Alors que le minage de Bitcoin a longtemps dominé le secteur des infrastructures numériques, l’intelligence artificielle (IA) s’impose désormais comme une alternative bien plus lucrative. C’est en tout cas la thèse défendue par MARA Holdings, l’un des principaux acteurs cotés en Bourse spécialisés dans le minage de cryptomonnaies. Dans une interview accordée le 23 juillet 2026 à Coin Stories, Fred Thiel, son PDG, a affirmé que l’IA génère « beaucoup plus d’argent par électron » que le minage de Bitcoin, marquant un tournant stratégique pour l’entreprise. Selon Cryptoast, cette déclaration s’inscrit dans un mouvement plus large de reconversion des infrastructures minières vers des centres de calcul haute performance dédiés à l’IA.
Ce qu'il faut retenir
- MARA Holdings, l’un des plus grands mineurs de Bitcoin cotés en Bourse, mise désormais sur l’IA pour sa rentabilité supérieure.
- L’IA génère entre 10 et 15 millions de dollars par mégawatt, contre environ 1 million pour le minage de Bitcoin.
- L’entreprise a déjà converti une partie de ses sites en infrastructures IA et vise 2,5 gigawatts de capacité à terme.
- MARA conserve une activité de minage de Bitcoin sur les sites où l’électricité reste bon marché ou excédentaire.
- Fred Thiel souligne que l’IA représente un outil de diversification plutôt qu’un abandon total du minage.
Une rentabilité de l’IA multipliée par dix par rapport au Bitcoin
Les chiffres avancés par MARA Holdings sont sans équivoque : une infrastructure dédiée à l’IA peut générer entre 10 et 15 millions de dollars par mégawatt, contre environ 1 million de dollars pour le minage de Bitcoin sur la même unité de puissance. Selon Fred Thiel, cette différence s’explique par la valeur ajoutée des calculs nécessaires à l’entraînement des modèles d’IA, bien plus rémunérateurs que la simple validation de transactions blockchain. « On gagne beaucoup plus d’argent par électron quand on le fait pour l’IA que pour le minage de Bitcoin », a-t-il déclaré lors de l’interview. Cette affirmation illustre le basculement en cours dans un secteur où la demande en puissance de calcul explose, portée par l’essor des modèles de langage et des applications d’IA générative.
Cette transition n’est pas sans conséquences pour l’industrie du minage. Autrefois considérée comme le cœur de métier de MARA, le Bitcoin voit son attractivité diminuer au profit des infrastructures IA. Pourtant, l’entreprise ne compte pas abandonner totalement son activité historique. Comme l’a précisé Fred Thiel, le minage reste un outil de diversification, notamment sur les sites où l’électricité reste bon marché ou excédentaire. Cette approche hybride, que MARA surnomme en interne les « mullet data centers », permet de maintenir des revenus pendant la reconversion progressive des infrastructures.
Un portefeuille énergétique de plus de 4 gigawatts et des acquisitions stratégiques
Pour concrétiser cette stratégie, MARA Holdings a déjà engagé plusieurs partenariats et acquisitions. En juillet 2026, l’entreprise a notamment finalisé l’achat d’un site au Texas, offrant un accès à 2 gigawatts de puissance électrique dédiée aux infrastructures numériques. Cette acquisition porte aujourd’hui le portefeuille énergétique total de MARA à plus de 4 gigawatts, faisant d’elle l’un des acteurs majeurs du secteur en termes de capacité énergétique. L’entreprise a également signé un partenariat avec Starwood Capital Group pour reconvertir une partie de ses sites de minage existants en infrastructures IA, avec un objectif initial d’environ 1 gigawatt de capacité, avant d’envisager un dépassement de 2,5 gigawatts.
Cette expansion s’inscrit dans un contexte où les mineurs de Bitcoin doivent désormais repenser leur modèle économique. Selon MARA, la réduction mécanique des récompenses de minage à chaque halving impose aux acteurs du secteur de contrôler directement leur approvisionnement énergétique ou de collaborer étroitement avec les distributeurs d’électricité pour rester compétitifs. Une évolution qui explique en partie le virage vers l’IA, où la demande en puissance de calcul reste structurellement élevée.
Le Bitcoin n’est plus un modèle économique en soi pour MARA
Autre signe de ce changement de cap, MARA Holdings a significativement réduit ses réserves en Bitcoin. Selon l’entreprise, ces réserves ne constituent plus un modèle économique à part entière, mais un simple outil de gestion d’actifs. Entre 2024 et 2026, MARA a vendu environ 20 000 bitcoins pour racheter une partie de sa dette obligataire à prix réduit, une stratégie qui reflète une priorité donnée à la liquidité et à la flexibilité financière. Cette approche contraste avec celle d’autres acteurs du secteur, qui continuent de miser sur l’accumulation de BTC comme actif stratégique.
Cette transition vers l’IA s’accompagne également d’une refonte des priorités opérationnelles. Alors que le minage de Bitcoin était autrefois le pilier de MARA, l’entreprise mise désormais sur des contrats à long terme avec des acteurs du cloud et de l’IA, garantissant des revenus plus stables et prévisibles. Une stratégie qui permet de limiter les risques liés à la volatilité des cryptomonnaies et à la réduction progressive des récompenses de minage.
Pour les investisseurs, cette évolution soulève plusieurs questions : dans quelle mesure l’IA pourra-t-elle compenser la baisse des revenus issus du minage de Bitcoin ? Les mineurs traditionnels parviendront-ils à se diversifier suffisamment pour éviter des pertes de rentabilité ? Autant de défis qui devraient façonner le paysage des infrastructures numériques dans les années à venir.
Selon Fred Thiel, PDG de MARA Holdings, l’IA génère entre 10 et 15 millions de dollars par mégawatt, contre environ 1 million pour le minage de Bitcoin. Cette différence s’explique par la valeur ajoutée des calculs nécessaires à l’entraînement des modèles d’IA, bien plus rémunérateurs que la validation de transactions blockchain. Les infrastructures dédiées à l’IA bénéficient également de contrats à long terme plus stables, réduisant la dépendance à la volatilité des cryptomonnaies.
Non, MARA Holdings ne compte pas abandonner totalement le minage de Bitcoin. Comme l’a précisé Fred Thiel, cette activité reste un outil de diversification, notamment sur les sites où l’électricité reste bon marché ou excédentaire. L’entreprise a adopté une approche hybride, surnommée les « mullet data centers », permettant de continuer à miner du Bitcoin tout en reconvertissant progressivement une partie des infrastructures pour l’IA.