Selon Le Monde, l'Etat et les acteurs du secteur des transports ont signé, lundi 30 mars 2026, une charte commune prévoyant des mesures pour renforcer la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Cette charte, qui rassemble pour la première fois l'Etat, les collectivités, les opérateurs et le monde associatif, vise à harmoniser des actions jusqu'ici « conduites de façon parfois hétérogène », selon le ministère des transports.

Partout en France, les femmes qui prennent les transports en commun « anticipent, contournent, s'adaptent », a décrit Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, à l'occasion de la signature, organisée à la gare du Nord, à Paris. « Notre responsabilité collective est claire : faire des transports (…) un espace où les femmes peuvent circuler librement, pleinement, sans peur. »

Ce qu'il faut retenir

  • La charte commune vise à renforcer la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans les transports en commun.
  • Les mesures prévues incluent le renforcement de l'éclairage, la généralisation des arrêts à la demande et le déploiement de dispositifs de signalement.
  • En 2024, 3 374 victimes de violences sexuelles dans les transports en commun ont été enregistrées en France, soit 6 % de plus qu'en 2023.

Les mesures prévues

La charte prévoit d'abord de mieux qualifier et quantifier les violences afin d'en mesurer l'ampleur et d'identifier les zones d'insécurité grâce à des marches exploratoires. Elle entend aussi développer des solutions opérationnelles, parmi lesquelles la descente à la demande, le renforcement des dispositifs de signalement – notamment le numéro 31-17, dévolu aux agressions ou situations de harcèlement sur le réseau francilien – ou encore le déploiement d'équipes de médiation et de sûreté.

Enfin, elle ambitionne de renforcer la formation et la sensibilisation des personnels. Avant la signature, Aurore Bergé et le ministre des transports, Philippe Tabarot, accompagnés du ministre délégué à l'intérieur, Jean-Didier Berger, ont rencontré les agents du Centre national de sûreté ferroviaire, aux côtés de Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France.

Les chiffres

Les femmes restent les principales cibles. Elles représentent 91 % des victimes, selon l'enquête du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) citée par l'observatoire. En 2024, 3 374 victimes de violences sexuelles dans les transports en commun ont été enregistrées en France par les services de police et de gendarmerie nationales, soit 6 % de plus qu'en 2023, et 86 % de plus qu'en 2016, selon une étude de l'Observatoire de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof).

Et maintenant ?

La mise en œuvre de cette charte devrait permettre de réduire les violences sexistes et sexuelles dans les transports en commun. Cependant, il reste à voir comment les mesures prévues seront mises en pratique et si elles seront efficaces. Les prochaines échéances seront importantes pour évaluer la réussite de cette initiative.

La lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans les transports en commun est un défi important pour la société française. Il est essentiel que les autorités et les acteurs du secteur des transports travaillent ensemble pour créer un environnement sûr et respectueux pour toutes les personnes qui utilisent les transports en commun.