Selon Euronews FR, l'espérance de vie a fortement augmenté au cours du dernier siècle pour atteindre 73,8 ans, grâce à la nette baisse des maladies infectieuses, de la mortalité maternelle et infantile, et aux progrès dans la prévention et le traitement des maladies chroniques.

Cependant, ces années gagnées ne se passent pas forcément en bonne santé. Une nouvelle étude publiée dans The Lancet Public Health révèle que les populations ont passé en moyenne 14,5 % de leur vie en mauvaise santé en 2023, les chercheurs constatant que la hausse de l'espérance de vie s'accompagne de plus en plus de maladies non mortelles et de handicaps.

Ce qu'il faut retenir

  • L'espérance de vie a augmenté de manière significative au cours du dernier siècle, atteignant 73,8 ans.
  • Les années supplémentaires gagnées sont de plus en plus passées en mauvaise santé, avec une moyenne de 14,5 % de la vie passée en mauvaise santé en 2023.
  • Les affections non mortelles représentent 57,4 % de l'écart de morbidité à l'échelle mondiale.

Les facteurs de risque

Les auteurs ont constaté que les affections non mortelles, telles que les troubles musculosquelettiques, les troubles mentaux et les maladies des organes sensoriels, représentent 57,4 % de l'écart de morbidité à l'échelle mondiale. Les facteurs de risque incluent un indice de masse corporelle élevé, la malnutrition chez l'enfant et la mère, le tabagisme, une glycémie à jeun élevée et la pollution de l'air.

La consommation de drogues et l'usage nocif d'alcool ne figuraient parmi les dix principaux facteurs de risque contribuant à l'écart de morbidité que dans la super-région à revenu élevé, tandis que les rapports sexuels non protégés n'apparaissaient comme facteur majeur qu'en Afrique subsaharienne.

Les conséquences

Selon les auteurs, ces résultats interrogent la pérennité des systèmes d'aide sociale et la répartition des ressources entre prévention, traitement et innovation. Alors que la proportion de la vie passée en mauvaise santé augmente régulièrement depuis 1990, il devient urgent de se concentrer sur le vieillissement en bonne santé, défini par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme le processus consistant à développer et maintenir les capacités fonctionnelles qui permettent le bien-être à un âge avancé.

Christopher Murray, auteur principal de l'étude et directeur de l'Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) à la faculté de médecine de l'université de Washington, déclare : « Nos résultats suggèrent que les futurs progrès en matière de santé des populations viendront non seulement du fait d'aider les gens à vivre plus longtemps, mais aussi de les aider à vivre en meilleure santé ».

Et maintenant ?

Les auteurs plaident pour des investissements durables dans la prévention, la rééducation, les services de santé mentale et les soins chroniques, ainsi que pour un meilleur accès aux technologies d'assistance et à des modèles intégrés de prise en charge de longue durée. Les progrès en matière de vieillissement en bonne santé devraient être mesurés non seulement par la durée de vie, mais par la durée de vie en bonne santé.

En conclusion, l'augmentation de l'espérance de vie est un progrès significatif, mais il est essentiel de se concentrer sur la qualité de ces années supplémentaires pour assurer un vieillissement en bonne santé. Les systèmes de santé doivent déplacer leur priorité pour améliorer la qualité de vie des personnes âgées et réduire le nombre d'années vécues en mauvaise santé.