tondelier propose de taxer davantage les successions les plus élevées afin de dégager des ressources supplémentaires pour financer les projets liés à la transition écologique. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où la question de la taxation des patrimoines hérités s’est imposée comme un sujet central de la campagne présidentielle, notamment après les propositions de La France insoumise et du député Raphaël Glucksmann.
Ce qu'il faut retenir
- Le parti écologiste propose une taxe de 10 % sur les héritages dépassant 4 millions d’euros, et de 20 % au-delà de 13 millions d’euros.
- Cette réforme vise à taxer 1 % des héritages les plus élevés pour financer des mesures climatiques.
- Les Écologistes estiment que ces mesures pourraient rapporter jusqu’à 15 milliards d’euros par an.
- Parmi les projets financés : une rénovation des bâtiments scolaires à hauteur de 4 milliards d’euros par an, le rétablissement du fonds vert, et une augmentation de MaPrimeRénov’.
- La gauche multiplie les propositions sur ce thème, avec des approches différentes selon les formations politiques.
Pour les Écologistes, l’objectif est clair : rendre la fiscalité des successions plus progressive afin de réduire les inégalités tout en soutenant la transition écologique. « Actuellement, les plus riches payent à peine 10 % de frais de succession grâce à ces avantages », a dénoncé Eva Sas, députée écologiste, lors de la présentation du projet. Le parti souhaite notamment supprimer certaines niches fiscales, comme le pacte Dutreuil ou les avantages liés au démembrement de propriété. Selon eux, ces mesures permettraient de dégager des recettes significatives pour financer des projets concrets.
Parmi les initiatives phares financées par ces nouvelles recettes, Marine Tondelier a évoqué un plan de rénovation du bâti scolaire à hauteur de 4 milliards d’euros par an, répartis entre l’État et les collectivités à partir de 2027. « Les flux successoraux vont fortement augmenter : plus de 9 000 milliards d’euros doivent être transmis d’ici 2040 », a rappelé la cheffe de file des Verts. « Oui, l’écologie a un coût. Mais selon les économistes, l’inaction coûte cinq fois plus cher que l’adaptation. »
Une réforme qui s’inscrit dans un débat politique plus large
La proposition des Écologistes s’ajoute à celles formulées par d’autres formations politiques. La France insoumise, par exemple, propose de taxer « tout » héritage dépassant 12 millions d’euros, tandis que Raphaël Glucksmann, député européen, souhaite instaurer une taxe sur 1 % des héritages pour financer une baisse des cotisations salariales de 15 milliards d’euros. Ces divergences illustrent la polarisation du débat sur la fiscalité des successions, un sujet qui cristallise les tensions entre justice sociale et efficacité économique.
Les Écologistes, de leur côté, ont également détaillé d’autres mesures dans leur plan, comme le rétablissement du fonds vert à hauteur de 1,9 milliard d’euros, une augmentation de MaPrimeRénov’ de 1,4 milliard d’euros, ou encore la création d’un plan « biodiversité » pour préserver les écosystèmes. « Les flux successoraux vont fortement augmenter : plus de 9 000 milliards d’euros doivent être transmis d’ici 2040 », a expliqué Marine Tondelier, soulignant l’urgence d’agir pour adapter la fiscalité à ces enjeux futurs.
Un financement conditionné à la suppression de dispositifs fiscaux controversés
Le projet écologiste repose en grande partie sur la suppression ou la réduction de dispositifs fiscaux jugés trop avantageux pour les héritiers les plus aisés. Parmi ceux-ci figurent le pacte Dutreuil, qui permet aux repreneurs d’entreprise de bénéficier d’abattements importants, ou encore les avantages liés au démembrement de propriété, une pratique souvent utilisée pour optimiser fiscalement les transmissions de patrimoine. « Ces mécanismes permettent aux plus riches de payer moins de 10 % de frais de succession », a critiqué Eva Sas, mettant en lumière ce qu’elle qualifie de « scandale fiscal ».
Les Écologistes ne sont pas les seuls à remettre en cause ces dispositifs. Plusieurs rapports parlementaires ont déjà pointé du doigt leur coût pour les finances publiques et leur inefficacité en termes de redistribution. Cependant, leur suppression reste un sujet politiquement sensible, car elle touche à des intérêts économiques bien établis. Le gouvernement devra donc arbitrer entre les impératifs de recettes fiscales supplémentaires et la nécessité de ne pas fragiliser davantage le tissu économique.
Quelles perspectives pour ce projet ?
La proposition des Écologistes, bien que détaillée, devra affronter plusieurs obstacles avant d’être éventuellement intégrée à une loi de finances. D’abord, elle nécessite un soutien parlementaire, ce qui semble difficile dans un contexte politique aussi fragmenté. Ensuite, elle soulève des questions juridiques, notamment sur la conformité de ces mesures avec le droit constitutionnel, qui encadre strictement les conditions de taxation des héritages. Enfin, elle devra convaincre l’opinion publique, alors que le sujet reste clivant, entre ceux qui y voient une mesure de justice sociale et ceux qui craignent une atteinte à la liberté de transmission du patrimoine.
Quoi qu’il en soit, cette initiative relance un débat qui, selon toute vraisemblance, ne sera pas clos de sitôt. La question de la taxation des successions, entre enjeux économiques et sociaux, continuera de diviser les acteurs politiques et de nourrir les discussions sur l’avenir du modèle fiscal français.
Les Écologistes proposent de rabattre ou de supprimer plusieurs niches fiscales, dont le pacte Dutreuil, qui permet aux repreneurs d’entreprise de bénéficier d’abattements importants, ainsi que les avantages liés au démembrement de propriété, une pratique utilisée pour optimiser fiscalement les transmissions de patrimoine.
Si la réforme était adoptée, les Écologistes prévoient de financer dès 2027 une partie des projets annoncés, comme la rénovation des bâtiments scolaires, qui serait répartie entre l’État et les collectivités. Cependant, la mise en œuvre effective dépendra des arbitrages politiques et des délais législatifs.