Alors que Israël et le Liban ont récemment annoncé un nouveau cessez-le-feu, les frappes israéliennes se poursuivent dans le Sud du Liban, selon France 24. L’armée israélienne y appliquerait une stratégie de destruction systématique, réduisant des villages entiers à néant. Cette escalade inquiète particulièrement le patrimoine culturel libanais, avec des dizaines de sites historiques classés à l’UNESCO désormais menacés de destruction totale ou partielle.

Jad Tabet, conseiller du ministre libanais de la Culture Ghassan Salamé, a détaillé la situation lors d’un entretien avec Au cœur de l’info, évoquant une « table rase » et une « politique de terre brûlée » de la part d’Israël.

Ce qu'il faut retenir

  • Un cessez-le-feu est en vigueur entre Israël et le Liban, mais les frappes israéliennes se poursuivent dans le Sud du pays, selon France 24.
  • L’armée israélienne mène une politique de la terre brûlée, détruisant des villages entiers dans le Sud libanais.
  • Des dizaines de sites historiques classés à l’UNESCO sont menacés de destruction totale ou partielle.
  • Jad Tabet, conseiller du ministre libanais de la Culture, dénonce cette stratégie en parlant de « table rase » et de « politique de terre brûlée ».

Une stratégie de destruction massive dans le Sud-Liban

Sur le terrain, l’armée israélienne cible délibérément les infrastructures civiles et les zones résidentielles dans le Sud du Liban. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, les frappes n’ont pas cessé, confirmant une volonté de destruction systématique. Les villages de la région, comme Bint Jbeil, Tibnine ou Tyr, subissent des destructions massives, privant des milliers de personnes de leurs habitations.

Selon des observateurs locaux, plus de 80 % des infrastructures dans certaines zones ont été endommagées ou détruites depuis le début des hostilités. « Ce n’est plus une guerre, c’est une politique de destruction ciblée », a souligné Jad Tabet, qui craint une généralisation de ces pratiques.

Un patrimoine culturel en péril

Au-delà des pertes humaines et des destructions matérielles, le patrimoine culturel libanais est gravement menacé. Le Liban compte 5 sites classés à l’UNESCO, dont la Vallée de Qadisha et les sites archéologiques de Tyr. Ces lieux, symboles millénaires de l’histoire du pays, sont aujourd’hui en danger. « Des frappes ont déjà touché des zones proches de sites historiques », a indiqué Jad Tabet, évoquant des risques de destruction irréversible.

Parmi les sites concernés, la cité phénicienne de Tyr, classée depuis 1984, et les ruines romaines de Baalbek, situées plus au nord, pourraient subir des dommages collatéraux. Les autorités libanaises ont appelé la communauté internationale à agir pour protéger ces joyaux historiques, dont certains datent de plus de 5 000 ans.

Les déclarations de Jad Tabet : une condamnation sans appel

« Ce qu’il se passe au Liban Sud, c’est une table rase, une politique de terre brûlée. L’armée israélienne ne détruit pas seulement des villages, elle efface des siècles d’histoire. »

Jad Tabet, conseiller du ministre libanais de la Culture, France 24

Jad Tabet, qui accompagne le ministre Ghassan Salamé dans ses démarches diplomatiques, a dénoncé l’inaction de la communauté internationale. « Les frappes continuent malgré les appels au cessez-le-feu. Comment peut-on laisser faire cela ? » s’est-il interrogé, sans attendre de réponse. Pour lui, cette stratégie vise à « affaiblir durablement le Liban et sa capacité à se reconstruire ».

Et maintenant ?

Alors que le cessez-le-feu est officiellement en vigueur, la situation sur le terrain reste volatile. Les négociations entre les parties pourraient reprendre dans les prochains jours, mais aucun calendrier précis n’a été annoncé. La communauté internationale, notamment l’ONU et l’UNESCO, est appelée à intervenir pour protéger les civils et le patrimoine historique. Reste à voir si les pressions diplomatiques permettront de mettre fin à cette escalade destructrice.

Cette crise soulève une question plus large : jusqu’où peut-on laisser une stratégie de destruction systématique se poursuivre sans réaction internationale ? Le Liban, déjà fragilisé par des années de crise économique et politique, risque de payer un lourd tribut à cette guerre.