Les quelque 1 000 membres de l’Association familiale Mulliez (AFM) se sont réunis en Assemblée générale les 23 et 24 mai 2026 à Marcq-en-Barœul (Nord), selon Le Figaro. Leur objectif : acter une nouvelle stratégie sur dix ans pour l’un des plus puissants empires industriels français, détenu par ce holding familial qui contrôle 130 entreprises, dont Auchan, Leroy Merlin, Boulanger, Kiabi et Decathlon. Une prise de parole rare pour cette dynastie qui cultive traditionnellement le « vivre caché pour vivre mieux ».

Ce qu’il faut retenir

  • Une stratégie décennale a été validée par les 1 000 actionnaires familiaux réunis à Marcq-en-Barœul.
  • Le holding familial détient 130 entreprises, dont des géants comme Auchan, Leroy Merlin et Decathlon.
  • Barthélemy Guislain, président du conseil de gérance, a réaffirmé leur rôle d’actionnaires de confiance pour l’avenir.
  • L’AFM a choisi de maintenir la discrétion sur le lieu exact de l’Assemblée générale.

Une vision recentrée sur le rôle d’actionnaire de confiance

Barthélemy Guislain, président du conseil de gérance de l’AFM, a déclaré au Figaro : « Nous allons nous définir comme des actionnaires de confiance moteurs pour l’avenir. » Cette nouvelle raison d’être a été adoptée lors d’une Assemblée générale tenue dans la plus grande discrétion, un choix conforme à la tradition des Mulliez. L’AFM a ainsi rompu avec son mutisme habituel en communiquant publiquement sur sa stratégie, une première pour cette famille qui préfère agir dans l’ombre. Le lieu exact de la réunion, à Marcq-en-Barœul, est resté secret jusqu’au dernier moment, conformément à leur ligne de conduite historique.

Parmi les défis évoqués, les difficultés persistantes d’Auchan, fleuron du groupe, avaient pu laisser craindre des tensions internes au sein de l’association. Or, cette Assemblée générale a permis de réaffirmer l’unité des actionnaires familiaux autour d’une vision commune. « Nous allons nous définir comme des actionnaires de confiance moteurs pour l’avenir », a insisté Barthélemy Guislain, soulignant la volonté de pérenniser l’influence du groupe tout en renforçant sa crédibilité auprès des partenaires économiques.

Un empire industriel diversifié et résilient

L’AFM gère un portefeuille impressionnant de 130 entreprises, couvrant des secteurs aussi variés que la grande distribution (Auchan), le bricolage (Leroy Merlin), l’électroménager (Boulanger), l’habillement (Kiabi) et le sport (Decathlon). Cette diversification a longtemps permis au groupe de limiter l’impact des crises sectorielles. Pourtant, les récentes difficultés d’Auchan – dont la rentabilité est régulièrement questionnée – avaient nourri des interrogations sur la capacité du groupe à maintenir son modèle économique.

L’adoption de cette stratégie décennale vise précisément à rassurer sur la pérennité de l’empire Mulliez. « Cette vision à dix ans a été actée par les quelque 1 000 actionnaires-familiaux », précise Le Figaro, confirmant ainsi l’engagement collectif des héritiers. Les discussions ont également porté sur les investissements futurs, avec une attention particulière portée à l’innovation et à la transition écologique, deux enjeux désormais incontournables pour les grands groupes industriels.

Le défi de l’unité familiale face aux défis économiques

Le maintien de l’unité au sein d’une famille aussi nombreuse que les Mulliez – forte de plus de 1 000 actionnaires – constitue un défi permanent. Chaque décision stratégique doit être validée collectivement, ce qui peut ralentir les processus de modernisation. Pourtant, l’AFM a démontré, au fil des décennies, une capacité à s’adapter aux évolutions du marché, comme en témoigne son implantation internationale dans plus de 17 pays.

Barthélemy Guislain a d’ailleurs rappelé que la famille Mulliez reste attachée à son ancrage territorial dans les Hauts-de-France, région historique du groupe. « Nous sommes des entrepreneurs de terrain », a-t-il souligné, évoquant ainsi la proximité avec les salariés et les clients comme un pilier de leur modèle. Cette approche pourrait expliquer en partie la résilience du groupe face aux turbulences économiques récentes.

Et maintenant ?

La prochaine étape consistera à traduire cette stratégie décennale en plans d’action concrets, notamment pour les filiales les plus exposées comme Auchan. Une communication plus régulière pourrait également être envisagée pour renforcer la transparence vis-à-vis des parties prenantes. Pour autant, la famille Mulliez devrait conserver sa discrétion habituelle, tout en adaptant son modèle aux nouvelles exigences du marché, notamment en matière de digitalisation et de responsabilité sociale.

Cette Assemblée générale a donc marqué une volonté affichée de modernisation, tout en réaffirmant les valeurs traditionnelles de la dynastie. Reste à voir comment ces orientations seront mises en œuvre dans un contexte économique marqué par l’inflation et la concurrence accrue des géants internationaux.

Barthélemy Guislain est le président du conseil de gérance de l’Association familiale Mulliez (AFM). Il supervise la stratégie du holding familial et représente les intérêts des actionnaires, soit quelque 1 000 membres de la famille Mulliez. Son rôle consiste à coordonner les décisions stratégiques pour les 130 entreprises du groupe, dont Auchan, Decathlon ou Leroy Merlin.

L’AFM a rompu avec son habitude de discrétion pour rassurer sur la solidité de son modèle face aux difficultés d’Auchan et aux interrogations sur l’avenir du groupe. Cette prise de parole publique vise à affirmer l’unité des actionnaires familiaux et à clarifier leur vision à long terme, notamment dans un contexte économique incertain.