Le groupe d'informatique français Atos a finalisé la vente de ses activités stratégiques à l'État, valorisées à 404 millions d'euros, selon BFM Business. Cette opération permet à la France de renforcer sa souveraineté technologique dans le domaine du calcul de haute performance et du calcul quantique.
La nouvelle entité, rebaptisée Bull, regroupe les activités de calcul de haute performance et le calcul quantique ainsi que des supercalculateurs utilisés pour la dissuasion nucléaire. Cette acquisition est considérée comme une étape décisive pour la souveraineté technologique de la France, comme le souligne Bercy.
Ce qu'il faut retenir
- L'État français a racheté les activités stratégiques d'Atos pour 404 millions d'euros.
- La nouvelle entité, Bull, regroupe les activités de calcul de haute performance et le calcul quantique.
- Bull est l'une des rares entreprises au monde à savoir faire des supercalculateurs exaflopiques.
Les supercalculateurs exaflopiques
Les supercalculateurs exaflopiques sont des machines capables de réaliser un milliard de milliards d'opérations par seconde, soit 1.000.000.000.000.000.000 (10¹⁸) d'opérations, comme l'a expliqué Emmanuel Le Roux, directeur général de Bull. Cela représente plus d'opérations que ce que toute l'humanité pourrait accomplir en quatre ans de calculs mentaux incessants.
Il y a actuellement trois supercalculateurs exaflopiques aux États-Unis et bientôt deux en Europe, dont le premier supercalculateur exaflopique européen, baptisé Jupiter, livré l'année dernière en Allemagne. Bull construit actuellement le prochain supercalculateur en France, au sein du Très Grand Centre de calcul (TGCC) du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), à Bruyères-le-Châtel (Essonne).
Les objectifs de Bull
Bull revendique les calculateurs les plus efficaces en énergie et a réalisé un chiffre d'affaires de 720 millions d'euros en 2025, en croissance de 16% par rapport à l'année précédente. La capacité de production de sa principale usine, située à Angers, va doubler. D'ici cinq ans, la société entend livrer le premier calculateur quantique hybride.
Le prochain supercalculateur, baptisé Alice Recoque, sera livré en deux étapes, fin 2026 et fin 2027, pour un coût de 554 millions d’euros, essentiellement financé par des fonds publics. Il sera destiné à la recherche et offrira des capacités de calcul inégalées dans l'Hexagone pour le développement de l'intelligence artificielle.
Les enjeux de la souveraineté technologique
La souveraineté technologique est un enjeu majeur pour la France, qui cherche à renforcer son indépendance dans le domaine du calcul de haute performance et du calcul quantique. L'acquisition de Bull par l'État français est une étape importante dans ce processus, comme le souligne Emmanuel Le Roux, qui estime que l'objectif est d'arriver à plus de 80% de composants européens dans les prochaines années.
En conclusion, l'acquisition de Bull par l'État français est une étape importante pour renforcer la souveraineté technologique de la France. Les enjeux sont considérables, et les prochaines étapes seront cruciales pour déterminer l'avenir de la recherche et du développement en France.
