Une page se tourne pour Lisk, projet emblématique de l’écosystème blockchain. Selon nos confrères de Cryptoast, l’entreprise a annoncé le 26 août 2026 dans un communiqué publié sur son blog que sa blockchain maison, la Lisk Chain, cessera définitivement ses activités le 31 octobre prochain. Ce choix marque la fin définitive de son aventure dans les infrastructures décentralisées pour se réorienter vers une plateforme de gestion financière destinée aux entreprises.

Ce qu'il faut retenir

  • La Lisk Chain ferme le 31 octobre 2026, mettant fin à près de dix ans d’histoire pour le projet.
  • Les 100 millions de jetons LSK issus de la trésorerie communautaire seront brûlés, réduisant l’offre totale de 400 millions à 300 millions d’unités.
  • Lisk se transforme en une plateforme financière unifiée pour les équipes comptables et financières, intégrant comptes bancaires, paiements en stablecoins et outils d’approbation.
  • Les développeurs doivent migrer leurs applications décentralisées vers Celo ou Ethereum avant la fermeture, avec un partenariat signé entre Lisk et Celo Core Co.
  • Le jeton LSK, autrefois lié à la blockchain, deviendra un token de fidélité pour les entreprises utilisatrices de la nouvelle plateforme.
  • Les paiements B2B en stablecoins ont atteint 226 milliards de dollars en 2025, selon les chiffres avancés par Lisk, justifiant partiellement ce virage stratégique.

Un pivot stratégique après deux ans sous Ethereum

Ce changement radical s’inscrit dans une logique de recentrage sur les besoins des entreprises. Max Kordek, fondateur de Lisk, a expliqué dans son message que le projet quittait définitivement l’univers des blockchains pour se positionner sur le marché des solutions financières modernes. « Lisk devient ainsi la plateforme opérationnelle moderne pour les équipes financières », a-t-il déclaré dans un tweet du 25 août 2026.

Pour y parvenir, Lisk s’appuie désormais sur Bridge, la filiale de Stripe spécialisée dans les stablecoins, afin de proposer des rails de paiement régulés. La nouvelle plateforme entend fusionner comptes bancaires traditionnels, transactions en stablecoins et flux d’approbation au sein d’un même écosystème. Un positionnement qui répond à l’explosion des paiements interentreprises en cryptomonnaies stables, passés de 28 milliards de dollars en 2024 à 226 milliards en 2025, selon les estimations de Lisk.

Fermeture de la Lisk Chain et migration vers Celo

La décision de fermer la Lisk Chain s’accompagne d’un calendrier précis. Les développeurs actifs sur la blockchain ont jusqu’au 31 octobre pour migrer leurs applications décentralisées. Lisk a signé un partenariat avec Celo Core Co. pour faciliter cette transition. Il est à noter que Celo lui-même avait opéré un virage similaire en mars 2025, passant d’une Layer 1 indépendante à une Layer 2 d’Ethereum. Pour Lisk, ce nouveau départ en tant que Layer 2 n’aura finalement duré que deux ans, après un premier pivot majeur en décembre 2023.

Les détenteurs de LSK doivent prêter une attention particulière à leur situation. Ceux qui stockent leurs jetons sur des plateformes d’échange ou sur Ethereum n’ont aucune démarche à effectuer : le smart contract et le ticker LSK restent inchangés. En revanche, les utilisateurs de la Lisk Chain doivent impérativement procéder à un bridge vers Ethereum avant la date butoir. Cette opération prend entre sept et dix jours, incluant une période d’attente de trois jours pour le unstaking une fois la proposition de gouvernance validée.

Destruction de 100 millions de LSK et fin de la DAO

Une mesure symbolique et financière accompagne ce changement : la communauté a voté pour brûler 100 millions de jetons LSK issus de la trésorerie communautaire. Cette décision réduit l’offre totale de 400 millions à 300 millions de LSK, soit une diminution de 25 %. Le staking devient également plus flexible : après validation du contrat mis à jour, les détenteurs pourront retirer leurs jetons à tout moment, sans pénalité, après une période d’attente de trois jours.

Côté gouvernance, les infrastructures associées à la DAO de Lisk seront progressivement démantelées. Le forum et les contrats de vote seront désactivés selon le calendrier prévu dans la proposition soumise au vote communautaire. Cette dissolution marque la fin d’une ère pour la gouvernance décentralisée du projet.

« Ce virage reflète l’évolution des besoins du marché. Les entreprises recherchent des solutions intégrées, sécurisées et régulées. Nous adaptons notre offre en conséquence. »
— Max Kordek, fondateur de Lisk

Quel avenir pour le jeton LSK ?

Le rôle du jeton LSK va profondément évoluer. D’ici la fin de l’année, Base — la Layer 2 de Coinbase — deviendra le principal réseau d’accueil du LSK, aux côtés d’Ethereum. Le jeton ne sera plus utilisé comme unité de transaction sur une blockchain, mais comme un token de fidélité au sein de la nouvelle plateforme financière. Les entreprises pourront ainsi accumuler des récompenses en LSK ou l’utiliser pour régler des frais de service.

Au moment de l’annonce, le LSK s’échangeait autour de 0,09 dollar, un niveau très éloigné de son sommet historique de 34,92 dollars atteint en janvier 2018. Cette dépréciation reflète les défis rencontrés par le projet ces dernières années et l’ampleur du virage stratégique opéré.

Et maintenant ?

La fermeture programmée de la Lisk Chain laisse une fenêtre de trois mois aux développeurs pour migrer leurs projets. D’ici le 31 octobre, il sera crucial de suivre les annonces officielles de Lisk et de Celo pour s’assurer que les applications sont bien transférées. Pour les utilisateurs, la transition vers la nouvelle plateforme financière devrait s’opérer progressivement, avec une intégration attendue des fonctionnalités de paiement et de gestion d’ici la fin de l’année. Reste à voir si ce repositionnement permettra à Lisk de regagner la confiance des investisseurs et des entreprises.

À ce stade, aucune réaction officielle des régulateurs ou des acteurs majeurs du secteur n’a été rendue publique. La communauté crypto, elle, observe ce changement de cap avec un mélange d’intérêt et de scepticisme, alors que le projet tente de se réinventer dans un paysage en constante mutation.