Le marché immobilier français est actuellement en proie à une crise sans précédent. Selon les calculs publiés par SeLoger, les Français ont perdu en moyenne 11 m² à l'achat en six ans, soit entre 2020 et 2026. Cette baisse du pouvoir d'achat immobilier est due à une combinaison de facteurs, notamment l'inflation, le coût du crédit et la hausse des prix de l'immobilier.
Malgré une progression des revenus d'environ +22 % sur la période, la capacité d'achat immobilière ne s'est pas redressée. En effet, cette progression des revenus a été largement absorbée par l'inflation et le coût du crédit, qui n'a pas suffi à restaurer la solvabilité des ménages. Les taux d'intérêt très bas ont soutenu la demande et fait grimper les prix, notamment entre 2020 et 2023, où ils ont aussi été portés par la recherche d'espace et l'essor du télétravail.
Le contexte économique
Le retournement du marché du crédit, avec des taux passés d'environ 1 % à plus de 4 %, a réduit brutalement la capacité d'emprunt. La correction amorcée depuis 2023 (-1,9 % en moyenne) ne compense pas le renchérissement du crédit. En six ans, l'équation immobilière s'est totalement inversée. À budget équivalent, la surface achetable s'est donc contractée. Un foyer qui pouvait viser environ 75 m² en 2020 doit aujourd'hui se contenter d'un logement plus proche de 64 m², soit l'équivalent d'une chambre en moins.
Les conséquences de cette crise sont multiples. Pour de nombreux ménages, cela signifie s'éloigner du centre-ville ou différer un projet familial. Les prix de l'immobilier ont progressé de manière significative dans certaines villes, comme Quimper et Le Mans, où les prix ont progressé respectivement de +46,1 % et +41,6 % depuis 2020. Les ménages sont donc contraints de se tourner vers des logements plus petits ou situés en périphérie.
Les disparités régionales
La moyenne nationale masque de fortes disparités. Dans presque toutes les grandes agglomérations, le pouvoir d'achat immobilier reste inférieur à son niveau de 2020. Deux villes font figure d'exception : Paris et Lyon. Dans la capitale, la baisse des prix observée ces dernières années (-8,7 % sur la période) permet un léger regain d'environ 2 m² par rapport au point bas. À Lyon, où les prix ont reculé de -6,7 %, le gain atteint près de 3 m².
Ces améliorations modestes au regard des pertes accumulées qui ne compensent qu'en partie le choc de 2022-2023. Les marchés immobiliers de certaines villes moyennes ont connu une envolée des prix particulièrement marquée. À Quimper et au Mans, où les prix ont progressé respectivement de +46,1 % et +41,6 % depuis 2020, la surface accessible a reculé de 41 m². Ces marchés, très recherchés après la crise sanitaire, illustrent la violence du rééquilibrage post-Covid.
Les conséquences sur le marché locatif
Le durcissement de l'accès au crédit a également rejailli sur le marché locatif. Lorsque l'achat se complique, une partie des ménages reporte son projet et reste locataire, accentuant la tension sur l'offre et la concurrence entre candidats. À quelques semaines des municipales de 2026, ce recul du pouvoir d'achat immobilier devient un enjeu central pour les élus locaux.
Car derrière les statistiques, la réalité est concrète : pour un même budget, les ménages vivent dans plus petit qu'en 2020. Les élus locaux devront donc prendre en compte cette réalité pour élaborer des politiques immobilières adaptées aux besoins des ménages. Il est possible de consulter les indices des prix à l'achat et à la location sur le site de SeLoger, en partenariat avec Fnaim.
Il est important de noter que les prix de l'immobilier varient fortement en fonction des territoires. Les ménages doivent donc être informés des tendances du marché immobilier pour prendre des décisions éclairées. Les élus locaux devront également prendre en compte les attentes des Français en matière d'immobilier, comme le montre un sondage exclusif réalisé par notre rédaction.
Les attentes des Français
Les Français attendent avant tout une baisse des prix de l'immobilier et une amélioration de l'accès au crédit. Ils souhaitent également que les élus locaux prennent des mesures pour améliorer la qualité de vie dans les logements et pour réduire les coûts associés à la propriété. Les élus locaux devront donc prendre en compte ces attentes pour élaborer des politiques immobilières adaptées aux besoins des ménages.
En conclusion, la crise immobilière actuelle est un défi majeur pour les ménages et les élus locaux. Il est essentiel de prendre en compte les attentes des Français et de trouver des solutions pour améliorer l'accès à la propriété et réduire les coûts associés. Les prochaines élections municipales seront l'occasion de débattre de ces enjeux et de trouver des solutions pour améliorer la qualité de vie des ménages.
Le pouvoir d'achat immobilier est la capacité d'un ménage à acheter un logement en fonction de son revenu et des prix de l'immobilier.
Les conséquences de la crise immobilière sont multiples, notamment la perte de pouvoir d'achat immobilier, la diminution de la surface achetable et l'augmentation des coûts associés à la propriété.
