Selon Ouest France, les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent la première cause de morbidité liée au travail et de maladies professionnelles indemnisées en France, avec 88 % des cas. Une pathologie qui touche également près de 1,7 milliard de personnes dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ce qu'il faut retenir

  • 30 % des arrêts de travail en France sont causés par un trouble musculo-squelettique, selon Ouest France.
  • Ces troubles concernent les muscles, tendons, nerfs et articulations, et peuvent toucher toutes les parties du corps, du dos aux poignets en passant par les épaules ou les genoux.
  • Les secteurs les plus exposés incluent le BTP, le transport, la logistique, le commerce, l’agroalimentaire, la propreté et l’aide à la personne.
  • Le travail de bureau n’est pas épargné : la sédentarité et un poste mal configuré favorisent les tensions cervicales.
  • L’Assurance-maladie et les entreprises multiplient les campagnes de prévention, mais ces pathologies restent souvent mal identifiées.

Une pathologie aux multiples visages

Les troubles musculo-squelettiques désignent un ensemble d’affections touchant l’appareil locomoteur : muscles, tendons, nerfs ou articulations. Parmi les symptômes les plus fréquents figure la lombalgie, plus communément appelée mal de dos. Mais ces troubles ne se limitent pas à cette localisation. Ils peuvent aussi toucher les poignets, avec le syndrome du canal carpien, les épaules, les coudes ou encore les genoux. Autant dire que cette pathologie impacte des milliers de travailleurs chaque année, quel que soit leur secteur d’activité.

D’après Ouest France, les secteurs les plus exposés sont ceux où les postures contraignantes, les manutentions répétées ou les longues heures assises en tension sont fréquentes. Le bâtiment et les travaux publics (BTP), le transport et la logistique, le commerce, l’agroalimentaire ou encore l’aide et les soins à la personne figurent en tête de liste. « Ces métiers cumulent des risques élevés en raison de la nature même des tâches effectuées », explique un expert cité par le quotidien.

Le bureau, un terrain propice aux TMS

Contrairement aux idées reçues, le travail de bureau n’est pas épargné par les troubles musculo-squelettiques. La sédentarité, les mauvaises postures devant un écran ou un poste de travail mal adapté sont autant de facteurs qui favorisent l’apparition de tensions, notamment au niveau des cervicales. Avec l’essor du télétravail, ces risques se sont même accentués, certains salariés ne disposant pas d’un équipement ergonomique à domicile. « Les longues heures passées assis, sans pause ni étirements, aggravent les problèmes de dos et de nuque », précise un kinésithérapeute interrogé par Ouest France.

Face à cette situation, l’Assurance-maladie et de nombreuses entreprises mènent régulièrement des campagnes de prévention. L’objectif ? Sensibiliser les salariés aux bonnes pratiques et adapter les postes de travail. Pourtant, malgré ces efforts, les TMS restent souvent mal identifiés, retardant parfois leur prise en charge. « Beaucoup de travailleurs minimisent leurs symptômes ou ne les associent pas à leur activité professionnelle », souligne un responsable de la Carsat (Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail).

Un phénomène mondial en progression

Selon l’OMS, environ 1,7 milliard de personnes dans le monde souffrent de troubles musculo-squelettiques. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter, en partie à cause de l’évolution des modes de travail et de l’allongement de la durée de la vie professionnelle. En France, ces troubles représentent 30 % des arrêts de travail, une proportion qui en fait la première cause d’indemnisation pour maladie professionnelle. Leur impact économique est donc considérable, tant pour les entreprises que pour la sécurité sociale.

Parmi les facteurs aggravants, on retrouve les mouvements répétitifs, les vibrations mécaniques, les charges lourdes ou encore les postures statiques prolongées. « Ces contraintes, lorsqu’elles sont combinées, augmentent significativement le risque de développer un TMS », rappelle un médecin du travail. Face à cette réalité, la prévention reste le meilleur outil pour limiter l’impact de ces pathologies.

Un quiz pour tester ses connaissances

Pour aider les travailleurs et les employeurs à mieux comprendre les troubles musculo-squelettiques, Ouest France propose un quiz composé de dix questions. L’objectif ? Casser les idées reçues et permettre à chacun d’évaluer ses connaissances sur ce sujet. Ce quiz aborde des thèmes variés : identification des symptômes, facteurs de risque, bonnes pratiques en entreprise ou encore gestes à adopter au quotidien pour préserver sa santé.

« Ce type d’outil est essentiel pour sensibiliser un public large et encourager une prise de conscience collective », explique un responsable de l’Assurance-maladie. Car, si les campagnes de prévention existent, leur efficacité dépend en grande partie de l’engagement de chacun. Les entreprises, comme les salariés, ont un rôle à jouer dans la lutte contre les TMS. Adapter son poste de travail, faire des pauses régulières ou pratiquer des exercices d’étirement sont autant de gestes simples qui peuvent faire la différence.

Et maintenant ?

Les prochaines années devraient voir une intensification des campagnes de prévention, notamment avec l’intégration de modules de formation obligatoires dans certaines entreprises. D’ici 2027, l’Assurance-maladie prévoit de renforcer ses actions ciblées sur les secteurs les plus exposés. Par ailleurs, des études sont en cours pour mieux comprendre l’impact du télétravail sur l’apparition des TMS, un phénomène dont les effets ne sont pas encore totalement évalués.

Pour les travailleurs concernés, une prise en charge précoce reste déterminante. Les symptômes doivent être signalés rapidement à un médecin du travail ou à son médecin traitant afin d’éviter une aggravation. En attendant, les quiz et les campagnes de sensibilisation continueront de jouer un rôle clé dans la lutte contre ces troubles qui, chaque année, touchent des milliers de personnes.

Les premiers signes incluent des douleurs localisées (dos, poignets, épaules), une raideur articulaire, des picotements ou une perte de force. Ces symptômes peuvent apparaître progressivement et s’aggraver en cas de répétition des mouvements ou de maintien prolongé d’une posture.

Il est conseillé d’ajuster la hauteur de son siège, de placer l’écran à hauteur des yeux et de garder les poignets droits lors de l’utilisation du clavier. Des pauses régulières, des étirements et l’utilisation d’un support lombaire sont également recommandés.