Selon BFM Business, l’Inde a enregistré une croissance économique de 7,8 % au premier trimestre 2026, confirmant sa position de championne mondiale de la croissance. Ce résultat, publié vendredi, dépasse les prévisions des analystes qui tablaient sur une progression de 7,3 %, malgré les tensions persistantes sur les approvisionnements énergétiques liées au conflit au Moyen-Orient.
Ce qu'il faut retenir
- Croissance du PIB indien de 7,8 % au premier trimestre 2026, contre 8 % au trimestre précédent
- Progression annuelle de 7,7 % pour l’année fiscale 2025-2026, contre 7,1 % en 2024-2025
- Portée par un "deal du siècle" avec l’UE et la réduction des droits de douane américains
- Risques persistants : hausse des prix du pétrole, affaiblissement de la roupie et recul des investissements étrangers
- Déficit de la balance des paiements proche de son plus haut niveau depuis 14 ans
- La RBI a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026-2027, passant de 6,9 % à 6,6 %
Cette performance, bien que légèrement inférieure à celle du dernier trimestre 2025 (8 %), reste robuste et s’appuie sur deux piliers majeurs : les dépenses publiques et un secteur des services dynamique. La croissance annuelle corrigée pour l’année fiscale écoulée (1er avril 2025 – 31 mars 2026) atteint 7,7 %, contre 7,1 % l’année précédente. « Le gouvernement indien mise sur une relance budgétaire ciblée pour soutenir l’activité, notamment dans les infrastructures et les technologies », précise BFM Business.
La conclusion de l’accord commercial avec l’Union européenne, qualifié de « deal du siècle » par les observateurs, a joué un rôle clé dans cette dynamique. Les échanges commerciaux ont également bénéficié d’une réduction significative des droits de douane américains sur les exportations indiennes. Ces surtaxes, initialement fixées à 50 %, ont été abaissées à 18 % en début d’année, puis à 10 % après une décision de la Cour suprême des États-Unis invalidant les mesures tarifaires imposées par l’administration Trump.
Malgré ce tableau encourageant, l’économie indienne reste sous la menace de plusieurs facteurs de risque. La hausse des prix du pétrole, liée à l’instabilité au Moyen-Orient, pèse lourdement sur les comptes publics. L’Inde, troisième importateur mondial d’hydrocarbures, voit transiter la moitié de ses approvisionnements par le détroit d’Ormuz, dont le trafic est perturbé depuis les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran fin février 2026. « Cette situation a contraint le gouvernement à relever les prix des carburants à la pompe d’environ 5 % ces dernières semaines », souligne l’analyse.
La faiblesse de la roupie – qui a atteint des niveaux historiquement bas face au dollar – et le recul des investissements étrangers, en baisse de 20 milliards de dollars depuis le 1er janvier 2026, aggravent les pressions sur l’économie. La banque centrale indienne (RBI) a d’ailleurs revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’année fiscale 2026-2027, les ramenant de 6,9 % à 6,6 %. Pourtant, la RBI a maintenu son taux directeur à 5,25 %, un choix visant à concilier lutte contre l’inflation et soutien à l’activité.
Autre défi de taille : la signature attendue d’un accord de libre-échange avec les États-Unis. New Delhi espère conclure cet accord dans les prochaines semaines pour relancer les échanges commerciaux, actuellement pénalisés par des surtaxes américaines. « Washington et New Delhi multiplient les négociations pour lever ces barrières douanières, mais les désaccords persistent sur plusieurs dossiers, notamment les subventions agricoles et les normes environnementales », explique BFM Business.
Pour l’heure, l’Inde conserve son titre de championne mondiale de la croissance, mais les défis structurels – dépendance énergétique, instabilité monétaire, attractivité des investissements – rappellent que cette performance reste fragile. Alors que le pays continue de se positionner comme un acteur clé de l’économie mondiale, les prochains mois s’annoncent décisifs pour consolider cette dynamique.
Selon BFM Business, la croissance a été principalement portée par les dépenses publiques et le secteur des services, notamment les technologies de l’information et les services financiers. Les infrastructures et l’agriculture ont également bénéficié de plans de relance ciblés.
La flambée des cours du pétrole alourdit la facture énergétique de l’Inde, creuse son déficit commercial et affaiblit la roupie. Cela se traduit par une hausse des prix à la consommation, une pression sur les réserves de change et un ralentissement potentiel des investissements, selon les analystes interrogés par BFM Business.