Le blocage du principal couloir d’exportation du Golfe par l’Iran a des conséquences sévères pour l’Irak, selon nos confrères de BFM Business. En effet, le pays, dont 90% des revenus publics proviennent du pétrole, ne peut plus exporter son brut via le Golfe persique, désormais fermé par Téhéran. Cette situation a des répercussions importantes sur les finances publiques irakiennes, avec 93% des revenus pétroliers servant à payer les fonctionnaires.
La situation est d’autant plus préoccupante que les capacités de stockage terrestres ont été rapidement saturées, ce qui a obligé Bagdad à stopper la production sur plusieurs gisements. Faute de devises, la trésorerie publique s’épuise à grande vitesse, et les premiers effets économiques seront visibles dès le mois de mai, lorsque les réserves de l’État commenceront à s’assécher.
Ce qu'il faut retenir
- 93% des revenus pétroliers irakiens servent à payer les fonctionnaires
- Le blocage du Golfe par l’Iran a des conséquences sévères pour l’Irak
- Les capacités de stockage terrestres sont saturées, et la production a été stoppée sur plusieurs gisements
La situation économique de l’Irak
L’Irak compte aujourd’hui 4,5 millions de fonctionnaires, contre à peine un million en 2003. En y ajoutant les retraités et bénéficiaires d’aides sociales, près de 9 millions d’Irakiens dépendent directement des finances publiques. Chaque mois, l’État consacre 6,5 milliards de dollars au paiement des salaires et des prestations sociales. Avant la crise, les recettes pétrolières mensuelles s’élevaient à 7 milliards de dollars, laissant une marge dérisoire de 500 millions pour le reste des dépenses publiques.
Avec le blocage, ce fragile équilibre qui repose à 93% sur la manne pétrolière s’effondre. La paralysie économique s’ajoute à un vide politique, avec quatre mois après les législatives de novembre, aucun gouvernement n’a encore vu le jour : ni Premier ministre, ni président, aucune majorité de coalition. Cette impasse freine toute décision d’urgence.
Les solutions explorées par l’Irak
Face à cette asphyxie, Bagdad explore deux pistes. La première : acheminer le pétrole par camions-citernes vers la Jordanie et la Syrie, à raison de 200.000 barils par jour. Une solution logistique lourde et extrêmement onéreuse. La seconde : rouvrir l’oléoduc vers la Turquie, qui relie le nord de l’Irak à la Méditerranée. Mais ce pipeline traverse le Kurdistan irakien, une région en froid avec le gouvernement central.
Les conséquences de la crise
Depuis janvier, Bagdad impose à Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, un embargo sur les dollars, paralysant une grande partie du commerce local. Les autorités kurdes conditionnent désormais toute coopération à un assouplissement de ces restrictions. Or même en cas d’accord, le pipeline ne pourrait transporter que 250.000 à 300.000 barils par jour, très loin des 3,5 millions exportés en temps normal.
En conclusion, la situation en Irak est très préoccupante, et les conséquences de la crise pourraient être graves. Il est essentiel que les autorités irakiennes trouvent des solutions urgentes pour faire face à cette crise et assurer la stabilité politique et économique du pays.
