Les incendies de sites pétroliers en Iran et dans les pays du Golfe, suite aux frappes aériennes nocturnes, font peser de lourds risques sur la santé des populations, à court et à long terme, selon nos confrères de BMF - International. Cinq sites et dépôts de pétrole iraniens ont été frappés dans la nuit de samedi à dimanche par les États-Unis et Israël, entraînant des panaches et d'épaisses colonnes de fumée noires au-dessus des sites touchés.

Le directeur de recherche au CNRS et membre du comité scientifique du collectif Respire, Jean-Baptiste Renard, a déclaré que « c'est le pire scénario, celui le plus terriblement toxique ». La combustion d'hydrocarbures émet différents types de particules particulièrement dangereuses, dont des métaux lourds, du dioxyde d'azote, du dioxyde de soufre, du monoxyde de carbone, mais aussi des composés organiques volatils comme le benzène, ainsi que des particules fines et des hydrocarbures aromatiques polycycliques.

Ce qu'il faut retenir

  • Les incendies de sites pétroliers en Iran et dans les pays du Golfe font peser de lourds risques sur la santé des populations.
  • Cinq sites et dépôts de pétrole iraniens ont été frappés dans la nuit de samedi à dimanche par les États-Unis et Israël.
  • La combustion d'hydrocarbures émet différents types de particules particulièrement dangereuses.

Les conséquences pour la santé

Les particules émises lors des incendies d'hydrocarbures peuvent provoquer des irritations des voies respiratoires ou des yeux lors d'expositions aiguës. Les effets les plus souvent évoqués lors de ce type d'événement sont des symptômes irritatifs transitoires liés aux fumées ; gorge irritée, toux, gêne respiratoire, a analysé Davide Faranda, directeur de recherche au CNRS en sciences du climat.

Une Iranienne a témoigné pour le quotidien britannique The Guardian, affirmant qu'elle avait « un essoufflement sévère et des brûlures dans les yeux et la gorge, et beaucoup ressentent la même chose ». Les risques à court terme sont les mêmes que lors d'un pic de pollution, mais les composés sont encore plus toxiques et leur concentration est extrême, a déploré pour BFM Francelyne Marano, professeure émérite de biologie cellulaire et toxicologie à l'université Paris-Cité.

Les conséquences à long terme

Les conséquences de ces incendies pourraient être dramatiques à long terme, car nombre des particules émises lors des incendies d'hydrocarbures sont cancérigènes, tératogènes et mutagènes. Certains hydrocarbures aromatiques polycycliques ou le benzène sont connus pour présenter des effets toxiques à plus long terme lorsqu'il existe des expositions répétées ou prolongées, a mis en garde Davide Faranda.

Les particules entrent dans le sang, le système respiratoire, le cerveau et y restent, s'inquiète Jean-Baptiste Renard, spécialiste de la détection des poussières et des particules fines dans l'atmosphère. Quand on est exposé à de très fortes doses, les dégâts sont irréversibles. Dans les années à venir, il y aura forcément des pathologies.

Les enjeux environnementaux

Le risque d'une pollution large et régionale est réel, car les particules qui sont retombées au sol avec les pluies ont été disséminées, notamment par les eaux de ruissellement. Ce serait alors une pollution globale de l'air, des sols et des eaux, touchant toute la biodiversité et in fine l'ensemble de la chaîne alimentaire, redoute Éric Villenave, professeur de chimie atmosphérique à l'université de Bordeaux.

Et maintenant ?

Les habitants des pays concernés sont invités à porter des masques FFP2, à fermer et calfeutrer les fenêtres, et à sortir le moins possible. Cependant, les masques n'arrêtent pas les gaz contenus dans les fumées, estime Francelyne Marano. L'ampleur de cette pollution ne pourra être évaluée qu'à partir d'analyses environnementales réalisées sur le terrain, a rappelé Davide Faranda.

Les conséquences de ces incendies soulèvent des enjeux plus larges, notamment en termes de santé publique, de sécurité environnementale et de coopération internationale. Il est essentiel de prendre des mesures pour prévenir de telles catastrophes et pour protéger les populations et l'environnement.