À Berlin, l’attaque à la voiture-bélier perpétrée dimanche 3 août 2026 lors de la marche des fiertés a fait un mort et 31 blessés, dont plusieurs dans un état grave. Le suspect, un homme de 25 ans identifié comme Abdul B., serait un partisan de l’État islamique. Selon Euronews FR, cette attaque a suscité une vive émotion en Europe, notamment de la part de la militante irano-américaine Masih Alinejad, elle-même cible de plusieurs tentatives d’assassinat pour ses prises de position contre l’islamisme radical.
Ce qu'il faut retenir
- Une attaque revendiquée par l’État islamique : l’auteur présumé, Abdul B., aurait agi en soutien au groupe djihadiste. Le bilan s’élève à 1 mort et 31 blessés, dont plusieurs dans un état critique.
- Masih Alinejad, survivante d’attentats islamistes, dénonce l’inaction des responsables politiques européens face à la montée de l’islamisme radical.
- L’Europe devient un « terrain de chasse » pour les terroristes, selon Alinejad, qui craint une propagation des idéologies extrémistes en Occident.
- Le World Liberty Congress, fondé par Alinejad, Kasparov et López, ouvre un bureau à Berlin pour fédérer les dissidents et lutter contre les régimes autoritaires.
- La situation des LGBTQ en Iran reste dramatique : persécutions, exécutions et radicalisation forcée des sociétés.
Une attaque qui illustre la menace terroriste en Europe
L’attentat de Berlin s’inscrit dans une série d’attaques perpétrées par des partisans de l’État islamique en Europe ces dernières années. Selon les autorités allemandes, Abdul B., âgé de 25 ans et résidant en Allemagne, aurait agi seul, mais aurait été influencé par l’idéologie djihadiste. Les enquêteurs ont retrouvé des traces de radicalisation en ligne, ainsi que des liens possibles avec des réseaux islamistes.
Ce drame survient alors que l’Europe reste sous haute tension après plusieurs attentats revendiqués ou inspirés par Daech. Berlin, symbole de liberté, devient ainsi la cible d’un terrorisme qui cherche à frapper là où les valeurs démocratiques sont les plus visibles. Pour Masih Alinejad, cette attaque n’est pas un hasard : « C’est un signal d’alarme », déclare-t-elle dans un entretien accordé à Euronews FR. « La femme qui a été tuée ici, au cœur de l’Europe, est morte parce qu’elle célébrait la liberté. »
Masih Alinejad : une voix de l’opposition face à l’islamisme radical
Masih Alinejad, journaliste et militante des droits humains irano-américaine, est une figure de la lutte contre les régimes autoritaires, en particulier contre la République islamique d’Iran. Survivante de trois tentatives d’assassinat commanditées par Téhéran, elle vit depuis plusieurs années sous protection policière constante, aux États-Unis comme en Europe. « Pourquoi cette protection ? », interroge-t-elle. « Parce que les islamistes ne sont pas mis au ban. Au lieu de cela, on réduit au silence ceux qui tirent la sonnette d’alarme. »
Selon elle, le politiquement correct et la peur de stigmatiser les musulmans ont conduit à une forme de cécité collective face à la menace islamiste. « Si vous faites taire les voix qui alertent, vous créez un vide. Les islamistes en profitent pour influencer les jeunes, les endoctriner et les radicaliser. » Alinejad évoque ainsi une « guerre des récits », où les régimes autoritaires comme l’Iran ou des groupes comme Daech exploitent les libertés démocratiques pour diffuser leur idéologie.
La radicalisation : un phénomène alimenté par le silence des démocraties
Interrogée sur les causes de la radicalisation en Europe, Masih Alinejad pointe du doigt l’absence de fermeté des gouvernements occidentaux. « On ne peut pas combattre un ennemi qu’on refuse de nommer », affirme-t-elle. Elle critique ceux qui hésitent à employer le terme « terrorisme islamiste », par crainte de froisser certaines communautés ou de nourrir l’islamophobie. Pourtant, selon elle, cette prudence joue en faveur des extrémistes. « Les terroristes ne comprennent que la force », ajoute-t-elle. « Leur langage, c’est l’assassinat de personnes innocentes. »
L’exemple d’Abdul B., un jeune Allemand radicalisé en quelques années, illustre cette faille. Malgré les signes avant-coureurs, les services de renseignement n’ont pas pu empêcher son passage à l’acte. Pour Alinejad, cette lacune s’explique en partie par une approche trop timorée des autorités, qui préfèrent parfois minimiser les risques plutôt que de risquer des accusations de profilage ou de discrimination.
