Le jeudi 9 octobre 2026, le chef d'état-major des Armées, le général Fabien Mandon, a annoncé la sortie de Berlin du projet franco-allemand MGCS sur un futur char de combat, avant d'arrondir les angles par communiqué quelques heures plus tard, selon BFM Business. Cette déclaration a suscité de nombreuses interrogations sur l'avenir de ce projet de défense franco-allemand, lancé en 2018.
Le général Fabien Mandon a déclaré lors d'une audition à l'Assemblée nationale que « les Allemands ont décidé de quitter le projet », ce qui semblait acter la fin d'un des programmes de défense franco-allemand les plus importants. Cependant, quelques heures plus tard, un communiqué du général Fabien Mandon est venu apporter quelques précisions, évoquant un « décalage » du programme, avec une mise en service « décalée vers la fin de la décennie 2040 ».
Ce qu'il faut retenir
- Le projet MGCS est un programme de défense franco-allemand lancé en 2018 pour développer un successeur au char Leclerc français et au Leopard 2 allemand.
- Le général Fabien Mandon a déclaré que les Allemands ont décidé de quitter le projet, avant de préciser que le projet est poursuivi avec un décalage de la mise en service.
- Le projet a connu de nombreuses difficultés, notamment en raison de désaccords entre les parties prenantes et de problèmes de financement.
Les difficultés du projet MGCS
Le projet MGCS a connu de nombreuses difficultés depuis son lancement en 2018. L'arrivée de l'Allemand Rheinmetall en 2019 a bousculé la répartition des tâches et les tensions industrielles et politiques sur le programme ont toujours persisté. La question de son financement a également été l'objet de nombreux débats.
Le directeur de Rheinmetall, Armin Papperger, a évoqué en juin dernier une baisse de moitié de la contribution financière française. Cela a suscité de nombreuses inquiétudes sur l'avenir du projet et sur la capacité des parties prenantes à trouver un accord sur le financement.
Le plan B de la France
Face aux difficultés du projet MGCS, la France a commencé à réfléchir à un plan B. Le groupe KNDS a présenté en juin dernier un char de transition, le « Capint », pour capacité intermédiaire. Ce char pourrait servir de brique de transition vers le MGCS, mais il faut que la France et l'Allemagne raccordent leurs violons.
Le « Capint » est un char conçu avec les technologies les plus modernes et apte à intégrer de façon incrémentale les fonctionnalités innovantes du MGCS. Cependant, il est difficile de savoir si ce plan B sera suffisant pour sauver le projet MGCS.
Les conséquences de l'échec du projet MGCS
L'échec du projet MGCS pourrait avoir de graves conséquences pour la défense franco-allemande. Le projet était considéré comme l'un des plus importants pour les deux pays et son échec pourrait créer un vide dans les capacités de défense.
Le secrétaire général du comité d'études des relations franco-allemandes à l'Ifri, Paul Maurice, a déclaré que « c'est terminé dans sa forme initiale », mais que des collaborations restent possibles sur certains segments du programme. Cependant, il est difficile de savoir si ces collaborations seront suffisantes pour compenser l'échec du projet MGCS.
En conclusion, l'imbroglio du char du futur franco-allemand est un exemple de la complexité des projets de défense et de la difficulté de trouver des accords entre les parties prenantes. Il est important de suivre de près les développements futurs pour voir comment ce projet va évoluer.