Selon nos confrères de BFM Bourse, plusieurs chocs pétroliers se sont succédés au cours des cinquante dernières années, avec quatre épisodes majeurs qui se sont produits, accompagnés de sévères corrections boursières. Pour autant, la situation est-elle réellement comparable ? La cote d'alerte est plus que jamais atteinte. Dans la nuit de lundi à dimanche, le baril de pétrole a franchi les 100 dollars le baril, tutoyant les 120 dollars pour le Brent. Au plus fort de la variation, le bond a approché les 30%.

Ce phénomène s'explique par l'intensification de la guerre au Moyen-Orient. Attaqués par Israël et les États-Unis, l'Iran continue d'attaquer les infrastructures d'hydrocarbures de ses voisins. Face à ces bombardements, plusieurs pays producteurs de gaz et de pétrole de la région sont contraints d'abaisser leurs productions. L'annonce ce lundi matin par les pays du G7 d'une réunion qui pourrait déboucher sur l'utilisation des réserves stratégiques de pétrole a un peu calmé le jeu. Mais la hausse reste impressionnante. Vers 15h50, le contrat de mai sur le Brent de mer du Nord prend encore 11% à 102,83 dollars le baril. Depuis le début de l'éclatement du conflit au Moyen-Orient, le Brent a gagné plus de 30 dollars le baril soit 41,1%.

Ce qu'il faut retenir

  • Le baril de pétrole a franchi les 100 dollars le baril, avec un bond de 30%.
  • L'annonce de la réunion du G7 a calmé le jeu, mais la hausse reste impressionnante.
  • Le contrat de mai sur le Brent de mer du Nord prend 11% à 102,83 dollars le baril.
  • Le Brent a gagné plus de 30 dollars le baril soit 41,1% depuis le début du conflit.

Les précédents chocs pétroliers

Les investisseurs commencent par ailleurs à redouter le spectre d'une stagflation, un scénario où les économies développées seraient à la fois confrontées à une hausse généralisée des prix causée par la hausse des coûts énergétiques ainsi qu'à une croissance anémique. En conséquence, les Bourses mondiales souffrent. Le CAC 40 abandonne 1,5% ce lundi, après avoir chuté de plus de 2,7%, tandis le S&P 500, indice principal de la Bourse de New York, perd 0,8% en début de séance.

Ce n'est évidemment pas la première fois que les marchés font face à de tels risques. Dans les années 1970, deux chocs pétroliers sont survenus. D'abord en 1973 lors de la guerre du Yom Kippour, avec notamment un brutal arrêt des exportations de brut saoudien (21% de la production mondiale à l'époque). Puis en 1979, lors de la chute du Shah d'Iran et la révolution islamique qui a suivi. L'Iran est alors un important producteur de pétrole et le prix du Brent double, passant de 20 à 40 dollars.

Les réactions des marchés

Dans une note publiée ce lundi, John Plassard de Cité Gestion, dégage quelques tendances. Sur un horizon d'une semaine après le début de ces chocs, le pétrole progresse évidemment, gagnant en moyenne 10%. La hausse atteint 31% sur six mois, selon plusieurs sources de données (Factset, Bloomberg, Refinitiv) compilées par l'expert de marché. Sans surprise, les actions, elles, tombent dans le rouge. Sur trois mois, le S&P 500 perd 2,7% et les actions européennes (indice MSCI Europe) abandonnent 2,5%.

Par ailleurs, l'or a tendance à bien se comporter avec une progression de 7,6% trois mois après l'éclatement du choc, et de 22,6% six mois après. Rappelons que, pour le moment, cela n'est pas le cas. L'or recule depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, après avoir, il est vrai, connu une longue phase ascendante. Autres tendances décrites par John Plassard qui se vérifient davantage avec l'actuel conflit au Moyen-Orient : « le dollar affiche souvent une résilience relative, attirant les flux en période d’incertitude » et « les taux souverains peuvent initialement se détendre avant de se tendre si l’inflation persiste ».

Et maintenant ?

Les marchés ne sont pas si pessimistes en réalité. Deutsche Bank prévient elle aussi que la situation n'est pas la même que lors des précédents chocs pétroliers. Les investisseurs ne tablent pas sur une hausse durable des prix du Brent et donc des cours du pétrole. Les contrats à terme sur douze mois anticipent un Brent à seulement 76 dollars le baril, environ 30 dollars de moins que celui pour mai 2026.

Christopher Dembik, de Pictet AM, appelle également à la retenue. L'expert de marché rappelle que les appels de marges - des sommes demandées par des courtiers à leurs clients lorsque leurs liquidités sont insuffisantes sur des instruments dérivés ne leur permettent plus de faire face aux risques – avaient explosé sur les matières premières en 2022. Il est important de rester attentif à la durée du choc, à la réaction des anticipations et à la capacité des banques centrales à préserver leur crédibilité face à une inflation importée.

En conclusion, il est essentiel de considérer les précédents chocs pétroliers pour comprendre les réactions actuelles des marchés. Les investisseurs doivent rester vigilants et éviter de paniquer, car les situations économiques et géopolitiques sont complexes et sujettes à des changements rapides. Il est crucial de suivre de près les développements futurs et les décisions des banques centrales pour naviguer dans ce contexte économique volatile.