Quatrième saison consécutive en Ligue 2 pour l’AS Saint-Étienne, qui entame ce samedi 9 août 2026 à 20h45 à Sochaux (diffusion sur Téléfoot) une nouvelle campagne sous les auspices d’un profond renouvellement, tout en conservant une ligne directrice inchangée. Selon RMC Sport, le club stéphanois aborde ce nouveau chapitre avec un staff technique remanié, un effectif profondément remanié et une ambition affichée, malgré l’échec de la remontée en Ligue 1 lors du barrage perdu face à l’OGC Nice en mai dernier.

Ce qu'il faut retenir

  • L’ASSE entame sa 4e saison en Ligue 2 depuis 2022, après un barrage manqué contre Nice en mai 2026.
  • 20 600 abonnés enregistrés, un record absolu pour le club et pour la Ligue 2.
  • Le club enregistre une hausse de 150 % des ventes de maillots en première heure, et un doublement des commandes en 24 heures.
  • Le retour du logo historique Casino, dans la continuité des célébrations des 50 ans des poteaux carrés.
  • Six recrues majeures intégrées, dont Jakob Breum (Danemark), Thierno Ballo (Autriche) et Mamour Ndiaye (Sénégal).
  • Ian Cathro, nouveau directeur sportif, prône une approche « day by day » et une construction progressive du groupe.
  • Le groupe canadien Kilmer Sports Ventures, propriétaire depuis juin 2024, a déjà connu deux échecs (relégation en 2025, barrage manqué en 2026).

Un lifting complet, mais une philosophie intacte

Avec trois entraîneurs écartés depuis l’arrivée du groupe canadien en juin 2024 — Olivier Dall’Oglio, Eirik Horneland et Philippe Montanier —, l’ASSE a nommé Ian Cathro à la tête du secteur sportif. L’Écossais, dont le parcours atypique inclut des expériences en MLS et en Suède, a hérité d’un groupe en reconstruction, marqué par l’échec des deux dernières saisons. « Il ne faut vivre ni dans le passé, ni imaginer déjà le futur. Tout se joue chaque jour », a-t-il déclaré lors de sa prise de fonction. « Je veux que tout le monde soit embarqué dans ce nouveau chapitre. Ça demande beaucoup de travail, sur le plan tactique comme dans les attitudes. »

Ce nouveau chapitre s’inscrit dans la continuité d’une ambition affichée, mais assumée sans tapage. Malgré les deux saisons manquées pour la remontée, le club conserve une ligne claire : reconstruire durablement, sans brûler les étapes. « Nous sommes là pour investir, pour reconstruire le club dans son entièreté », a rappelé Julien Le Cardinal, le nouveau capitaine. « On fera des erreurs, mais moins on en fera, plus ça ira vite. Notre volonté est constante : rebâtir un club stable, pas une illusion où l’équipe gagne puis s’effondre. »

Une ferveur populaire inébranlable

L’engouement des supporters reste le seul invariant d’une saison à l’autre. Avec 20 600 abonnés, l’ASSE pulvérise le record absolu du club et celui de la Ligue 2, dépassant les 20 113 abonnés de la saison précédente. Un succès qui se reflète aussi dans les ventes de maillots : +150 % en première heure, et un doublement des commandes en 24 heures après leur mise en vente le 31 juillet. Le retour du logo historique Casino, symbole de l’âge d’or des Verts, a aussi marqué les esprits lors des célébrations des 50 ans des poteaux carrés au printemps dernier.

Cet engouement populaire s’accompagne d’une attractivité commerciale renforcée, un point clé pour le groupe Kilmer Sports Ventures, propriétaire depuis juin 2024. « Ces deux cicatrices — la relégation de juin 2025 et la non-remontée en 2026 — nous rappellent que la patience et la rigueur sont indispensables », a souligné Huss Fahmy, vice-président exécutif du football pour Kilmer Sports Ventures, dans les colonnes du Progrès.

Un recrutement cosmopolite et tourné vers l’avenir

Pour incarner cette reconstruction, l’ASSE a opéré un recrutement ambitieux, ciblant des jeunes talents dans des championnats moins médiatisés. Parmi les six nouvelles recrues, on retrouve notamment Jakob Breum (23 ans, milieu offensif danois en provenance de Go Ahead Eagles), Thierno Ballo (24 ans, attaquant autrichien venu de Millwall FC), ou encore Mamour Ndiaye (20 ans, gardien sénégalais évoluant en Norvège). Seul Sohaib Naïr, ex-guingampais, apporte une expérience avérée de la Ligue 2.

