Comme le rapporte Le Monde, l'ex-président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a récemment déclaré devant le Parlement européen : « Quand vous me demandez ce qu'il faut faire en priorité, je n'en ai aucune idée, mais faites quelque chose ». Cette déclaration intervient quelques mois après la publication de son rapport sur la compétitivité, dont seulement 14 % des propositions ont été mises en œuvre aujourd'hui.
Ces propos trouvent un écho particulier dans les outre-mer, où 2,8 millions de nos concitoyens attendent que l'on prenne des mesures concrètes. En janvier 2025, un rapport sur les outre-mer – hors Nouvelle-Calédonie – a été remis au président de la République, à sa demande. La lettre de mission était claire : proposer des pistes pour clarifier le partage des compétences entre les collectivités d'outre-mer et l'État, simplifier et adapter les normes, faire évoluer les institutions et développer l'économie et l'insertion régionale.
Ce qu'il faut retenir
- 2,8 millions de concitoyens d'outre-mer attendent des actions concrètes de l'État.
- Un rapport sur les outre-mer a été remis au président de la République en janvier 2025.
- Le rapport propose 71 pistes pour améliorer la situation dans les outre-mer.
- Les outre-mer cumulent pauvreté, chômage endémique et dysfonctionnements quotidiens des services essentiels.
- L'État est tenu pour responsable de ces crises, qui nourrissent les revendications d'autonomie.
La situation actuelle
D'après Le Monde, en dépit d'importants efforts de la nation, les outre-mer stagnent. Ils cumulent pauvreté, chômage endémique et dysfonctionnements quotidiens des services essentiels. L'État est tenu pour responsable de ces crises, qui nourrissent les revendications d'autonomie, lesquelles se heurtent à l'obstacle de la dépendance à l'égard des transferts financiers de l'État français et de l'Europe.
Notre conviction est que la fracture grandissante entre les outre-mer et l'Hexagone provient avant tout d'inégalités sociales et de déséquilibres économiques structurels, qu'il est urgent de traiter à la source au lieu de tenter d'en atténuer les symptômes en pure perte.
Les propositions
Au terme de déplacements dans cinq territoires et de plus de 130 auditions, 71 propositions ont été formulées. Avant de signer des chèques ou d'accorder une illusoire autonomie à des territoires dans l'incapacité pratique de l'exercer, l'État doit mettre fin à l'économie de comptoir qui caractérise les outre-mer.
Pour caricaturer, on exporte des bananes et du sucre lourdement subventionnés, au détriment de productions agricoles vivrières, et on importe tout le reste. Les questions de compétences et de statuts des collectivités ultramarines ne sont donc pas une fin en soi, sauf pour les territoires qui revendiquent l'indépendance.
En conclusion, l'État doit prendre des mesures concrètes pour améliorer la situation dans les outre-mer. La mise en œuvre des propositions du rapport sur les outre-mer est cruciale pour répondre aux attentes des concitoyens et pour réduire les inégalités sociales et les déséquilibres économiques structurels qui caractérisent ces territoires.
