L’Espagne enregistre une baisse historique de son chômage en juin 2026. Selon Euronews FR, le pays compte désormais 2 291 982 demandeurs d’emploi, un chiffre en recul de 28 739 personnes par rapport à mai. Cette performance marque un retour sous la barre des 2,3 millions de chômeurs pour la première fois depuis janvier 2008, avant la crise financière mondiale.

Ce qu'il faut retenir

  • Le chômage en Espagne atteint 2 291 982 personnes en juin 2026, un niveau inédit depuis janvier 2008.
  • Le nombre d’affiliés à la Sécurité sociale atteint un record historique à 22,47 millions.
  • Le chômage des jeunes recule à 159 800 personnes, un niveau historiquement bas pour cette tranche d’âge.
  • Le chômage féminin passe sous la barre de 1,4 million pour la première fois depuis août 2008.
  • Les secteurs du commerce et de l’hôtellerie-restauration enregistrent les plus fortes hausses d’affiliation.

Cette amélioration s’inscrit dans une tendance de fond observée depuis plusieurs mois. Les données, publiées ce jeudi par le ministère du Travail espagnol, confirment une dynamique positive, portée en partie par la saison touristique. Cependant, cette baisse n’est pas uniforme selon les secteurs. Les services concentrent l’essentiel de l’ajustement, avec une diminution de 28 498 chômeurs, tandis que l’industrie et la construction enregistrent des reculs plus modestes, respectivement de 2 829 et 1 326 personnes.

L’agriculture, quant à elle, ne recule que de 384 chômeurs. Un bémol persiste cependant : le nombre de personnes sans emploi antérieur a augmenté de 4 298. Ce chiffre révèle une difficulté croissante pour les primo-demandeurs et les personnes en reconversion, qui peinent à s’insérer sur le marché du travail.

Côté démographie, le chômage des jeunes continue de reculer. En juin, le nombre de jeunes sans emploi a diminué de 5 155 personnes par rapport à mai et de 6 907 sur un an, atteignant un total de 159 800. La baisse est plus marquée chez les jeunes femmes, avec 4 090 chômeuses de moins sur un an, contre 2 817 hommes. Les femmes jouent d’ailleurs un rôle central dans cette amélioration globale du marché du travail.

Le chômage féminin est passé sous la barre de 1,4 million pour la première fois depuis août 2008, avec un total de 1,39 million de femmes sans emploi. Sur un an, la baisse atteint 72 000 femmes, contre 41 000 hommes. Le chômage masculin, lui, s’élève à 903 673 personnes en juin. La ministre du Travail, Yolanda Díaz, a salué cette progression, tout en soulignant l’impact des régularisations en cours.

« Le processus de régularisation des travailleurs a permis de « faire apparaître » des emplois qui existaient auparavant sans reconnaissance légale

et qui contribuent désormais aux chiffres d’affiliation ainsi qu’à la reconnaissance des droits du travail. »

Yolanda Díaz, deuxième vice-présidente du gouvernement et ministre du Travail

Les femmes représentent d’ailleurs un moteur clé de cette dynamique. Leur nombre d’affiliées à la Sécurité sociale a augmenté de près de 300 000 sur un an, pour atteindre 10,6 millions, un niveau jamais enregistré en Espagne. Les étrangers au chômage bénéficient également de cette tendance, avec un recul de 10 068 personnes sur un an, soit 342 086 personnes en juin.

Côté emploi, l’affiliation à la Sécurité sociale a battu un nouveau record. En juin, l’Espagne a enregistré en moyenne 128 533 affiliés de plus qu’en mai, portant le total à 22,47 millions. En neutralisant l’effet du calendrier, le chiffre désaisonnalisé atteint également un record, dépassant les 22,2 millions. Sur les douze derniers mois, le système a gagné 600 595 cotisants et perdu 113 981 chômeurs.

Les secteurs les plus dynamiques en juin sont le commerce, avec 39 325 nouvelles affiliations, suivi de l’hôtellerie-restauration (37 696) et des activités administratives et services auxiliaires (29 316). Sur un an, d’autres secteurs tirent la croissance : la santé et les services sociaux (+ 78 373 affiliés) et le bâtiment (+ 66 280).

Les travailleurs indépendants restent également en hausse, avec 3,47 millions de cotisants, en progression de 12 000 sur le mois et de 50 800 sur l’année. L’affiliation des étrangers atteint 3,45 millions, dont plus d’un demi-million d’indépendants. Leur nombre a augmenté de 86 630 en juin et de 350 163 sur un an, représentant désormais plus de 15 % de l’ensemble des affiliés. La ministre de la Sécurité sociale, Elma Saiz, a précisé que l’Espagne a contribué à hauteur de 54,5 % à tous les emplois créés dans l’Union européenne sur cette période.

Et maintenant ?

La question reste entière quant à la pérennité de cette amélioration. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer si cette baisse du chômage se confirme, notamment dans un contexte économique encore marqué par les incertitudes géopolitiques et les tensions sur les prix de l’énergie. La saison touristique, qui a joué un rôle clé en juin, pourrait ne pas suffire à maintenir cette dynamique à moyen terme. Les autorités espagnoles devront également surveiller les segments les plus fragiles, comme les primo-demandeurs et les travailleurs précaires, pour éviter une fracture persistante sur le marché du travail.

Cette performance place l’Espagne comme un acteur majeur en Europe. Si la tendance se poursuit, le pays pourrait bientôt afficher un taux de chômage sous les 10 %, un seuil qu’il n’a plus franchi depuis près de vingt ans. Reste à savoir si cette embellie reflète une véritable transformation structurelle ou une conjoncture temporaire liée à des facteurs saisonniers.

L’augmentation de 4 298 personnes sans emploi antérieur en juin s’explique en partie par la difficulté des jeunes et des personnes en reconversion à s’insérer sur un marché du travail de plus en plus exigeant. Les secteurs en croissance, comme le tourisme ou les services, recrutent souvent des profils expérimentés, laissant de côté les candidats sans expérience préalable. Cette situation révèle un déséquilibre persistant entre l’offre et la demande de compétences, malgré la baisse globale du chômage.