Alors que les autorités hongkongaises visent à recruter la moitié de leurs étudiants à l'international d'ici 2027, une enquête de The Times Higher Education révèle les défis auxquels font face les universités de la région. Autrefois considérées comme des "ponts" entre l'Orient et l'Occident, les universités hongkongaises ont vu leur rôle s'affaiblir depuis l'adoption de la loi sur la sécurité nationale en 2020, imposée par Pékin suite aux manifestations étudiantes pour plus de démocratie.

Aujourd'hui, la majorité écrasante des étudiants internationaux dans les huit universités publiques de Hong Kong proviennent de Chine continentale, représentant environ 75 % des inscrits en première année, tandis que les étudiants européens et nord-américains ne constituent qu'une infime minorité. La barrière linguistique reste un défi majeur pour les étudiants internationaux, malgré l'usage de l'anglais dans les enseignements.

Outre la langue, le logement pose également problème, avec une concentration des logements dans la zone métropolitaine nord, éloignant les étudiants des campus et limitant leurs interactions. L'enquête souligne ainsi les difficultés rencontrées par les universités hongkongaises dans leur quête d'internationalisation et interroge sur les véritables bénéficiaires de cette ambition.

Ce qu'il faut retenir

  • Les universités hongkongaises visent à recruter 50 % d'étudiants internationaux d'ici 2027.
  • La loi sur la sécurité nationale imposée en 2020 a affaibli le rôle des universités de Hong Kong en tant que "ponts" entre l'Orient et l'Occident.
  • Les étudiants chinois continentaux représentent environ 75 % des étudiants internationaux dans les universités publiques de Hong Kong.
  • La barrière linguistique et les problèmes de logement sont des obstacles majeurs à l'internationalisation des universités hongkongaises.

Contexte de l'internationalisation universitaire à Hong Kong

Depuis le passage de la juridiction britannique à chinoise en 1997, Hong Kong conserve des systèmes distincts tout en étant soumise à l'influence grandissante de Pékin. La loi sur la sécurité nationale a marqué un tournant en restreignant la liberté d'expression et l'autonomie de la région, poussant de nombreux habitants, dont des universitaires, à quitter le territoire.

Défis à surmonter

Outre les défis linguistiques et de logement, les universités hongkongaises doivent repenser leur stratégie d'internationalisation pour garantir un recrutement équilibré et diversifié. La question de savoir jusqu'où cette ambition peut raisonnablement aller et qui en bénéficie réellement reste au cœur des débats.

Et maintenant ?

Face aux défis actuels, les universités de Hong Kong devront trouver des solutions pour promouvoir une réelle diversité parmi leurs étudiants internationaux tout en préservant leur autonomie académique. L'évolution de la situation politique et sociale de la région influencera inévitablement les futures orientations des établissements universitaires.