Une employée du gestionnaire des lignes à haute tension RTE, syndiquée à la CGT, s’est vue menacée de licenciement pour avoir porté un foulard sur son lieu de travail, a révélé Libération. Selon le syndicat, cette décision s’inscrirait dans le cadre d’une interprétation stricte de l’obligation de neutralité imposée aux entreprises publiques, formalisée dans leur règlement intérieur.

Ce qu'il faut retenir

  • Une salariée de RTE risque un licenciement pour avoir porté un foulard sur son lieu de travail, selon la CGT.
  • La direction de RTE justifie cette décision par l’obligation de neutralité à laquelle sont soumises les entreprises publiques, formalisée dans le règlement intérieur.
  • Le conflit soulève des questions sur l’équilibre entre neutralité et liberté religieuse en entreprise.

La situation a été portée à la connaissance de l’opinion publique par Libération, qui précise que la direction de RTE rejette toute motivation « idéologique » dans cette affaire. Dans une déclaration rapportée par le quotidien, la direction assure que l’obligation de neutralité a bien été formalisée dans le règlement intérieur de l’entreprise. « Cette règle s’applique à tous les salariés, sans distinction », a-t-elle indiqué, rappelant que RTE, en tant qu’entreprise publique, est tenue de respecter un principe de neutralité dans ses locaux.

La CGT, de son côté, dénonce une interprétation « excessive » de cette obligation. Le syndicat affirme que le foulard porté par la salariée ne constituait pas un signe religieux ostentatoire, mais un simple accessoire vestimentaire, et dénonce une atteinte à la liberté de culte. « Il s’agit d’une mesure discriminatoire déguisée en application de la neutralité », a déclaré un représentant du syndicat à Libération. L’affaire met en lumière les tensions récurrentes autour de la laïcité dans le monde professionnel, notamment dans les entreprises publiques.

Selon les informations disponibles, la salariée concernée serait en poste depuis plusieurs années au sein de RTE. Aucun détail supplémentaire n’a été communiqué sur son identité ou son service d’affectation. La direction n’a pas précisé si d’autres cas similaires avaient été recensés au sein de l’entreprise. Toujours selon Libération, la procédure de licenciement n’aurait pas encore été engagée formellement, mais la salariée aurait été informée des risques encourus.

« Nous appliquons strictement notre règlement intérieur, qui rappelle l’obligation de neutralité pour tous nos collaborateurs. »
Direction de RTE, cité par Libération

Et maintenant ?

Cette affaire pourrait donner lieu à un recours devant les prud’hommes si la salariée décide de contester la décision. Par ailleurs, elle relance le débat sur l’application de la laïcité en entreprise, un sujet régulièrement source de conflits juridiques. Une audience devant le conseil de prud’hommes est attendue d’ici la fin de l’année, si aucune médiation n’aboutit.

Cette situation rappelle celle de l’affaire Baby-Loup, où une salariée d’une crèche privée avait été licenciée pour port du voile en 2008. Après plusieurs années de procédures, la Cour de cassation avait finalement validé le licenciement en 2014, au nom de la neutralité de l’entreprise. RTE, en tant qu’entreprise publique, pourrait s’appuyer sur un cadre juridique similaire, mais l’issue reste incertaine.

Ce dossier illustre les défis auxquels sont confrontées les entreprises publiques dans l’application des principes de neutralité et de laïcité. Alors que la société française reste divisée sur ces questions, les employeurs doivent souvent trouver un équilibre délicat entre respect des règles internes et garantie des libertés individuelles.

L’obligation de neutralité impose aux agents des entreprises publiques de ne pas manifester leurs convictions religieuses, politiques ou philosophiques dans l’exercice de leurs fonctions. Elle est encadrée par la loi et peut être formalisée dans le règlement intérieur de l’entreprise. Cette règle vise à garantir l’impartialité et la neutralité du service public.