Selon Ouest France, la Génération Z n’est pas désengagée au travail, contrairement aux idées reçues. Elle exprime même un besoin marqué d’être impliquée dans les décisions stratégiques des entreprises, comme le révèle une étude récente menée par l’Ifop pour le réseau d’entrepreneurs Axtom.

Ce qu'il faut retenir

  • La Génération Z souhaite davantage de responsabilités au travail, malgré les clichés sur son désengagement.
  • Une étude Ifop pour Axtom met en lumière cette aspiration à la participation aux décisions clés.
  • Les jeunes générations recherchent une implication concrète dans la vie de l’entreprise.

Une génération en quête de sens et de responsabilités

Contrairement à la réputation de désintérêt qui lui colle à la peau, la Génération Z, née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010, affiche une volonté claire de s’investir dans le monde professionnel. D’après l’étude Ifop pour Axtom, relayée par Ouest France, ces jeunes ne se contentent plus de subir les directives : ils veulent en être acteurs. Cette tendance s’observe aussi bien dans les grandes entreprises que dans les structures plus modestes, où leur présence se renforce.

Le rapport souligne que près de 72 % des jeunes actifs de cette génération estiment que leur avis devrait être pris en compte dans les choix stratégiques. Une proportion qui dépasse largement les attentes des générations précédentes à leur âge. «

On nous parle souvent de désengagement, mais les faits montrent une autre réalité : les jeunes veulent être impliqués, et pas seulement exécutants
», a déclaré Sophie de Menthon, présidente d’Axtom, lors de la présentation des résultats.

Des attentes qui bousculent les codes traditionnels

Les attentes de la Génération Z en matière d’entreprise diffèrent significativement de celles de leurs aînés. Si la stabilité financière et la sécurité de l’emploi restent des critères importants, l’étude met en avant d’autres priorités. Les jeunes actifs recherchent avant tout un environnement de travail collaboratif, où leur contribution est valorisée. Autant dire que les modèles hiérarchiques rigides peinent à les séduire.

Autre enseignement marquant : 68 % des sondés considèrent que la possibilité de proposer des idées innovantes est un critère déterminant dans leur choix d’employeur. Un chiffre qui reflète une volonté de co-construction, bien loin de l’image du salarié passif. «

Les entreprises qui sauront intégrer ces nouvelles attentes en tireront un avantage compétitif majeur
», a ajouté Pierre-Yves Gomez, économiste et membre du conseil scientifique de l’étude.

Un défi pour les dirigeants et les ressources humaines

Face à ces aspirations, les entreprises sont appelées à repenser leur gestion des talents. Les services RH, en particulier, doivent adapter leurs pratiques pour répondre à ces nouvelles exigences. La mise en place de dispositifs d’écoute, comme les boîtes à idées digitales ou les ateliers participatifs, pourrait ainsi devenir la norme plutôt que l’exception. Ouest France note que certaines structures, notamment dans le secteur tech, ont déjà pris ce virage avec succès.

Pourtant, des freins persistent. Certains managers, habitués à des modèles traditionnels, peinent à intégrer cette dynamique. «

Il faut un changement de culture managériale, où l’autorité ne se mesure plus à la capacité à décider seul, mais à celle d’écouter et de fédérer
», a expliqué Sophie de Menthon. Une transformation qui, selon elle, prendra du temps mais s’avère indispensable pour attirer et fidéliser les jeunes talents.

Et maintenant ?

Plusieurs pistes pourraient se concrétiser dans les mois à venir. D’abord, une généralisation des enquêtes internes pour mesurer l’engagement des jeunes collaborateurs, avec des résultats attendus d’ici la fin de l’année 2026. Ensuite, l’émergence de formations dédiées au management intergénérationnel, proposées par des organismes comme Axtom. Enfin, une possible réforme des conventions collectives pour mieux intégrer ces nouvelles attentes, un dossier qui pourrait être porté au niveau national.

Une tendance appelée à s’amplifier

Avec l’arrivée massive des jeunes sur le marché du travail, cette dynamique devrait s’accentuer. Les entreprises qui sauront anticiper ces changements en tireront un avantage certain, tant en termes d’innovation que de marque employeur. Reste à voir si les structures les plus rigides parviendront à s’adapter à temps.

Pour l’heure, une chose est sûre : la Génération Z n’est pas en train de tourner le dos à l’entreprise. Elle souhaite simplement en redéfinir les règles.

Selon l’étude Ifop pour Axtom, les secteurs les plus exposés à ces nouvelles attentes sont la technologie, les services et le conseil. Ces domaines, où l’innovation et la flexibilité sont des atouts majeurs, attirent particulièrement les jeunes générations. Cependant, aucun secteur n’est épargné : même les industries traditionnelles doivent désormais composer avec ces aspirations.