Un licenciement pour avoir joué au padel pendant un arrêt maladie a été jugé abusif par un tribunal italien. L’affaire, survenue à Ferrare en janvier 2024, a abouti le 1er avril 2026 à une condamnation de l’employeur à verser 18 mois de salaire à son ancienne salariée, selon Capital. Cette décision marque un précédent en droit du travail italien, rappelant que la pratique d’une activité physique modérée ne constitue pas, en soi, une faute justifiant un licenciement.
Ce qu'il faut retenir
- Licenciement jugé abusif : un tribunal italien a invalidé le licenciement d’une cheffe de rayon licenciée pour avoir joué au padel pendant son arrêt maladie.
- Condamnation financière : l’employeur devra verser 18 mois d’arriérés de salaire à la salariée de 50 ans, sans que celle-ci ne demande sa réintégration.
- Contexte médical : la salariée, en arrêt pour une fracture du pouce, n’a pas aggravé sa blessure en pratiquant ce sport.
- Ancienneté reconnue : la salariée comptait 30 ans de service sans problème au sein de l’entreprise avant cet incident.
- Précédent juridique : la décision rappelle que le licenciement sans préavis est réservé à des fautes graves, comme la simulation d’une maladie.
- Activité sportive autorisée : jouer au padel n’a pas retardé la guérison, selon les médecins, qui lui interdisaient seulement de soulever des charges lourdes.
Une affaire déclenchée par une partie de padel
En janvier 2024, une cheffe de rayon de 50 ans, employée dans un supermarché de Ferrare en Italie, s’est retrouvée au cœur d’une polémique après avoir été vue en train de jouer au padel pendant un arrêt maladie. Son employeur, alerté par un signalement, l’a immédiatement suspendue avant de la licencier, estimant que cette activité contrevenait aux règles de son arrêt. Pourtant, comme le rapporte Capital, rien n’indiquait que cette pratique sportive avait aggravé sa blessure ou retardé sa guérison.
L’intéressée, mécontente de cette sanction, a d’abord tenté une médiation, qui a échoué. Elle a ensuite saisi la justice, s’appuyant sur l’absence de lien entre son activité et son état de santé. Le tribunal du travail de Ferrare a finalement tranché en sa faveur le 1er avril 2026, en statuant que son licenciement était disproportionné et sans cause réelle et sérieuse.
Un licenciement jugé disproportionné par les juges
Dans son jugement, le tribunal a rappelé que le licenciement sans préavis était normalement réservé à des manquements graves, tels que la simulation d’une maladie ou d’un accident. Or, dans cette affaire, aucune preuve n’établissait que la salariée avait enfreint les consignes médicales. Les médecins lui avaient simplement interdit de soulever des charges lourdes, une restriction que le padel ne contrevenait pas. L’employeur n’a donc pu justifier d’une cause réelle et sérieuse pour justifier son licenciement.
Les juges ont également souligné l’ancienneté irréprochable de la salariée, qui totalisait trente ans de service sans aucun problème dans l’entreprise. Cette décision rappelle que la loyauté et la confiance sont des piliers du contrat de travail, mais qu’elles doivent être évaluées au regard de faits concrets et vérifiables.
« Ce jugement marque un précédent, car il fournit une indication sur la façon de se comporter dans certaines situations. La mesure était clairement disproportionnée. »
Que dit le droit français sur le sport pendant un arrêt maladie ?
Cette affaire soulève une question récurrente en droit du travail : peut-on licencier un salarié pour avoir pratiqué une activité sportive pendant un arrêt maladie ? En France, la réponse dépend des circonstances. Comme le rappelle le Service public, un salarié ne peut pas être licencié uniquement parce qu’il est malade, car cela constituerait une discrimination. En revanche, un licenciement reste possible si le salarié commet une faute disciplinaire pendant son arrêt, comme un manquement à ses obligations ou un acte déloyal.
Les motifs de licenciement en cas d’arrêt maladie incluent notamment : un manquement aux obligations (refus de se soumettre à un contrôle médical), un acte déloyal (insultes, menaces), ou encore une faute antérieure à l’arrêt maladie. L’employeur doit toujours justifier d’une cause réelle et sérieuse, fondée sur des éléments objectifs et vérifiables. Par exemple, si le salarié simule une maladie ou commet un acte concurrentiel portant préjudice à l’entreprise, un licenciement peut être envisagé.
En revanche, pratiquer une activité physique modérée, comme le padel, ne constitue généralement pas une faute en soi, sauf si cette activité est expressément interdite par un médecin ou si elle aggrave l’état de santé du salarié. Dans cette affaire italienne, les juges ont considéré que le padel ne présentait aucun risque pour la salariée, dont la blessure au pouce n’avait aucun lien avec la pratique sportive.
Un précédent pour les salariés et les employeurs
Cette décision italienne pourrait servir de référence pour les salariés et les employeurs confrontés à des situations similaires. Elle rappelle que le droit du travail protège les salariés contre les licenciements abusifs, même en cas d’activité controversée pendant un arrêt maladie. Pour les employeurs, cette affaire montre l’importance de bien évaluer la gravité des manquements avant d’engager une procédure de licenciement, sous peine de voir celle-ci contestée devant les tribunaux.
En France, où les litiges liés aux arrêts maladie et aux licenciements sont fréquents, cette décision pourrait inciter les salariés à contester plus systématiquement les sanctions jugées injustes. Elle rappelle également que les employeurs doivent s’appuyer sur des éléments tangibles pour justifier un licenciement, et non sur des présomptions ou des signalements non vérifiés.
Cette affaire rappelle aussi que le droit du travail évolue constamment, notamment avec la jurisprudence. Les salariés comme les employeurs doivent donc rester informés des dernières décisions pour adapter leurs pratiques.
En France, un licenciement pour cette raison n’est possible que si l’activité sportive aggrave l’état de santé du salarié ou contrevient explicitement aux consignes médicales. Sinon, cela pourrait constituer un licenciement discriminatoire, comme le rappelle le Service public. Chaque cas est évalué individuellement, mais la pratique sportive modérée n’est généralement pas considérée comme une faute.
