Le conseil régional des Hauts-de-France a adopté à l’unanimité un vœu porté par la majorité de Xavier Bertrand (Les Républicains) soutenant l’interdiction des navires de pêche de plus de 25 mètres dans la bande côtière, selon Reporterre. Cette décision intervient alors que le gouvernement, malgré des annonces prometteuses au printemps, rechigne depuis plusieurs semaines à mettre en place cette mesure, pourtant exigée par les pêcheurs eux-mêmes.

La « bande des 12 milles », c’est-à-dire l’espace maritime situé jusqu’à 22 km des côtes, revêt une importance écologique majeure. Abritant des habitats côtiers riches et fragiles, notamment des herbiers de zostères, elle constitue une zone de reproduction pour de nombreuses espèces de poissons. Elle est pourtant ouverte aux bateaux de pêche de plus de 25 m de long, français, mais aussi étrangers, en vertu d’anciens accords de voisinage.

Ce qu'il faut retenir

  • Le conseil régional des Hauts-de-France a adopté à l’unanimité un vœu soutenant l’interdiction des navires de pêche de plus de 25 mètres dans la bande côtière.
  • La « bande des 12 milles » est une zone écologique importante qui abrite des habitats côtiers riches et fragiles.
  • Les pêcheurs artisans et associations écologistes demandent depuis des années l’interdiction des navires industriels dans la bande côtière.

Le contexte

Les pêcheurs artisans et associations écologistes demandent depuis des années l’interdiction des navires industriels dans la bande côtière. Dans les Hauts-de-France, ils accaparent 45,5 % des poissons, avec des techniques de pêche néfastes pour l’environnement marin, selon une récente note scientifique de l’Institut Agro. L’élue écologiste des Hauts-de-France Karima Delli avait déjà requis, en 2025, leur interdiction — ce qui avait à l’époque donné lieu à des « ricanements » d’autres élus, se souvient-elle.

Début septembre, la commission Manche-mer du Nord du Comité national des pêches elle-même s’est prononcée en faveur de leur interdiction — sans réaction du ministère de la Mer, qui avait pourtant fait part, au printemps, de sa « volonté possible » de fermer cette zone aux bateaux de plus de 25 mètres. Le récent vœu de la région Hauts-de-France le convaincra-t-il de s’y atteler ? « Il est temps d’agir », presse l’association Bloom, selon qui le gouvernement fait actuellement « le jeu des 1 % de méga-industriels et des lobbies ».

Les conséquences

La pression s’accroît sur la ministre de la Mer, Catherine Chabaud. Le chalutier « Annelies Ilena » (ici en 2023) est doté d'un chalut de 600 mètres de long. L’Annie Hillina, un chalutier congélateur néerlandais de 112 m de long, peut par exemple y jeter ses filets. Les conséquences de l’absence de régulation dans cette zone pourraient être graves pour l’environnement marin et les pêcheurs artisans.

Et maintenant ?

Le gouvernement devrait désormais prendre une décision concernant l’interdiction des navires de pêche de plus de 25 mètres dans la bande côtière. La prochaine étape sera de voir comment le ministère de la Mer réagira à cette pression croissante. Les pêcheurs artisans et les associations écologistes attendent avec impatience une décision qui pourrait avoir un impact significatif sur l’environnement marin et leur moyen de subsistance.

En conclusion, la décision du conseil régional des Hauts-de-France de soutenir l’interdiction des navires de pêche de plus de 25 mètres dans la bande côtière est un pas important vers la protection de l’environnement marin. Il reste à voir comment le gouvernement réagira à cette pression croissante et si une décision sera prise pour réguler cette zone.