Une alliance regroupant les principales forces économiques de la Scandinavie et de la Finlande étudie la création d’une Bourse régionale unifiée, selon nos confères d’Euronews FR. L’initiative, portée par Nordic Compass, vise à regrouper les marchés actions suédois, danois, norvégien et finlandais, ainsi qu’à harmoniser leurs cadres réglementaires. Les discussions, encore à un stade exploratoire, pourraient aboutir à une annonce lors d’un sommet prévu à Göteborg les 4 et 5 novembre prochain.
Ce qu'il faut retenir
- Quatre Bourses nationales concernées : celles de la Suède, du Danemark, de la Norvège et de la Finlande, actuellement indépendantes.
- Un enjeu financier de 4 000 milliards de dollars : les fonds de pension et investisseurs souverains nordiques gèrent ce montant, mais leur capital reste réparti sur quatre marchés distincts.
- Nordic Compass, une alliance de plus de 25 acteurs : parmi eux, des géants comme Ericsson, Nokia, Saab, Ørsted, ainsi que des institutions financières comme Nordea, SEB et BlackRock.
- Un sommet décisif en novembre : les premières initiatives concrètes pourraient être dévoilées lors de la rencontre à Göteborg.
- Trois acteurs clés à convaincre : Nasdaq, Euronext et Euroclear, qui contrôlent une partie des infrastructures boursières de la région.
Une alliance sectorielle pour dynamiser les marchés nordiques
Lancée en mai 2026, Nordic Compass est une alliance pan-nordique réunissant plus de 25 entreprises, fondations et organisations, selon nos confères d’Euronews FR. Son objectif affiché est de renforcer la compétitivité des marchés de capitaux de la région, en facilitant l’accès au financement pour les start-up, les entreprises en croissance et les introductions en Bourse. L’alliance intervient également sur trois autres volets : les technologies de pointe, la défense et l’énergie. Présidée par l’ancien Premier ministre finlandais Jyrki Katainen, elle ambitionne de faire des pays nordiques un pôle attractif à l’échelle mondiale.
Parmi les membres figurent des géants industriels comme Ericsson, Nokia ou Saab, ainsi que des institutions financières majeures comme Wallenberg Investments, EQT, Nordea et SEB. « La branche Marchés de capitaux de Nordic Compass travaille à améliorer les possibilités de levée de capitaux afin de soutenir la compétitivité à toutes les étapes », a déclaré Christian Clausen, président de cette branche et responsable pour les pays nordiques chez BlackRock. Il précise que les travaux restent pour l’instant exploratoires et qu’aucune décision concrète n’a encore été prise.
Une fusion des Bourses en discussion, mais pas encore actée
Les rumeurs évoquant une fusion des Bourses suédoise (Nasdaq Stockholm), danoise, norvégienne et finlandaise gagnent en crédibilité, même si aucun accord n’est encore signé. L’alliance Nordic Compass examine cette option, ainsi que d’autres pistes, comme l’harmonisation des cadres réglementaires pour fluidifier les échanges entre les marchés. « Les travaux en sont encore au stade exploratoire et aucun accord n’a encore été trouvé sur des initiatives ou des conclusions précises », a rappelé Christian Clausen à Euronews FR.
L’enjeu est de taille : les fonds de pension et investisseurs souverains nordiques gèrent un portefeuille de 4 000 milliards de dollars (3 430 milliards d’euros), mais ce capital est actuellement dispersé sur quatre marchés distincts. Une fusion des Bourses permettrait de concentrer cette liquidité et d’améliorer la visibilité des entreprises nordiques sur la scène internationale. Pour l’heure, l’alliance n’a pas encore tranché entre une fusion complète ou une simple harmonisation des réglementations et des infrastructures.
Trois acteurs incontournables à convaincre
Toute fusion ou coopération durable entre les Bourses nordiques devra obtenir le feu vert de trois acteurs majeurs, qui ne font pas partie de Nordic Compass. Nasdaq gère actuellement la plupart des Bourses nationales de la région, tandis qu’Euronext détient la Bourse d’Oslo et dispose d’une franchise nordique via Oslo Børs, ses dépositaires de titres et Nord Pool. Enfin, Euroclear joue un rôle central dans le règlement des transactions sur titres nordiques.
Nasdaq n’a pas répondu aux sollicitations d’Euronews FR. En revanche, Euronext s’est montré ouvert à l’idée, soulignant que sa structure multi-pays pourrait servir de modèle. « La région bénéficie déjà de solides traditions de marché, d’investisseurs sophistiqués et d’écosystèmes locaux performants », a déclaré un porte-parole du groupe. Il a ajouté que « l’opportunité consiste à s’appuyer sur ces atouts en facilitant la circulation des capitaux au-delà des frontières ». Euronext a également mis en avant son expérience en matière de liquidité partagée et de règles harmonisées, tout en insistant sur la nécessité de maintenir les Bourses locales au plus près des marchés qu’elles servent.
Pour l’instant, les travaux restent au stade exploratoire, et aucune date n’a été avancée pour une éventuelle mise en œuvre. Les observateurs soulignent que les défis techniques et réglementaires seront nombreux, mais que l’ambition affichée par Nordic Compass pourrait redessiner le paysage des marchés financiers nordiques.
Selon les promoteurs de l’idée, une fusion permettrait de concentrer la liquidité des marchés, facilitant ainsi l’accès au financement pour les entreprises locales. Avec 4 000 milliards de dollars gérés par les fonds de pension et investisseurs souverains nordiques, une Bourse unique pourrait offrir une meilleure visibilité aux émetteurs et attirer davantage d’investisseurs internationaux.
Plusieurs défis se dressent : la nécessité de convaincre des acteurs comme Nasdaq et Euronext, qui contrôlent déjà des infrastructures clés, ainsi que l’harmonisation des réglementations entre quatre pays aux systèmes juridiques différents. Enfin, la question de la gouvernance d’une Bourse régionale unifiée devra être résolue.