Ian Cathro insiste sur la complémentarité du groupe : « Je ne veux pas parler d’individualités, mais je constate que les joueurs ont créé des automatismes et forment déjà une équipe. C’est plus qu’intéressant. Nous sommes en train de faire naître quelque chose. » Une stratégie qui semble porter ses fruits, à en juger par les cinq matchs de préparation affichant une progression constante — deux victoires, deux défaites et un nul. Le dernier en date, une victoire 4-3 face à Venise, a confirmé la dynamique collective, même si le technicien reste prudent : « Notre groupe de ce week-end ne sera pas celui de fin de mercato. Nous ne serons pas, dès samedi, au niveau où nous souhaitons être, notamment physiquement. »

Un changement de capitanat symbolique

Autre nouveauté cette saison : le capitaine n’est plus un gardien, mais un joueur de champ. Julien Le Cardinal, 32 ans, ancien milieu défensif, a été choisi pour endosser le brassard, une décision pratique plus que symbolique selon Ian Cathro. « Personnellement, je préfère avoir un capitaine dans le champ. Sur certaines situations, c’est beaucoup plus simple », a expliqué le technicien. Pour Le Cardinal, ce changement ne modifie pas sa façon de jouer : « Ce brassard ne change rien à ce que je fais d’habitude. J’ai désormais d’autres responsabilités, mais tout reste normal. »

Une évolution qui s’inscrit dans une volonté de modernisation, tout comme l’introduction de la musique lors des séances d’entraînement. « On ne le fait que sur les séances faibles et les séances de récupération. C’est ludique, ça apporte de la gaieté, même si ça dépend de qui amène la musique », a souri le capitaine. Une touche originale, qui contraste avec le sérieux habituel des vestiaires.

Un calendrier 2026-2027 marqué par l’histoire

Le championnat de Ligue 2 2026-2027 s’annonce riche en histoire. Avec la descente de Nantes et Metz en mai 2026, aux côtés de Reims, Montpellier (relégués en 2025) et Clermont (2024), la compétition retrouve des couleurs proches de la Ligue 1 d’avant. Pour l’ASSE, l’enjeu est double : digérer l’échec du barrage manqué contre Nice et reconstruire une équipe capable de rivaliser avec les meilleures.

Ian Cathro, qui a promis d’apprendre le français d’ici peu, reste focalisé sur l’essentiel : « Nous devons rester calmes et prendre notre temps. Se précipiter pourrait être une erreur. Nous devons trouver un équilibre. » Une philosophie que résume aussi Le Cardinal : « La Ligue 1 est un objectif, pas une pression. Nous allons aussi vite que possible, en respectant ce qui fonctionnait. »

Et maintenant ?

Le premier match de la saison, prévu ce samedi 9 août à 20h45 contre Sochaux, sera le premier test concret pour ce nouveau groupe. Si les Verts partent avec une réputation de « PSG de la Ligue 2 », la réalité sportive impose prudence : le mercato n’est pas clos, et l’effectif devrait encore évoluer dans les semaines à venir. D’ici là, Ian Cathro mise sur une progression continue, en attendant une éventuelle remontée qui, si elle se concrétise, devra s’appuyer sur des fondations solides — section féminine, académie, attractivité commerciale — et non sur une embellie passagère.

Pour les supporters, l’enjeu est autant sportif que sociétal : voir leur club retrouver l’élite, mais aussi s’inscrire dans la durée. Un défi que le groupe Kilmer Sports Ventures assume, malgré deux échecs cuisants. « Aucun de nous n’est là pour échouer », a rappelé Le Cardinal. « Nous voulons rebâtir un club stable, où chaque succès s’inscrive dans une logique globale. »

L’ASSE a été reléguée en Ligue 2 à l’issue de la saison 2021-2022, puis a échoué à remonter lors des barrages en 2025 (face à Nice) et 2026 (également face à Nice). Malgré des investissements massifs — 22 millions d’euros au mercato 2026, soit 77 % du budget total de Ligue 2 —, le club peine à retrouver l’élite, en raison notamment d’un recrutement encore en phase de rodage et d’une concurrence accrue.

Le groupe canadien Kilmer Sports Ventures, dirigé par Larry Tanenbaum, a pris le contrôle de l’ASSE en juin 2024. Depuis, il a investi massivement dans le recrutement et la structuration du club, tout en maintenant une ligne directrice : reconstruire durablement, sans précipitation. Deux relégations en deux ans ont cependant jeté une ombre sur cette stratégie, même si le soutien financier et l’ambition restent intacts.