Comme le rapporte BFM - Politique, les élections sénatoriales qui auront lieu le 27 septembre prochain vont probablement voir la droite perdre une poignée de sièges au bénéfice du Rassemblement national, mais la gauche traditionnelle ne risque pas d'être épargnée non plus dans ce scrutin particulier, qui repose sur un collège électoral constitué essentiellement d'élus locaux.
La gauche, minoritaire au Sénat, s'expose à un reflux trois ans après avoir frôlé le cap des 100 sénateurs en 2023, avec 64 socialistes, 18 communistes et 17 écologistes, conséquence d'élections municipales en demi-teinte, surtout dans les villes moyennes. Selon un stratège écologiste, « je ne vois pas beaucoup de terrains de conquête pour la gauche ».
Ce qu'il faut retenir
- Les élections sénatoriales auront lieu le 27 septembre prochain.
- La droite pourrait perdre des sièges au bénéfice du Rassemblement national.
- La gauche traditionnelle risque également de perdre des sièges.
- La France insoumise pourrait jouer un rôle important dans les élections.
Les fractures de la gauche
Les insoumis, les socialistes, les écologistes et les communistes se regardent en chiens de faïence à quelques jours des élections sénatoriales. L'espoir d'une union de la gauche en vue de la présidentielle de 2027 s'amincit. Des dissidences en pagaille, des candidats insoumis sans grand espoir et des prises de bec sur les réseaux sociaux : à gauche, la campagne des sénatoriales révèle la même désunion que sur la route de la présidentielle 2027.
Le chef des sénateurs PS Patrick Kanner a déclaré que « ce serait surtout symbolique, mais désagréable » si le groupe socialiste perdait son statut de deuxième groupe du Sénat derrière Les Républicains, au profit de l'Union centriste. Il a également rappelé que « dix de nos sortants ne se représentent pas. C'est un élément de fragilisation ».
La France insoumise, fossoyeur de la gauche traditionnelle ?
La France insoumise ne détient aucun siège à la chambre haute, mais en déposant des listes dans quasiment tous les départements, elle entend se rendre « incontournable » face aux représentants de « la vieille gauche ». Cela pourrait disperser les voix et nuire aux chances de la gauche traditionnelle. Un parlementaire insoumis a admis que « le plus probable reste que l'on obtienne zéro siège ».
Les insoumis nourrissent de maigres espoirs dans le Rhône avec leur député Gabriel Amard, soutenu ces derniers jours dans une vidéo par Jean-Luc Mélenchon, qui n'est autre que son beau-père. Mais ils comptent surtout sur le renouvellement des sénateurs d'Île-de-France en 2029 pour débarquer au Sénat.
Des alliances fragiles
Les Écologistes ont aussi des dissensions internes. Dans le Rhône, l'ancien président de la métropole de Lyon, Bruno Bernard, est parti en dissidence face au candidat officiel Thomas Dossus, allié au Parti socialiste. Ce dernier l'a accusé « d'affaiblir la gauche par la division ».
Les alliances ont été dures à nouer, perturbées notamment par les longues discussions menées au PS pour s'accorder sur les modalités de la primaire sociale-démocrate à la présidentielle. Un cadre des Écologistes a déclaré que « tant que le PS n'avait pas atterri, c'était compliqué d'aboutir à un accord sur les sénatoriales. Et ensuite, on a eu du mal à le faire respecter ».
En conclusion, les fractures de la gauche sont visibles à l'aube de 2027, avec des dissidences et des prises de bec entre les différents partis. Les élections sénatoriales pourraient être un test important pour la gauche et ses chances de réussite à la présidentielle de 2027.