Selon FranceInfo - Sport, les défectuosités de la Fifa dépassent largement l'identité de son président, Gianni Infantino. En octobre 2024, l'ONG FairSquare a publié un rapport de 174 pages appelant à une réforme en profondeur de l'organisation. Nick McGeehan, directeur de l'ONG, affirme que « nous sommes très vite parvenus à la conclusion que cette organisation ne peut pas se réformer d'elle-même, que ses problèmes sont très profonds, très enracinés et que, d'une certaine manière, peu importe qui occupe le poste de dirigeant ».

Ce qu'il faut retenir

  • La Fifa est accusée de clientélisme et de contre-pouvoirs défaillants.
  • Les revenus de la Fifa ont doublé sous Gianni Infantino.
  • La perspective d'une troisième réélection du dirigeant suisse est menacée après le rejet massif de son projet de filiale commerciale.

Le contexte

La Fifa est engagée dans une course effrénée aux revenus, qui a guidé la création de la Coupe du monde des clubs dans son format à 32 équipes et l'expansion du Mondial à 48 nations, en attendant de passer à 64. Toutes ses parties prenantes – ses dirigeants et ceux des fédérations nationales – y trouvent leur compte, mais les éventuels lésés (joueurs, supporters, spectateurs, clubs, environnement) n'ont pas voix au chapitre.

Les conséquences

Les spécialistes de la gouvernance préconisent le recours systématique à l'audit, externe dans l'idéal. « Chaque centime dépensé devrait être contrôlé afin de s'assurer qu'il est dépensé à bon escient, comme le ferait une agence de développement », tranche Nick McGeehan. Pour Keith Look Loy, « le modèle de gouvernance de la Fifa repose entièrement sur le clientélisme » et les dirigeants de fédérations « soutiennent le président parce qu'ils en tirent des avantages ».

Et maintenant ?

La perspective d'une troisième réélection de Gianni Infantino est menacée, mais rien ne garantit qu'un nouveau visage au sommet de la Fifa apportera les changements nécessaires. Les spécialistes attendent avec intérêt les prochaines étapes, notamment l'élection présidentielle du 77e congrès, le 18 mars 2027 à Rabat au Maroc.

Les acteurs politiques commencent à s'intéresser au sujet, et l'Union européenne pourrait jouer un rôle clé dans la réforme de la Fifa. « Aucun pays ne peut contrôler la Fifa à lui seul, ni lui imposer des normes de gouvernance », balaie Arnout Geeraert. L'UE pourrait donc être le meilleur cadre d'action pour imposer des réformes à la Fifa.

Les propositions ne manquent pas, de la séparation de la gestion financière de l'organisation des compétitions à l'installation de « membres indépendants au sein du conseil d'administration » pour « améliorer la surveillance ». L'UEFA, la Concacaf et l'AFC ont déjà manifesté leur opposition à Gianni Infantino, et il reste à voir si leur action aboutira à des changements concrets.