Washington a annoncé le rétablissement d’un financement de 600 millions de dollars à l’attention de l’Alliance du vaccin Gavi, une organisation internationale dédiée à l’accès aux vaccins dans les pays en développement. Cette décision, communiquée le 28 juillet 2026 par la sénatrice républicaine Susan Collins, marque le dégel d’une enveloppe bloquée en 2025 par l’administration Trump, alors dirigée par le ministre de la Santé Robert F. Kennedy Jr., connu pour ses positions vaccinosceptiques. Franceinfo – Santé révèle cette information, confirmant ainsi la reprise d’un engagement financier majeur pour l’organisation.

Ce qu'il faut retenir

  • 600 millions de dollars initialement alloués par le Congrès américain seront finalement versés à Gavi, après un gel intervenu en 2025.
  • Le financement avait été suspendu sous l’administration Trump, dirigée par Robert F. Kennedy Jr., figure connue pour ses positions contre la vaccination.
  • Gavi, créée en 2000, joue un rôle clé dans la lutte contre les maladies évitables et l’accès aux vaccins dans les pays à faible revenu.
  • Les États-Unis contribuaient traditionnellement à près d’un quart du budget de Gavi avant ce gel.
  • L’organisation est également impliquée dans la recherche contre des souches rares d’Ebola, comme celle en cours en RDC et en Ouganda.

Un dégel attendu après un gel politique

Le blocage de ces fonds s’inscrivait dans une politique plus large de remise en question des programmes de vaccination aux États-Unis, portée par Robert F. Kennedy Jr. dès son entrée en fonction en 2025. Selon la sénatrice Susan Collins, cheffe de la commission budgétaire au Sénat, le département d’État américain s’est désormais engagé à verser l’intégralité de la somme allouée par le Congrès. « C’est une bonne nouvelle que le département d’État se soit engagé à verser la totalité de cette somme à l’organisation internationale », a-t-elle déclaré. Ces propos, rapportés par Franceinfo – Santé, soulignent le caractère exceptionnel de ce rétablissement, alors que les tensions autour de la vaccination restent vives aux États-Unis.

Pour Gavi, cette décision représente un soulagement budgétaire significatif. Les 600 millions de dollars permettront à l’organisation de maintenir ses programmes de vaccination dans des dizaines de pays, notamment en Afrique et en Asie, où l’accès aux vaccins reste un défi logistique et financier. « Nous sommes reconnaissants envers les États-Unis de leur intention d’accorder des financements à Gavi », a réagi une porte-parole de l’alliance auprès de l’AFP. Une déclaration qui illustre l’importance de cette contribution pour une organisation dont les ressources dépendent en grande partie des contributions extérieures.

Gavi, un acteur historique de la vaccination mondiale

Fondée en 2000, Gavi (Global Alliance for Vaccines and Immunization) est une organisation internationale qui réunit des donateurs publics et privés. Son objectif principal est de faciliter l’accès aux vaccins pour les pays en développement, en négociant des prix abordables avec les laboratoires pharmaceutiques. Depuis sa création, Gavi a permis la vaccination de millions d’enfants contre des maladies comme la rougeole, la polio ou encore le tétanos. Les États-Unis, traditionnellement l’un de ses principaux bailleurs de fonds, contribuaient à près d’un quart de son budget annuel avant le gel de 2025.

Au-delà de la vaccination infantile, Gavi joue également un rôle dans la réponse aux épidémies. L’organisation est notamment impliquée dans la lutte contre des souches rares d’Ebola, comme celle de l’épidémie actuelle en République démocratique du Congo et en Ouganda. Son expertise est reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui collabore régulièrement avec elle pour coordonner les campagnes de vaccination à l’échelle mondiale. La reprise du financement américain intervient donc à un moment crucial, alors que plusieurs foyers épidémiques persistent sur le continent africain.

Un contexte politique toujours marqué par la défiance vaccinale

Le gel de 2025 s’inscrivait dans un climat de défiance croissante envers la vaccination aux États-Unis, alimenté par des figures politiques comme Robert F. Kennedy Jr. Le ministre, connu pour ses prises de position contre les vaccins, avait justifié cette décision en invoquant des « doutes sur l’efficacité et la sécurité » des programmes de vaccination soutenus par Gavi. Cette posture avait suscité des critiques de la part de la communauté scientifique internationale, qui y voyait une menace pour la santé publique mondiale.

Avec le rétablissement du financement, l’administration actuelle semble marquer un retour à une politique plus conventionnelle en matière de santé internationale. Pourtant, les débats autour de la vaccination restent vifs aux États-Unis, où une partie de la population reste méfiante envers les institutions sanitaires. Susan Collins a d’ailleurs tenu à rappeler, lors de son intervention, que Gavi jouait un « rôle essentiel pour empêcher la propagation des maladies évitables à l’échelle mondiale et enrayer les épidémies avant qu’elles n’atteignent les frontières des États-Unis ». Une argumentation qui vise à rassurer les sceptiques sur l’utilité de cet investissement.

Et maintenant ?

Le versement des 600 millions de dollars devrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026, selon les annonces du département d’État. Cette reprise du financement pourrait être suivie d’autres engagements de la part des États-Unis, alors que Gavi prépare son prochain plan stratégique pour la période 2026-2030. L’organisation devra également faire face à la montée des tensions géopolitiques, qui pourraient influencer les contributions des autres donateurs traditionnels, comme l’Union européenne ou le Royaume-Uni.

Pour l’administration américaine, cette décision pourrait aussi servir de levier pour renforcer son influence sur la scène internationale de la santé, dans un contexte de rivalité croissante avec la Chine et la Russie, toutes deux actives dans le domaine vaccinal. Reste à voir si ce rétablissement marquera le début d’une nouvelle ère de coopération, ou s’il restera un épisode isolé dans une politique sanitaire américaine toujours aussi volatile.

Cette annonce survient alors que le monde reste aux prises avec les séquelles de la pandémie de Covid-19, qui a mis en lumière les inégalités d’accès aux vaccins. Gavi, qui a joué un rôle clé dans la distribution des doses aux pays les plus pauvres, espère que ce soutien américain permettra de consolider ses programmes et d’éviter de nouveaux retards dans la lutte contre les maladies évitables. Pour l’heure, l’organisation se dit « reconnaissante » de ce geste, mais son avenir dépendra aussi des choix politiques des prochains mois.

Gavi soutient financièrement et logistiquement les campagnes de vaccination contre des souches rares d’Ebola, comme celle de l’épidémie actuelle en RDC et en Ouganda. L’organisation contribue à l’achat de vaccins, à leur distribution et à la formation des personnels de santé. Elle collabore étroitement avec l’OMS et les ministères de la Santé locaux pour contenir la propagation du virus.

Outre les États-Unis, les principaux contributeurs de Gavi sont le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Fondation Bill et Melinda Gates, ainsi que l’Union européenne. Ces donateurs publics et privés permettent à l’organisation de lever des fonds pour ses programmes de vaccination dans les pays en développement.