Alors que la sécheresse et les fortes chaleurs mettent à mal les cultures, le gouvernement assure qu'aucune flambée généralisée des prix n'est observée et que la grande distribution s'adapte. Selon Franceinfo - Santé, les données disponibles lui donnent en partie raison à ce stade, mais révèlent de fortes tensions sur certains produits.

Ce qu'il faut retenir

  • Les prix de l'alimentation n'ont augmenté que de 0,9% sur un an, selon une estimation provisoire de l'Insee pour juillet.
  • Les prix des produits frais ont progressé de 2,7% sur un an, avec des tensions beaucoup plus marquées sur certaines catégories.
  • Les "légumes frais à fruits" coûtaient 13,4% de plus qu'un an auparavant, tandis que les "légumes à feuilles ou à tiges" 3,7% de plus.

La situation des producteurs

Les effets de la canicule se font sentir du côté des producteurs, avec un "creux de production" pour certaines cultures sous serre et une situation "très difficile" en plein champ, même s'il est encore trop tôt pour chiffrer précisément les pertes. Interfel confirme à Franceinfo que les pertes de rendement pourraient encore peser sur les tarifs appliqués.

La situation est jugée particulièrement préoccupante pour les salades, avec des "ruptures", des difficultés d'accès à l'eau et des dégâts jugés "irréversibles" sur les plantations actuellement en place. La quasi-totalité des régions françaises est touchée.

La réaction de la grande distribution

La grande distribution va-t-elle vraiment "jouer le jeu", comme l'assure Annie Genevard, la ministre de l'Agriculture ? Contacté par Franceinfo, le ministère de l'Agriculture n'a pas précisé quelles enseignes s'étaient engagées à abaisser leurs critères de sélection. Mais la Fédération du commerce et de la distribution, qui regroupe la majorité des acteurs du secteur, a bien annoncé plusieurs mesures de soutien aux agriculteurs face à la sécheresse.

Parmi ces mesures, un assouplissement "des conditions d'agréage et d'acceptation des produits (calibres, aspects...)" et une priorisation de "l'origine France" lorsque c'est possible. En parallèle, la coopérative U ainsi que Carrefour ont également annoncé dans des communiqués distincts l'assouplissement de leurs cahiers des charges avec une "tolérance sur les calibres et le visuel" et "des prix d'achat également révisés pour soutenir économiquement les producteurs".

Et maintenant ?

La situation dépendra largement des conditions météorologiques des prochaines semaines. Les pertes de rendement pourraient encore peser sur les tarifs appliqués, et la grande distribution devra continuer à s'adapter pour soutenir les agriculteurs.

En conclusion, la situation des prix des fruits et légumes face à la sécheresse est complexe, avec des tensions sur certains produits mais pas de flambée généralisée des prix. La grande distribution a annoncé des mesures de soutien aux agriculteurs, mais il reste à voir comment la situation évoluera dans les prochaines semaines.