Cette saison estivale, la Grèce a occupé une place centrale dans les colonnes people internationales, devenant la destination privilégiée d’une partie de la jet-set américaine. Madonna, Justin Bieber, Katy Perry ou encore Kate Hudson ont choisi les paysages des îles helléniques pour y célébrer leurs vacances, offrant au pays une visibilité médiatique sans précédent. Selon le Figaro, cette tendance s’inscrit dans une stratégie globale de promotion touristique, alors que le marché américain représente désormais l’un des plus lucratifs pour le tourisme grec.
Ce qu'il faut retenir
- La Grèce a accueilli cet été une vague de célébrités américaines, dont Madonna, Justin Bieber et Katy Perry, qui ont partagé leurs séjours sur les réseaux sociaux
- Les touristes américains ont dépensé en moyenne 1 120 euros en 2025, avec un total de 1,737 milliard d’euros de recettes générées par ce marché
- Le secteur touristique contribue à près de 30 % du PIB grec, selon l’Association des entreprises touristiques grecques (SETE)
- En 2025, 1,55 million de voyageurs américains se sont rendus en Grèce, soit 4 % des arrivées touristiques
- Le film « Odyssée », tourné dans le Péloponnèse, et la série « Emily in Paris » sur Netflix pourraient renforcer cette dynamique en 2026
Parmi les personnalités les plus en vue, Madonna a marqué les esprits en célébrant ses 68 ans sur l’île de Corfou. Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis n’a pas manqué de saluer publiquement la star sur les réseaux sociaux, tandis que celle-ci partageait des images de fêtes, de sorties en bateau et de paysages idylliques. « Je suis ravi que tu aies passé un excellent séjour en Grèce ! Reviens l’année prochaine ! », a-t-il écrit, illustrant l’impact médiatique de ces visites.
Justin Bieber et sa famille ont quant à eux profité de Porto Heli, dans le Péloponnèse, tandis que Katy Perry et l’ancien Premier ministre canadien Justin Trudeau ont séjourné à Mykonos, aux côtés de l’actrice Kate Hudson à Skiathos. Ces destinations, autrefois réservées à une élite, s’ouvrent désormais à une clientèle internationale plus large, avec des retombées économiques significatives. « Les célébrités votent pour l’été grec ! », constatait d’ailleurs la chaîne publique ERT, qui a consacré un reportage à ce phénomène.
Un tourisme d’influence qui dépasse les îles traditionnelles
Si Mykonos et Santorin restent des valeurs sûres pour la jet-set, cet été a révélé une diversification des lieux prisés. Corfou, Porto Heli, Spetses ou encore Skiathos ont attiré l’attention, témoignant d’une attractivité élargie de l’archipel grec. Le journal grec To Vima évoque une « nouvelle vague » contribuant à la visibilité internationale du pays, citant notamment l’actrice Rita Ora, dont les vacances à Mykonos ont été suivies par des millions d’abonnés.
Pour Paris Tsartas, professeur en développement touristique à l’université Harokopio d’Athènes, cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large de repositionnement de la Grèce. « Via les célébrités ou le cinéma, il existe une dynamique, un renforcement de l’image de la Grèce comme une destination privilégiée l’été », explique-t-il à l’AFP. Après une décennie de crise financière (2009-2018) et les conséquences de la pandémie de Covid-19, le pays mise en effet sur le tourisme pour relancer son économie. Le secteur représente aujourd’hui près de 30 % du PIB national, selon SETE.
Le cinéma américain, un levier de promotion inattendu
Le phénomène du « set-jetting », qui désigne le choix d’une destination après l’avoir découverte au cinéma ou à la télévision, joue un rôle clé dans cette attractivité. Selon une étude d’Expedia, 13 % des voyageurs américains interrogés ont déjà réservé un voyage après avoir vu une destination à l’écran. En Grèce, ce mécanisme a déjà fait ses preuves avec la comédie musicale « Mamma Mia », tournée sur l’île de Skopelos, qui avait généré un afflux touristique en provenance des États-Unis.
Cette année, c’est le film « Odyssée », de Christopher Nolan, qui pourrait reproduire cet effet. Tourné notamment dans le Péloponnèse, en Messénie, le long-métrage met en scène les aventures d’Ulysse et « contribue au regain d’intérêt mondial pour la civilisation de l’Antiquité grecque », selon Kyriakos Mitsotakis. EasyJet Holidays a d’ailleurs enregistré une hausse de 18 % des réservations vers la Grèce après la sortie internationale du film à la mi-juillet, avec un engouement particulier pour Corfou et Céphalonie, situées près d’Ithaque.
Le cinéma n’est pas le seul à mettre en lumière la Grèce. En février dernier, Brad Pitt a tourné sur l’île d’Hydra son prochain film, « The Riders », tandis que Netflix a choisi Mykonos, Paros et Santorin pour le tournage de la sixième saison de « Emily in Paris ». Ces choix artistiques renforcent l’image d’un pays à la fois moderne et ancré dans son histoire, capable de séduire des publics variés.
Un tourisme américain de plus en plus lucratif
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2025, 1,55 million de voyageurs américains ont foulé le sol grec, représentant 4 % des arrivées touristiques. Les recettes générées par ce marché ont atteint 1,737 milliard d’euros, en hausse de 9,7 % par rapport à l’année précédente. La dépense moyenne par touriste américain s’est établie à 1 120 euros, soit une augmentation de 9 % en un an. Ces touristes constituent ainsi la troisième source de revenus touristiques pour la Grèce, derrière les Allemands et les Britanniques.
Cette affluence a poussé les compagnies aériennes américaines à renforcer leurs liaisons avec la Grèce. En 2026, le pays bénéficie du plus grand nombre de vols directs avec les États-Unis de son histoire : 103 vols hebdomadaires relient Athènes à neuf destinations américaines, desservies par cinq compagnies, dont American Airlines. Cette dernière a d’ailleurs augmenté sa capacité totale de sièges de 30 % par rapport à l’été 2025, répondant à une demande en constante progression.
Les limites d’un modèle touristique à double tranchant
Malgré ces succès, des voix s’élèvent pour alerter sur les effets pervers d’un tourisme de masse. Des experts et l’opposition de gauche dénoncent la « monoculture » promue par le gouvernement conservateur grec, qui privilégie un modèle basé sur le surtourisme, l’inflation et la dégradation des conditions de vie locales. « La Grèce risque de devenir une destination aseptisée, où les prix explosent et où les habitants sont poussés vers la périphérie », met en garde un économiste cité par le quotidien Kathimerini.
Les autorités, conscientes de ces enjeux, tentent de diversifier l’offre. Des initiatives locales visent à promouvoir un tourisme plus respectueux de l’environnement et des traditions, notamment dans les îles moins fréquentées comme Folégandros ou les Sporades. Reste à savoir si ces efforts suffiront à contrebalancer l’attrait des destinations phares et à préserver l’authenticité des sites grecs.
Reste à voir si l’engouement pour la Grèce se maintiendra au-delà de l’effet « célébrités » et du marketing touristique. Pour l’heure, le pays semble bien parti pour confirmer son statut de destination star de l’été, entre plages ensoleillées, patrimoine historique et glamour hollywoodien.
Plusieurs facteurs expliquent cet engouement : la beauté des paysages, une fiscalité avantageuse pour les résidents étrangers, une image de luxe associée aux îles grecques, et une stratégie active de promotion du pays auprès des influenceurs et des médias internationaux. La Grèce mise également sur le « set-jetting », en profitant des tournages de films et séries pour attirer des visiteurs.