L’Europe spatiale a franchi une étape majeure dans le développement des fusées réutilisables. Selon Numerama, ArianeGroup et le suédois SSC Space ont mené à bien, en Suède, une répétition générale décisive pour le démonstrateur Themis. Cet essai marque un pas de plus vers les premiers « hop tests » et, surtout, la première récupération d’un étage de fusée sur le continent européen.
Ce qu'il faut retenir
- Un essai de répétition générale réussi pour le démonstrateur Themis en Suède, selon Numerama
- Une première européenne en vue : la récupération d’un étage de fusée après un vol
- ArianeGroup et SSC Space, les deux acteurs clés du projet, ont validé cette phase critique
- Les « hop tests » et la récupération d’étage constituent des objectifs centraux pour Themis
Un démonstrateur au cœur de la stratégie européenne
Le démonstrateur Themis, développé conjointement par ArianeGroup et le Centre spatial suédois (SSC Space), représente l’une des pierres angulaires du futur lanceur réutilisable européen. Selon Numerama, cet essai en Suède s’inscrit dans une logique de validation technique avant le lancement des premiers vols suborbitaux. Ces tests doivent permettre de maîtriser la récupération complète d’un étage de fusée, une technologie encore inédite en Europe.
Les enjeux sont doubles : réduire les coûts d’accès à l’espace et renforcer l’autonomie stratégique du Vieux Continent dans le domaine spatial. Jusqu’à présent, seule SpaceX a démontré la faisabilité technique de la récupération et de la réutilisation d’étages de fusées, une capacité désormais visée par l’Europe.
La Suède, terrain d’essai pour l’innovation spatiale
Le site d’essai de SSC Space, situé en Suède, a été choisi pour sa localisation géographique et ses infrastructures adaptées aux tests de fusées réutilisables. Numerama précise que cette répétition générale a permis de valider l’ensemble des procédures logistiques et techniques nécessaires à la récupération d’un étage. Parmi les défis relevés, on compte notamment la gestion du retour au sol, la stabilisation de l’étage après son atterrissage et la sécurisation du site.
« Cet essai confirme la maturité de notre approche et ouvre la voie aux prochaines phases de développement », a déclaré un porte-parole d’ArianeGroup. De son côté, SSC Space a souligné « l’importance de cette collaboration pour l’avenir de l’industrie spatiale européenne » dans un communiqué.
Vers les « hop tests » et la première récupération d’étage en Europe
Les prochaines étapes, baptisées « hop tests », consistent à faire décoller puis atterrir Themis à basse altitude pour simuler un retour contrôlé. Numerama rapporte que ces essais devraient débuter d’ici la fin de l’année 2026, avec pour objectif final la récupération complète d’un étage après un vol suborbital. Si cette phase est couronnée de succès, l’Europe rejoindra le club très fermé des puissances spatiales maîtrisant cette technologie.
« Nous visons une première récupération d’étage d’ici 2027 », a précisé une source proche du projet. Pour y parvenir, les équipes d’ArianeGroup et de SSC Space devront surmonter plusieurs défis techniques, notamment la précision de l’atterrissage et la résistance des matériaux aux contraintes thermiques et mécaniques.
L’Europe spatiale mise sur Themis pour combler son retard face aux États-Unis et à la Chine dans le domaine des fusées réutilisables. Si le projet aboutit, il pourrait redéfinir les règles du jeu pour les lancements commerciaux et scientifiques en Europe.
La récupération et la réutilisation d’étages de fusées permettent de réduire significativement les coûts d’accès à l’espace. Pour l’Europe, qui dépend encore en partie des lanceurs américains ou russes pour certains lancements, cette technologie offre une autonomie stratégique et une compétitivité accrue sur le marché des services spatiaux.