Quand les djihadistes prennent le ciel

Imaginez. Des drones artisanaux, fabriqués dans des ateliers clandestins, qui survolent les vastes étendues du Sahel. Leur mission ? Repérer les mouvements de troupes, guider les frappes, semer la terreur. Autant dire que le jeu a changé. Selon nos confrères de Courrier International, cette technologie est en train de révolutionner les conflits dans la région.

Des avantages décisifs

Pourquoi les groupes armés s'équipent-ils ainsi ? La réponse est simple : les drones offrent un rapport coût-efficacité imbattable. Pour quelques milliers d'euros, ils peuvent surveiller des zones immenses, jour et nuit. Résultat des courses : les armées régulières, malgré leur puissance de feu, peinent à contrer cette menace.

Prenons l'exemple du Mali. En 2024, des drones artisanaux ont été utilisés pour la première fois contre des positions françaises. Depuis, leur utilisation s'est généralisée. Le truc, c'est qu'on ne sait même plus qui les fabrique. Des ateliers clandestins ? Des réseaux internationaux ? Difficile à dire avec certitude.

Une escalade technologique inquiétante

Le moins qu'on puisse dire, c'est que la situation est préoccupante. Les drones ne servent plus seulement à la reconnaissance. Ils sont maintenant armés, capables de frapper avec une précision redoutable. Et puis, il y a le côté psychologique : la peur de l'invisible. On ne sait jamais quand ni où ils vont frapper.

Côté Nigeria, la situation n'est pas meilleure. Dans le nord du pays, Boko Haram et ses factions utilisent des drones pour attaquer les villages, les postes militaires, les convois humanitaires. Le bilan est lourd : des centaines de morts, des milliers de déplacés. Et cette technologie se répand comme une traînée de poudre.

Le pire ? Ces groupes ne sont pas les seuls à s'équiper. Les milices locales, les trafiquants, tout le monde y vient. Autant dire que la région devient un véritable champ de tir aérien.

Que faire face à cette menace ?

La question se pose. Comment contrer cette prolifération ? Les armées occidentales ont bien tenté de développer des contre-mesures, mais c'est compliqué. Les drones artisanaux sont petits, discrets, et leurs signaux sont difficiles à détecter.

Certains experts prônent une approche globale : lutte contre le financement, coopération régionale, partage d'informations. Mais on sait bien que c'est plus facile à dire qu'à faire. Les intérêts divergent, les rivalités persistent.

En attendant, les populations paient le prix fort. Elles sont prises entre deux feux : les drones des djihadistes d'un côté, les frappes des armées régulières de l'autre. Et au milieu, des civils qui n'ont qu'une envie : vivre en paix.

Et demain ?

Difficile de prédire l'évolution de cette guerre des drones. Une chose est sûre : elle est là pour durer. Et si rien n'est fait, elle pourrait bien s'étendre à d'autres régions du monde. L'Afrique de l'Ouest n'est peut-être qu'un début.

Alors, on pourrait se demander si les États ne devraient pas réguler plus strictement la vente de ces technologies. Mais c'est un débat complexe, qui oppose sécurité et liberté. Et vous, qu'en pensez-vous ?

D'après nos informations, ces drones sont souvent assemblés à partir de pièces détachées disponibles sur le marché. Moteurs, batteries, caméras... Tout peut être acheté en ligne ou sur les marchés locaux. Certains groupes disposent même de leurs propres ateliers de fabrication.

Les armées utilisent des systèmes de détection électromagnétique, des brouilleurs, et des drones de combat pour neutraliser les appareils ennemis. Cependant, ces technologies ont leurs limites, notamment face à des drones artisanaux difficiles à repérer.

Les impacts sont énormes. Les populations civiles sont les premières victimes, prises entre les frappes des drones djihadistes et les opérations militaires. Déplacements massifs, destructions, traumatismes psychologiques... La liste est longue.