« Personne ne devrait mourir d'une maladie qui peut être prévenue, diagnostiquée et traitée, et pourtant des millions d'Européens vivent avec une hépatite B ou C chronique, souvent sans le savoir, ce qui peut avoir de graves conséquences à long terme, comme une insuffisance hépatique ou un cancer du foie », a déclaré Bruno Ciancio, responsable de l'unité Maladies à transmission directe et maladies évitables par la vaccination à l'ECDC, selon Euronews FR.

Malgré les progrès réalisés ces dernières années dans la prévention des hépatites B et C, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) alerte : la région n'est pas sur la bonne voie pour atteindre les objectifs d'élimination fixés pour 2030. Les hépatites B et C se transmettent par le sang ou les liquides biologiques infectés et comptent parmi les principales causes de maladies chroniques du foie.

Ce qu'il faut retenir

  • Environ cinq millions de personnes en Europe vivent encore avec une hépatite B ou C chronique.
  • Environ 60 000 personnes meurent chaque année de maladies du foie liées à ces infections, selon l'ECDC.
  • La part des cas d'hépatite B aiguë chez les moins de 25 ans est passée de 11 % en 2015 à 8 % en 2024, ce qui reflète l'impact des programmes de vaccination infantile et d'autres mesures de prévention.
  • Le dépistage systématique de l'hépatite B pendant la grossesse est également bien établi dans l'ensemble des 30 pays de l'Union européenne et de l'Espace économique européen.
  • Les mesures de réduction des risques, comme les traitements par agonistes opioïdes et la mise à disposition d'aiguilles et de seringues stériles, sont efficaces pour limiter la transmission de l'hépatite C.

Les experts ont mis en évidence des lacunes dans la vaccination systématique des enfants. Seule une minorité de pays ont atteint l'objectif fixé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à savoir vacciner complètement 95 % des enfants contre l'hépatite B, tandis que d'autres signalent même une baisse de la couverture ces dernières années.

« Notre défi collectif consiste à faire en sorte que ces interventions qui sauvent des vies soient accessibles à toutes les personnes qui en ont besoin », a déclaré Bruno Ciancio. La transmission sexuelle reste une voie majeure de transmission de l'hépatite B. Pour l'hépatite C, la plupart des cas sont liés à l'usage de drogues injectables et aux relations sexuelles entre hommes.

Et maintenant ?

Les actions de prévention ciblant spécifiquement la transmission sexuelle des hépatites dans les différentes populations ne font pas l'objet d'un suivi systématique d'un pays à l'autre. Il est essentiel de renforcer les efforts pour prévenir la transmission de l'hépatite B et C, en particulier chez les groupes à risque, pour atteindre les objectifs d'élimination fixés pour 2030.

En conclusion, l'Europe doit intensifier ses efforts pour lutter contre les hépatites B et C, en mettant en place des programmes de prévention et de dépistage efficaces, ainsi que des traitements accessibles à tous. Seul ainsi pourra-t-elle espérer atteindre les objectifs d'élimination fixés pour 2030 et sauver des vies.