Imaginez un peu : un trou noir plus massif que notre cher Soleil en mode fusée à 1 % de la vitesse de la lumière. De quoi donner des frissons, non ?

Les fugitifs de l'espace

On avait déjà plaisanté sur les conséquences d'une collision entre un mini trou noir et notre petite personne. Une théorie bien sûr, car la plupart de ces monstres célestes restent sagement immobiles. Mais il existe une minorité rebelle, les fameux trous noirs 'fugitifs', sans galaxie attitrée, fonçant à des vitesses vertigineuses, parfois dépassant les 10 millions de km/h. Une découverte datant de 2023, grâce au fidèle télescope Hubble, même si l'origine de ce comportement hors norme remonte aux années 1980 avec les travaux de l'astronome Jack Hills.

Le coup de recul cosmique

Quand deux trous noirs fusionnent, c'est souvent pour donner naissance à un gros bébé qui prend ses aises au centre de sa galaxie. Mais parfois, dans des cas rares, si leurs rotations ne sont pas alignées, c'est le coup de recul assuré, tel un fusil mal ajusté.

La raison ? Lors de la collision, les ondes gravitationnelles ne se dispersent pas de manière égale. Si les deux trous noirs tournent de façon chaotique, ils libèrent bien plus d'énergie d'un côté que de l'autre. Une affaire de conservation du mouvement : comme quand on saute d'une barque pour atterrir sur le quai, la barque recule. Un phénomène colossal se produit alors, catapultant le trou noir à 3 000 km/s, assez pour le libérer de l'emprise de sa galaxie.

La balade stellaire

A cette vitesse folle, le trou noir comprime violemment les nuages d'hydrogène sur son passage, donnant naissance à des milliers d'étoiles. C'est ainsi qu'on repère le passage de ces fugitifs cosmiques : à la traînée lumineuse qu'ils laissent derrière eux.

James Webb et la photo cosmique

En 2025, James Webb immortalise une strie lumineuse de 200 000 années-lumière, une cicatrice gigantesque dans l'espace. D'après Pieter van Dokkum, astronome à Yale, une telle trace ne peut être que le passage d'un trou noir supermassif, probablement de 10 millions de masses solaires, voguant à 1 000 km/s.

Un trou noir dans le quartier ?

Et si un trou noir venait à croiser notre bon vieux Système solaire ? Mathématiquement, les probabilités sont minces, les modèles dynamiques montrant que ces errants galactiques évitent soigneusement les étoiles et leurs planètes. Et même s'ils venaient à pointer le bout de leur nez, la trajectoire parfaite vers notre orbite serait un sacré coup de chance. Autant dire que même dans des milliards d'années, après la disparition de notre planète, les chances restent proches de zéro. Heureusement, car un tel invité ne laisserait aucune chance à notre cher système solaire ; on peut dormir tranquille.

- Pour être le premier au courant des actualités cosmiques, rejoignez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a même une newsletter matinale pour vous.