La Coupe du monde de football approche, et l'Iran, qui participera à la compétition, est confronté à des défis administratifs et politiques, selon Franceinfo - Sport. L'équipe iranienne doit disputer ses deux premiers matchs du groupe G à Los Angeles le 15 juin contre la Nouvelle-Zélande puis face à la Belgique le 21 juin, avant une rencontre contre l'Égypte, le 26 juin à Seattle.
Avec un camp de base à Tijuana au Mexique, et non à Tucson dans l'Arizona comme initialement prévu, les Iraniens ont dû adapter leurs plans en raison des restrictions imposées par les États-Unis. L'ancien président américain Donald Trump avait exprimé des inquiétudes quant à la présence de la délégation iranienne sur le territoire américain, citant des raisons de sécurité.
Ce qu'il faut retenir
- L'Iran participera à la Coupe du monde de football avec un camp de base au Mexique.
- Les joueurs de la sélection iranienne devraient obtenir leur visa américain sans difficulté, mais les membres de la délégation pourraient rencontrer des problèmes en raison de leurs liens avec les Gardiens de la Révolution.
- L'Iran a posé des conditions pour sa participation, notamment l'interdiction de tout drapeau autre que celui de la République Islamique dans les stades et la diffusion de l'hymne national iranien.
Les défis administratifs
Les membres de la délégation iranienne pourraient ne pas tous obtenir leur visa américain en raison de leurs liens avec les Gardiens de la Révolution, considérés comme une organisation terroriste par les États-Unis et le Canada. Fin avril, le président de la Fédération iranienne de football, Mehdi Taj, avait été refoulé avec deux autres membres de la Fédération à l'aéroport de Toronto après que des agents de l'immigration leur ont demandé s'ils faisaient partie des Gardiens.
Ce à quoi Mehdi Taj avait répondu que l'armée idéologique du régime comprenait 90 millions de personnes, soit l'ensemble de la population de la République Islamique. Les agents de l'immigration avaient refusé de les laisser entrer, illustrant les tensions et les difficultés que rencontre l'Iran dans ses interactions avec les pays occidentaux.
Les exigences de l'Iran
Téhéran a posé ses conditions pour la participation de l'équipe iranienne à la Coupe du monde, conditions qui ont été transmises à la FIFA. L'Iran exige que seul le drapeau de la République Islamique soit visible dans les stades, ce qui exclut de facto le drapeau avec le lion et le soleil, symbole de la royauté iranienne, souvent brandi lors des manifestations contre le régime.
La Fédération iranienne a également demandé que l'hymne iranien soit joué dans les stades. Cet hymne national que des joueuses iraniennes de foot avaient refusé de chanter lors de la Coupe d'Asie en Australie, en mars dernier, au moment de l'offensive israélo-américaine, avait été condamné par les autorités iraniennes, qui avaient qualifié les joueuses de « traîtresses en temps de guerre ».
La sélection de l'équipe
Le régime a eu son mot à dire dans le choix des 30 joueurs sélectionnés pour faire partie de l'équipe nationale. Il y aura un absent de marque : Sardar Azmoun, ancien attaquant de l'AS Rome et du Bayer Leverkussen, qui évolue actuellement au club Shabab Al Ahli de Dubai. Azmoun n'a pas été retenu par le sélectionneur, qui s'est défendu d'avoir eu une motivation politique dans son choix.
Les médias d'opposition ont néanmoins rappelé que l'avant-centre vedette de l'équipe d'Iran avait apporté à plusieurs reprises son soutien aux manifestations contre le régime en place. Et affront suprême : il a posé aux côtés de Mohammed Ben Zayed, le président des Emirats Arabes Unis, au début de la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, ce que l'agence FARS, proche des Gardiens de la Révolution, a qualifié de « trahison de la patrie ».
La situation est complexe et les réactions des différents acteurs impliqués seront cruciales pour déterminer l'issue de cette situation. Il est important de suivre de près les développements de cette affaire pour comprendre comment les choses évolueront dans les prochaines semaines.