Comme le rapporte Euronews FR, l'intelligence artificielle (IA) est en train de transformer profondément les emplois de bureau en Europe, notamment dans les secteurs de l'assurance et de la banque. Selon Symela Touchtidou, il y a deux ans, il fallait en moyenne quatorze jours pour traiter une demande d'indemnisation santé dans l'une des plus grandes compagnies d'assurance de Grèce. Aujourd'hui, le temps de traitement est tombé à environ une minute et l'indemnisation est versée dès le lendemain.
La raison de ce changement est l'utilisation de AI Flows, un logiciel d'intelligence artificielle dédié au traitement de documents et à l'automatisation des processus, développé par l'entreprise grecque Archeiothiki. Le système traite environ 1 500 demandes par jour, « lit » les documents, en extrait les informations nécessaires et les recoupe avec le contrat d'assurance et les règles de la compagnie.
Ce qu'il faut retenir
- L'intelligence artificielle est utilisée pour automatiser les tâches répétitives dans les secteurs de l'assurance et de la banque.
- Le logiciel AI Flows traite environ 1 500 demandes par jour et permet de réduire le temps de traitement à environ une minute.
- Les emplois de bureau qui constituaient traditionnellement le back office des entreprises sont les plus exposés à la nouvelle génération d'intelligence artificielle.
Les métiers en première ligne
Les emplois administratifs et de secrétariat restent la catégorie professionnelle la plus exposée à l'IA générative, selon le rapport « Generative AI and Jobs: A Refined Global Index of Occupational Exposure » publié en mai 2025 par l'Organisation internationale du travail (OIT) et l'institut de recherche polonais NASK. Parmi les postes les plus exposés figurent les opérateurs de saisie de données, les salariés chargés de la comptabilité et de la tenue des livres, ainsi que les secrétaires administratifs.
Archeiothiki applique aujourd'hui AI Flows à environ 100 flux de travail différents pour dix clients, principalement dans des banques, compagnies d'assurance et entreprises du secteur de la santé. L'intelligence artificielle a déjà fait une entrée massive sur les lieux de travail européens, avec 30 % des travailleurs de l'UE utilisant déjà des outils d'IA dans leur activité, selon l'étude « Digital Monitoring, Algorithmic Management and the Platformisation of Work in Europe » du Centre commun de recherche de la Commission européenne.
Les femmes particulièrement exposées
Cette transition a aussi une claire dimension de genre, selon une étude plus récente de l'OIT, qui montre que les professions où les femmes sont majoritaires ont presque deux fois plus de risques d'être exposées à l'IA générative que celles où dominent les hommes : 29 % contre 16 %. L'une des raisons principales est la plus grande présence des femmes dans des emplois administratifs, de secrétariat et de soutien.
Si Archeiothiki reconnaît qu'il y a des postes qui disparaissent, l'entreprise dresse un tableau plus nuancé, expliquant que l'automatisation n'est pas utilisée simplement pour accomplir le même volume de travail avec moins de personnes, mais permet aux entreprises d'effectuer des tâches qui étaient auparavant pratiquement impossibles à réaliser à cette échelle.
Le prochain réservoir de données : le secteur public
En Grèce, le prochain grand champ d'application pourrait se cacher derrière les millions de documents déjà numérisés dans le secteur public. Selon le directeur général d'Archeiothiki, Andreas Papadakis, l'entreprise a réalisé environ 15 % des projets de numérisation concernés pour l'administration.
En conclusion, l'intelligence artificielle est en train de transformer profondément les emplois de bureau en Europe, notamment dans les secteurs de l'assurance et de la banque, avec des conséquences importantes sur les métiers et les compétences requises. Il est essentiel de suivre de près ces évolutions pour anticiper les changements à venir et accompagner les travailleurs dans cette transition.