Selon Franceinfo - Culture, les micro-dramas, ces séries d'épisodes de quelques minutes pensées pour les smartphones, ont conquis l'Asie et gagnent en popularité en Europe. Entièrement conçu pour capter l'attention des internautes, le format verse régulièrement dans le trash, ce qui lui vaut des critiques sans empêcher son ascension.

Ce qu'il faut retenir

  • Les micro-dramas sont des séries d'épisodes de quelques minutes, tournés à la verticale et conçus pour les smartphones.
  • Ils sont très courts, généralement en saison de 40 à 80 épisodes qui durent chacun une minute, trois au grand maximum.
  • Ils contiennent des rebondissements, des accroches et des cliffhangers pour accrocher l'attention du spectateur et la garder.

Un format en plein essor

En Chine, où il est né sous le nom de duanju pendant la crise du Covid-19, le micro-drama a généré 7 milliards de dollars de revenus en 2024, d'après une association de professionnels chinois. En France, le micro-drama a déjà quelques succès à son actif, dont des programmes diffusés par France Télévisions.

Les plateformes dédiées, comme DramaWave, ReelShort, NetShort ou My Drama, font partie des applications de divertissements gratuites les plus téléchargées dans l'Hexagone. La série polémique L'île de la Skibidi Tentafruit a mis les micro-dramas sous le feu des projecteurs médiatiques.

Un modèle économique basé sur l'addiction

Les micro-dramas reposent sur des ressorts scénaristiques similaires : relation amoureuse interdite ou cachée, ascension sociale, vengeance, violence verbale qui vire souvent au trash. Les personnages féminins sont régulièrement victimes de violences verbales et de relations toxiques ou forcées, mais qui se transforment souvent en amour passionnel.

Les plateformes utilisent des techniques inspirées des jeux mobiles, avec leur modèle freemium. Les premiers épisodes sont gratuits, pour accrocher le spectateur et le familiariser avec l'intrigue, puis, quand un rebondissement majeur arrive, surprise : un paywall apparaît.

Des critiques nombreuses

Les micro-dramas ont été critiqués pour leur manque de profondeur, leur recours excessif à des ficelles scénaristiques et leur traitement des personnages féminins. Le président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) a dénoncé les mécanismes d'addiction utilisés par les micro-dramas.

Malgré ces critiques, les micro-dramas continuent de gagner en popularité, notamment auprès des femmes d'âge moyen et des jeunes. Les plateformes de micro-dramas ont déjà un public important en Europe et visent à développer leur offre pour répondre aux attentes de leur public.

Et maintenant ?

Les micro-dramas pourraient devenir un nouveau format de série à la conquête de l'Europe, mais ils devront faire face aux critiques et aux défis que leur pose leur modèle économique et leur contenu. Les plateformes de micro-dramas devront trouver un équilibre entre leur besoin de créer des contenus accrocheurs et leur responsabilité de proposer des contenus de qualité.

Le succès des micro-dramas dépendra de leur capacité à innover et à se renouveler, tout en respectant les attentes de leur public. Les plateformes devront également être transparentes sur leur modèle économique et sur les données qu'elles collectent sur leurs utilisateurs.