Les Jeux du Commonwealth, dont la cérémonie de clôture se tient ce dimanche 10 août 2026 à Glasgow, s'achèvent sur une édition marquée par des transformations profondes au sein de l'organisation, selon RFI. Longtemps considérés comme la vitrine sportive de l'ancien Empire britannique, ces Jeux reflètent aujourd'hui les bouleversements d'une structure presque centenaire, où les identités nationales s'affirment avec force, où certains membres historiques remettent en cause leur participation financière, et où de nouvelles puissances tentent de redéfinir le rôle et les priorités de ce rassemblement.
Les Jeux du Commonwealth, créés en 1930 sous le nom de Jeux de l'Empire britannique, ont longtemps symbolisé l'unité symbolique des nations ayant appartenu à l'Empire britannique. Pourtant, à l'aube de leur 24e édition, leur avenir semble plus incertain que jamais. Entre contestations financières et revendications identitaires, cette manifestation sportive, qui se tient traditionnellement tous les quatre ans, se trouve aujourd'hui au cœur d'un débat sur son utilité et sa pertinence. Comme le rapporte RFI, cette édition de Glasgow 2026 pourrait bien marquer un tournant dans l'histoire de l'organisation.
Ce qu'il faut retenir
- Les Jeux du Commonwealth 2026 à Glasgow s'achèvent ce dimanche 10 août, clôturant une édition marquée par des tensions internes.
- L'organisation, créée en 1930, traverse une phase de recomposition où les identités nationales s'affirment davantage.
- Plusieurs membres historiques remettent en cause le financement de leur participation, mettant en lumière des divergences financières au sein du Commonwealth.
- De nouvelles puissances cherchent à redéfinir le rôle et les priorités de cette compétition multisports, autrefois centrée sur Londres.
- Ces Jeux reflètent une organisation moins unie qu'autrefois, mais en pleine adaptation à un monde multipolaire.
Un héritage impérial en question
Les Jeux du Commonwealth trouvent leur origine dans les Jeux de l'Empire britannique, lancés en 1930 à Hamilton, au Canada. Initialement conçus pour renforcer les liens entre les nations de l'Empire, ils sont devenus au fil des décennies un symbole de la coopération postcoloniale. Cependant, à l'heure où les anciennes puissances coloniales sont appelées à rendre des comptes sur leur passé, cette compétition sportive n'échappe pas aux remises en question. « Le Commonwealth n'est plus ce qu'il était », a déclaré Patricia Scotland, secrétaire générale de l'organisation, lors d'une conférence de presse en marge des Jeux. « Nous devons nous adapter ou risquer de devenir obsolètes. »
Selon RFI, la pression sur l'organisation s'est intensifiée ces dernières années, avec des critiques croissantes sur son coût pour les États membres. Plusieurs pays, notamment ceux touchés par des crises économiques, ont fait savoir qu'ils pourraient réduire leur participation, voire s'en retirer, si les dépenses liées à l'organisation des Jeux n'étaient pas mieux maîtrisées. Le Royaume-Uni, qui a traditionnellement porté une grande partie des coûts, se trouve désormais confronté à des demandes de partage des charges financières.
Une fragmentation des priorités
L'un des enjeux majeurs de cette édition réside dans la diversité croissante des attentes des 56 États membres du Commonwealth. Autrefois alignées sur les valeurs et les priorités britanniques, ces attentes sont désormais divergentes. Certains pays, comme l'Inde ou l'Australie, voient dans les Jeux une opportunité de promouvoir leur soft power et d'attirer des investissements. D'autres, comme les nations des Caraïbes ou d'Afrique, insistent sur la nécessité de mettre en avant des enjeux plus urgents, tels que le développement économique ou la lutte contre le changement climatique.
« Nous ne pouvons plus nous contenter de célébrer un héritage colonial », a affirmé Mia Mottley, Première ministre de la Barbade, lors d'un discours officiel. « Les Jeux doivent désormais servir à répondre aux défis contemporains auxquels font face nos peuples. » Cette prise de position, partagée par plusieurs chefs d'État et de gouvernement, illustre la volonté de repenser le rôle des Jeux pour en faire un levier de développement plutôt qu'un simple spectacle sportif. RFI souligne que cette évolution s'accompagne d'une remise en cause des symboles traditionnels, comme le port de l'uniforme par les athlètes britanniques ou l'utilisation de l'hymne *God Save the King* lors des cérémonies.
Le défi de la modernisation
Face à ces bouleversements, le Commonwealth tente de se réinventer. Une des pistes explorées concerne la diversification des disciplines sportives proposées, afin d'attirer un public plus large et de mieux représenter la diversité des cultures membres. Des sports comme le cricket, le netball ou encore le rugby à VII ont été ajoutés au programme, tandis que des épreuves adaptées aux jeunes et aux personnes en situation de handicap ont été renforcées. « L'objectif est de rendre les Jeux plus inclusifs et représentatifs des réalités du XXIe siècle », a expliqué Hugh Robertson, ministre britannique des Sports, lors d'une interview à RFI.
Parallèlement, des discussions sont en cours pour réduire les coûts d'organisation. Plusieurs propositions ont été avancées, comme la mutualisation des infrastructures entre plusieurs pays ou la limitation du nombre d'athlètes par délégation. « Nous devons trouver un équilibre entre la tradition et l'innovation », a précisé Robertson. « Si nous voulons que les Jeux survivent, il faut qu'ils soient à la fois rentables et pertinents. »
Pour l'heure, les regards se tournent déjà vers les prochaines échéances, notamment la tenue d'un sommet des chefs d'État du Commonwealth en 2027, où ces questions devraient occuper une place centrale. Reste à savoir si les membres parviendront à trouver un terrain d'entente ou si l'organisation, après près d'un siècle d'existence, devra se résoudre à une refonte radicale.
Selon les données compilées par RFI, le coût moyen pour un pays participant aux Jeux du Commonwealth varie entre 5 et 20 millions de dollars, en fonction de la taille de la délégation et des infrastructures nécessaires. Certains pays, comme le Royaume-Uni ou l'Australie, peuvent dépenser jusqu'à 100 millions de dollars pour l'organisation de l'événement, incluant les infrastructures, la sécurité et la promotion.