Une étude de l’Union nationale des associations familiales (Unaf), rendue publique ce mercredi 27 mai 2026, révèle que la majorité des banques françaises facturent des frais de saisie-attribution pouvant atteindre jusqu’à 250 euros, un montant parfois supérieur à celui de la dette initiale du client concerné.

Selon Ouest France, cette pratique, dénoncée par l’Unaf, touche 101 établissements bancaires évalués dans le cadre de cette enquête. Plus de 100 euros de frais sont ainsi prélevés en moyenne pour une opération de saisie sur compte, avec des pics à 250 euros pour certains réseaux.

Ce qu'il faut retenir

  • 101 banques analysées par l’Unaf dans le cadre de cette étude publiée le 27 mai 2026.
  • Frais moyens de saisie-attribution : plus de 100 euros, avec des tarifs pouvant atteindre 250 euros selon les établissements.
  • Des frais parfois supérieurs au montant de la dette initiale, aggravant la situation financière des ménages concernés.
  • L’Unaf alerte sur un risque d’endettement accru pour les clients déjà fragilisés.

Une pratique légale mais contestée

La saisie-attribution, procédure encadrée par la loi, permet à un créancier de récupérer directement les fonds détenus sur le compte bancaire d’un débiteur en cas d’impayés. Les frais associés à cette opération sont à la charge du client, une règle que l’Unaf juge désormais disproportionnée.

« Ces frais sont souvent injustifiés et aggravent une situation déjà difficile », a déclaré Christophe Robert, délégué général de l’Unaf, dans un communiqué diffusé ce jour. Il rappelle que les banques perçoivent déjà des intérêts et pénalités en cas de retard de paiement, rendant ces frais additionnels particulièrement douloureux pour les ménages modestes.

Des disparités importantes entre les établissements

L’enquête de l’Unaf met en lumière des écarts significatifs entre les banques. Certains réseaux mutualistes ou en ligne appliquent des tarifs modérés, autour de 50 à 80 euros, tandis que des banques traditionnelles facturent jusqu’à 250 euros pour la même prestation. Ces différences interrogent sur la transparence et l’équité de la tarification pratiquée.

« On observe une opacité totale sur la manière dont ces frais sont calculés », explique un responsable de l’Unaf, qui souligne l’absence de justification claire pour ces montants élevés. « Certaines banques justifient ces coûts par des frais administratifs, mais rien ne prouve que ces services valent 250 euros », ajoute-t-il.

Un impact direct sur les ménages les plus vulnérables

Les associations de consommateurs s’alarment de l’effet cumulé de ces frais sur les budgets des ménages déjà fragilisés par l’inflation et la hausse des taux d’intérêt. En 2025, plus de 3,5 millions de Français ont fait l’objet d’une saisie-attribution, selon les dernières données de la Banque de France. Pour beaucoup, ces frais supplémentaires transforment une difficulté passagère en situation d’endettement durable.

« Les ménages concernés voient parfois leur dette totale augmenter de 30 % après l’ajout des frais de saisie », précise Christophe Robert. Il rappelle que ces pratiques risquent de fragiliser davantage le pouvoir d’achat des Français, déjà en berne depuis plusieurs années.

Et maintenant ?

L’Unaf a annoncé qu’elle allait transmettre les résultats de son enquête aux autorités compétentes, dont la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Une saisine qui pourrait aboutir à un encadrement plus strict des frais bancaires liés aux saisies, voire à une révision de la réglementation en vigueur.

Par ailleurs, l’association pourrait déposer une proposition de loi pour limiter ces frais à un pourcentage raisonnable de la dette initiale, comme cela existe déjà pour certains types de prélèvements. Aucune date n’a encore été fixée pour un éventuel débat parlementaire.

En attendant, les consommateurs sont invités à vérifier les conditions tarifaires de leur banque et à contester tout prélèvement jugé abusif. La médiation bancaire pourrait jouer un rôle clé dans la résolution des litiges, mais son efficacité reste à démontrer face à des pratiques aussi généralisées.

Le client concerné peut d’abord contacter son conseiller bancaire pour demander un étalement ou une réduction des frais. Si la réponse est insatisfaisante, il peut saisir le médiateur bancaire de son établissement, une procédure gratuite et sans engagement. En cas d’échec, un recours auprès de la DGCCRF ou d’une association de consommateurs comme l’Unaf peut être envisagé.