D'après Euronews FR, une étude récente a révélé que certains ours bruns de la cordillère Cantabrique peuvent « mentir » sur leur véritable taille pour éviter d'affronter des rivaux plus grands. Cette découverte a été faite possible grâce à la collaboration d'experts du CSIC, du FAPAS, de plusieurs universités espagnoles et européennes ainsi que de la Principauté des Asturies.

Cette étude, publiée dans le Journal of Mammalogy, a étudié le comportement de 164 ours bruns répartis entre les sommets de León, des Asturies et de la Cantabrie. Les résultats ont montré que sept mâles (soit 4,3 % des ours suivis) ont effectué des marquages exagérément élevés en grimpant ou en utilisant des troncs ou d'autres types de plateformes pour laisser leur trace à une hauteur supérieure à celle que leur taille réelle permettrait.

Ce qu'il faut retenir

  • 5 % des ours bruns cantabriques peuvent tricher sur leur taille pour éviter les rivaux.
  • Sept mâles ont effectué des marquages exagérément élevés en grimpant ou en utilisant des troncs ou d'autres types de plateformes.
  • Les ours bruns laissent généralement leurs marques à la hauteur maximale qu'ils atteignent lorsqu'ils se dressent sur leurs pattes arrière, soit environ deux mètres.

Le comportement des ours bruns

Les ours bruns sont des animaux territoriaux qui utilisent des signaux et des marques pour délimiter leur territoire. Les chercheurs ont observé que ces sept mâles rusés grimpaient aux arbres pour laisser des signaux chimiques et visuels plus hauts que ne le permet leur taille réelle. Cela leur permet de paraître plus grands et de dissuader des rivaux plus imposants.

« Pour un mâle non dominant ou un individu jeune, cette stratégie pourrait offrir des avantages car, en paraissant plus grands, ils pourraient dissuader des rivaux plus imposants, réduire la probabilité d'un affrontement direct, éviter le coût que cela peut représenter, et même augmenter leurs opportunités de reproduction », explique le chercheur Vincenzo Penteriani, du Musée national des sciences naturelles.

Les implications de cette découverte

Cette découverte met en évidence une capacité comportementale fascinante chez les ours, qui justifie la réalisation de davantage d'études observationnelles et expérimentales. Les deux populations d'ours bruns espagnols, cantabrique et pyrénéenne, dépassement aujourd'hui les 400 individus après avoir frôlé l'extinction dans les années 1970 et 1980. Bien que ces ours soient toujours en danger d'extinction, ils sont désormais sortis de la catégorie de danger critique grâce aux efforts des conservationnistes.

Et maintenant ?

Les chercheurs restent prudents avant de qualifier « Ursus arctos » d'espèce malhonnête par principe, étant donné que les « tromperies » analysées sont rares et réalisées dans des zones très spécifiques parmi celles observées. Cependant, cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour la compréhension du comportement des ours bruns et pourrait avoir des implications pour la conservation de cette espèce.

En conclusion, cette étude montre que les ours bruns cantabriques peuvent tricher sur leur taille pour éviter les rivaux, ce qui est une stratégie intéressante pour comprendre leur comportement et leur écologie. Les implications de cette découverte pour la conservation de cette espèce sont importantes et méritent d'être étudiées plus en détail.