À six mois de l’élection présidentielle, les industriels de la santé multiplient les propositions pour peser sur les orientations futures, plaidant pour faciliter l'accès aux innovations en France, selon Le Figaro.
Ces derniers jours, le groupement des industriels français de la santé (G5 Santé) et celui des entreprises du dispositif médical (prothèses, pacemaker, tensiomètre, etc.), le Snitem, ont présenté leurs manifestes sur fond de « contraintes budgétaires croissantes ». Avant eux, le syndicat professionnel des géants pharmaceutiques étrangers en France (Leem) s’était livré à l’exercice fin septembre.
Ce qu'il faut retenir
- Les industriels de la santé réclament une loi de programmation pluriannuelle pour faciliter l'accès aux innovations médicales en France.
- Le G5 Santé propose que les produits de santé comportant « une étape majeure de production en France ou en Europe » puissent être mis à disposition en France dès leur autorisation européenne.
- Les entreprises déplorent que les patients français accèdent moins vite que leurs voisins européens aux nouveaux traitements en raison de prix jugés trop bas et d’une évaluation plus stricte qu’ailleurs.
Le contexte
Tous mettent en garde les candidats à la présidentielle contre un risque de déclin de la filière en France et réclament « une loi de programmation pluriannuelle », à l’image de celle consacrée à la défense. « Les industries de santé doivent être considérées comme une priorité stratégique au même titre que la défense, l’énergie ou le numérique », insiste le G5 Santé, cercle de réflexion qui rassemble les dirigeants de Guerbet, Ipsen, LFB, Pierre Fabre, Sanofi, Servier, Théa et bioMérieux.
Le secteur alerte régulièrement sur un « décrochage de la France », dans la compétition internationale, appelant à renforcer la souveraineté sanitaire et alléger les contraintes réglementaires jugées pénalisantes tout en valorisant les entreprises qui choisissent l’Hexagone et l’Europe pour les activités de recherche clinique et de production.
Les propositions
Dans ce contexte, le G5 santé propose que les produits de santé comportant « une étape majeure de production en France ou en Europe » puissent être mis à disposition en France dès leur autorisation européenne, sans attendre l’issue des négociations sur leur prix, à l’image du système allemand. Et ce, quitte à « changer la philosophie de l’évaluation, pour accepter une plus grande part d’incertitude ».
Cette proposition s’appuie sur un constat dressé dans une étude du cabinet Iqvia : « sur les 404 indications ayant obtenu une autorisation européenne de mise sur le marché entre janvier 2022 et décembre 2024 », seulement 51% sont accessibles aux patients français.
Les réactions
Le président de la Haute autorité de santé (HAS), Lionel Collet, a réagi à ces propos en indiquant que « de nouvelles données » leur ont été apportées concernant les anti-migraineux (anti-CGRP) et qu’ils sont en cours d’évaluation. Jusqu’ici, la HAS a estimé qu’ils n’apportaient pas d’amélioration par rapport aux traitements existants, faute de preuves suffisantes de leur supériorité.
Le G5 Santé souligne que « la méthodologie de l’évaluation française est bien plus sévère et en décalage avec les autres pays européens, tant sur la qualité des preuves que sur le niveau de preuve de la valeur médicale ».
En conclusion, l’élection présidentielle à venir sera l’occasion de débattre de l’avenir de la filière santé en France et des moyens à mettre en œuvre pour faciliter l’accès aux innovations médicales. Les propositions des industriels de la santé doivent être prises en compte pour éviter un déclin de la filière en France.