Selon Futura Sciences, le rapport European State of the Climate 2025, publié ce 29 avril, confirme une année 2025 exceptionnellement chaude et marquée par des extrêmes climatiques inédits en Europe. Les données, compilées par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM), révèlent des records de températures, une multiplication des vagues de chaleur et une accélération de la fonte des glaces.

Ce qu'il faut retenir

  • 95 % de l’Europe a connu des températures annuelles supérieures à la moyenne en 2025, selon Florian Pappenberger, directeur général du CEPMMT.
  • La Fennoscandie a enregistré trois semaines consécutives à plus de 30 °C en juillet 2025, avec un pic à 34,9 °C en Norvège.
  • 1 034 000 hectares de forêts européennes ont brûlé en 2025, soit une superficie supérieure à celle de Chypre.
  • La couverture neigeuse en Europe était inférieure de 31 % à la moyenne en mars 2025, équivalent à la superficie cumulée de la France, de l’Italie, de l’Allemagne, de la Suisse et de l’Autriche.
  • 86 % des zones océaniques européennes ont subi des vagues de chaleur marine « fortes » en 2025, un record.
  • En France, les deux vagues de chaleur de l’été 2025 ont causé 760 décès en excès.

Une année 2025 hors norme pour le climat européen

Les météorologues et climatologues s’alarment : l’Europe entre dans une ère où les records de chaleur deviennent la norme. Le rapport European State of the Climate 2025, publié ce 29 avril, dresse un bilan sans appel. Selon Florian Pappenberger, directeur général du CEPMMT, « au moins 95 % de la région européenne a connu des températures annuelles supérieures à la moyenne en 2025 ». Une tendance qui s’inscrit dans un réchauffement deux fois plus rapide que la moyenne mondiale depuis les années 1980, en raison de modifications de la circulation atmosphérique et d’une réduction de la couverture neigeuse.

Les conséquences se mesurent en chiffres : 1 034 000 hectares de forêts parties en fumée, soit une superficie supérieure à celle de Chypre, et une couverture neigeuse en mars inférieure de 31 % à la moyenne, équivalent à la superficie cumulée de cinq pays européens. Les glaciers, eux, ont perdu 139 milliards de tonnes de glace au Groenland, soit 1,5 fois le volume total des glaciers des Alpes.

Des vagues de chaleur historiques et des écosystèmes sous pression

L’exemple le plus frappant reste la vague de chaleur qui a frappé la Fennoscandie en juillet 2025. Pendant trois semaines, les températures ont dépassé les 30 °C à l’intérieur du cercle polaire arctique, avec un pic à 34,9 °C enregistré à Frosta, en Norvège. Une moyenne plus de 10 °C au-dessus des normales saisonnières, un phénomène sans précédent.

Ces conditions extrêmes se sont combinées à un déficit pluviométrique marqué. Résultat : 70 % des cours d’eau européens affichaient des débits inférieurs à la moyenne, et les sols étaient aussi secs qu’en 1992. Plus de la moitié de l’Europe était en sécheresse dès le mois de mai. La biodiversité en paie le prix fort : les herbiers de posidonies, essentiels en Méditerranée, ont reculé de 34 % en cinquante ans, mettant en péril des écosystèmes déjà fragilisés.

Des océans en surchauffe et des impacts socio-économiques majeurs

Les océans européens n’ont pas été épargnés. En 2025, 86 % des zones océaniques ont subi des vagues de chaleur marine « fortes », et 36 % des conditions « sévères » ou « extrêmes » – un record. La température annuelle de surface des mers autour de l’Europe a atteint des niveaux inédits, prolongant une série de quatre années consécutives de chaleur record.

Ces bouleversements ont des répercussions directes sur les populations et les économies. En France, les deux vagues de chaleur de l’été 2025 ont provoqué 760 décès en excès. À l’échelle européenne, les sécheresses de l’année dernière auraient engendré des pertes immédiates estimées à 43 milliards d’euros. Le niveau de la mer, en hausse, expose désormais 6 millions de personnes supplémentaires aux inondations côtières chaque centimètre gagné.

« L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement, et les conséquences sont déjà graves. »
Florian Pappenberger, directeur général du CEPMMT

Un appel à l’action face à l’urgence climatique

Les auteurs du rapport soulignent l’interdépendance entre climat, biodiversité et économie. La posidonie, par exemple, joue un rôle clé comme puits de carbone et nurserie pour les poissons. Sa régression de 34 % en cinquante ans illustre la pression croissante sur les écosystèmes méditerranéens. Pourtant, des mesures de protection ont permis des améliorations locales en termes de richesse en espèces et de zones de nurserie.

Face à ces constats, les scientifiques rappellent que la biodiversité est un pilier essentiel à la survie humaine. Sans elle, les systèmes alimentaires, sanitaires et économiques sont menacés. Le rapport insiste : les solutions existent, mais leur mise en œuvre doit être rapide et à grande échelle pour inverser la tendance.

Et maintenant ?

Les projections pour l’été 2026 s’annoncent tout aussi préoccupantes, avec une saison estivale qui pourrait battre de nouveaux records de chaleur. Les météorologues surveillent de près l’évolution du phénomène El Niño dans le Pacifique, dont les effets pourraient amplifier les tendances observées en 2025. La prochaine publication du rapport European State of the Climate est attendue pour avril 2027 et devrait permettre d’évaluer l’efficacité des mesures d’adaptation mises en place par les États membres.

Les décideurs politiques et économiques sont donc confrontés à un défi majeur : concilier développement et réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les prochains sommets internationaux sur le climat, notamment la COP32 prévue en 2027, pourraient jouer un rôle clé dans la définition des nouvelles stratégies à adopter.

Cette accélération s’explique par des modifications de la circulation atmosphérique, une diminution de la pollution atmosphérique grâce aux réglementations plus strictes, et une réduction de l’albédo – la quantité de rayonnement solaire renvoyé vers l’espace – en raison de la fonte des neiges et des glaces. Ces facteurs amplifient l’impact du réchauffement climatique sur le continent.