L’Europe, nouveau terrain de prédilection des terroristes ?
Dans son entretien, Masih Alinejad va jusqu’à qualifier l’Europe de « terrain de chasse » pour les terroristes islamistes. Elle met en garde contre la propagation de l’idéologie islamiste en Occident, notamment à travers des organisations soutenues par l’Iran ou des groupes djihadistes. « Les démocraties occidentales offrent aux extrémistes un terreau idéal pour recruter », souligne-t-elle. « Ils savent exploiter nos lois, notre tolérance et notre culture pour diffuser leur message de haine. »
Cette menace ne concerne pas seulement la sécurité physique des citoyens, mais aussi les libertés fondamentales, en particulier celles des femmes et des minorités sexuelles. « Si nous ne réagissons pas, les femmes perdront aussi leur liberté de se déplacer librement », prévient-elle. « Les extrémistes veulent imposer leur propre culture, leur propre barbarie. »
« La liberté ne se maintient pas toute seule. Elle a besoin de personnes prêtes à se battre pour elle et à la protéger. » — Masih Alinejad
Le World Liberty Congress : un réseau pour défendre les libertés face aux dictatures
À Berlin pour inaugurer le bureau européen du World Liberty Congress, Masih Alinejad précise la vocation de cette organisation. Fondée avec l’ancien champion du monde d’échecs Garry Kasparov et l’opposant vénézuélien Leopoldo López, cette structure se veut une alternative aux Nations unies, où, selon elle, « les dictateurs se soutiennent mutuellement ». Le réseau rassemble des dissidents et militants issus de plus de 60 pays dirigés par des régimes autoritaires.
Le bureau berlinois, installé dans une ville symbole de liberté, a pour mission de fédérer les oppositions et de peser sur les décisions politiques en Europe. L’une de ses priorités est le Women’s Democracy Congress, un mouvement féministe mondial visant à soutenir les femmes opprimées, qu’elles soient en Afghanistan, en Iran ou en Afrique. « Où sont les féministes occidentales quand des exécutions de masse ont lieu en Iran ? », s’interroge Alinejad. « Nous devons construire une alliance entre dissidents et gouvernements démocratiques pour faire front ensemble contre les dictatures. »
La situation des LGBTQ en Iran : un apartheid institutionnalisé
Poursuivant sur le thème des libertés individuelles, Masih Alinejad dresse un tableau sombre de la condition des personnes LGBTQ en Iran. Sous le régime des mollahs, l’homosexualité est passible de la peine de mort. Les persécutions sont systématiques : arrestations arbitraires, exécutions publiques, lapidations. « Pour le simple fait de vivre leur sexualité, les Iraniens queer risquent la flagellation, la pendaison ou la lapidation », explique-t-elle. « Certaines sont tuées par des membres de leur propre famille, au nom de prétendus crimes d’honneur. »
Malgré ce contexte répressif, une résistance s’organise. Grâce aux réseaux sociaux, des militants iraniens parviennent à partager leurs témoignages et à sensibiliser l’opinion internationale. « Ces personnes méritent notre soutien », insiste Alinejad. « Elles se battent pour une vie normale, pour leur dignité. Nous devons les voir, les reconnaître et les défendre. »
L’attentat de Berlin rappelle brutalement que le combat pour la liberté est loin d’être gagné. Pour Masih Alinejad, la réponse doit être collective : « Nous ne pouvons pas laisser les terroristes gagner. Leur place est devant un tribunal, pas dans nos rues. » À l’Europe désormais de choisir : agir, ou subir.
Le World Liberty Congress est un réseau fondé par Masih Alinejad, Garry Kasparov et Leopoldo López. Il rassemble des dissidents et militants de plus de 60 pays dirigés par des régimes autoritaires. Son objectif est de fédérer les oppositions, de dénoncer les dictatures et de défendre les libertés individuelles, notamment à travers le Women’s Democracy Congress, dédié à la cause féministe.
Masih Alinejad est menacée de mort par le régime iranien pour ses prises de position contre l’islamisme radical et la République islamique. Elle a survécu à trois tentatives d’assassinat, dont une organisée depuis Téhéran pour l’éliminer aux États-Unis. Les autorités américaines et allemandes assurent sa protection en raison du risque élevé d’attentat.